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Estelle Fenzy, Poèmes western, éditions LansKine, 2018

Chronique de Barbara le Moëne Estelle Fenzy, Poèmes western, éditions LansKine, 2018 On pourrait croire qu’Estelle Fenzy a fait le voyage dans l’ouest américain et qu’elle en a rapporté ces Poèmes western. Sauf qu’elle n’a jamais fait le voyage. Son voyage à elle est un voyage imaginaire, un rêve de voyage peut-être, inspiré par les photographies de Bernard Plossu, dont l’une d’elles orne la première de couverture. Le road-trip commence à Provincetown : « A l’extrémité de Cape Cod la baie de Provincetown ouvre un livre vierge. Cousu d’horizon», pour s’achever au bord de l’océan : « Il n’y a pas plus à l’ouest. C’est le bout du voyage ». D’immenses lieux vides. Une nature très présente — ciel, terre, canyon, désert — belle et souvent hostile — neige, vent, brouillard, poussière. Des villes : Santa Fe, Denver, Los Angeles, « Las Vegas. Eblouissante. Nuit et jour ». Beaucoup de silence, beaucoup d’absence. « Qui a terrassé cette fuite d’asphalte. Cette ligne sans retour.  Cette engouffrée du regard ». Une partie des poèmes laisse deviner la  présence humaine par les traces qu’elle a pu déposer …

Estelle FENZY – Mon corps c’est ta maison – La Porte * – 2018, 16 p.

Une chronique de Marc Wetzel     Estelle FENZY – Mon corps c’est ta maison – La Porte * – 2018, 16 p.         Une maison, c’est à la fois un refuge ( = une tanière où faire halte), un sanctuaire (= un domicile qui a droit à lui-même) et un logis ( = un bâtiment qui s’entretient, qui s’affaire à son ménage). Et elle est les trois, car un cercueil aussi est un refuge, un temple est un sanctuaire, une cage aussi est un logis. Quand donc une amoureuse déclare faire de son corps la maison d’un autre, elle prend un risque solennel, celui de faire de sa présence charnelle une véritable maisonnée (où plusieurs générations d’élans et de sentiments vivront sous un même toit) et un domicile actif (qui veut bien servir d’adresse vivante au meilleur de quelqu’un).                            « Mon corps c’est ta maison                              Un abri vers le sud de notre temps                            libre, rien n’y vient arrêter les gestes »           Une liberté ne peut pas, en apparence, se donner plus ouvertement (la maison close …