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Revue Traversées, n° 82, décembre, 2016 Traduction

Lieven Callant Revue Traversées, n° 82, décembre, 2016 Traduction On pourrait penser que la poésie est traduction, qu’elle instaure un rapport au monde en le traduisant. Le poète est dès lors un passeur, qui sans cesse traverse l’espace du langage, des langages. D’une rive à l’autre, il construit, établit le poème avec le même soin que l’épeire tisse sa toile. Il semble primordial que la trame reste presque invisible, que les points d’attache soient choisis avec une précision qui donneront l’impression au lecteur attentif qu’un mot et celui-là uniquement a le droit d’occuper la place que lui a tout spécialement réservée le poète. Toujours, parce que les environnements, les temps se modifient, le poète garde en lui le privilège de retravailler son ouvrage. Traversées consacre régulièrement des numéros à la traduction. Aux traducteurs. Car c’est surtout à leur travail que ces numéros rendent hommage. Le numéro 82 n’échappe pas à la règle. Nous lirons en version bilingue et trilingue de nombreux poèmes. J’ai particulièrement apprécié ceux de Shizue Ogawa, D’Emily Dickinson, de Yorgos Thémélis, de …

Caroline Sagot-Duvauroux, « Le Livre d’El », Editions Corti, Paris, 160 pages, 18 euros, « Le Buffre », éditions Barre Parallèle, 62 pages, 8 € « BAC / ABC » (avec Pierre-Yves Freund) éditions Les Ennemis de Paterne Berrichon, Laxou, Non paginé.

Caroline Sagot-Duvauroux, « Le Livre d’El », Editions Corti, Paris, 160 pages, 18 euros, « Le Buffre », éditions Barre Parallèle, 62 pages, 8 € « BAC / ABC » (avec Pierre-Yves Freund) éditions Les Ennemis de Paterne Berrichon, Laxou, Non paginé. Parce qu’ « il y a des langues qui n’ont pas encore parlé : elles sont femelles, elles sont chiennes. Je dois dire ça, je dois menacer ce qu’il peut y avoir de pouvoir dans une langue. Je dois menacer ce qu’il y a d’injonction, d’ordre intimé dans ma propre langue » Caroline Sagot-Duvauroux s’est engagée dans un chemin de haute lutte contre celle-là. Pour autant son écriture n’est pas restrictivement féministe. C’est une histoire de chair. C’est aussi une histoire de peau : « .La peau est fine, infiniment fine. En-dessous, il y a l’onde, c’est-à-dire rien, rien que ta respiration et l’onde qui revient. Le poème n’est peut-être que dans cet effacement qui remue ». C’est sans doute pourquoi dans son travail aussi savant que primitif elle peut se sentir proche d’un artiste tel que Pierre-Yves Freund. Sa recherche à la fois de …