Paul Nicolas, La Fabrique d’une Minorité   Les Jummas, Éditions  l’Harmattan.

Chronique d’Alain Fleitour 

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Paul Nicolas, La Fabrique d’une Minorité   Les Jummas, Éditions  l’Harmattan.

01 02 2018

Une minorité opprimée, une communauté dont on ne parle pas, ou du moins, dont on ne parle plus depuis 1987, une colonisation planifiée, hier de l’avis de la tutelle anglaise des tribus sauvages à isoler, aujourd’hui c’est au Bangladesh, que les Jummas tentent de survivre.
Que peuvent un million de bouddhistes Jummas face à la majorité musulmane du Bangladesh de plus 150 millions d’habitants!

Le livre de Paul Nicolas ne se limite pas à tirer une sonnette d’alarme, ou à écrire le récit d’un génocide selon les mots de Danielle Mitterrand ; » affirmant en octobre 86, Les Hills Tracts sont une région du Bangladesh, où se déroule un drame, c’est tout simplement un génocide. »
Paul Nicolas agrégé de géographie, a consacré 30 années de sa vie, à cette réalité des Jummas, il a soutenu en 2017 une thèse de doctorat, pour leur rendre hommage. A 70 ans celui qui fut un premier de cordée exemplaire, livre plus qu’un mémoire, une indispensable réflexion sur les mécanismes qui conduisent à fabriquer une minorité qui devient une proie si elle n’est pas protégée.

« La Fabrique d’une Minorité », pourrait être considérée comme un pamphlet à l’égard des Britanniques, et des Pakistanais, qui ont créé les conditions d’une persécution admise voire naturelle, de leur colonisation, une occupation de terres qui allait de soi. La minorité sauvage selon les Britanniques, expliquerait l’idée d’un peuple rétif au développement selon les Pakistanais.
C’est bien plus qu’un coup de sang. Paul Nicolas, a voulu rendre une copie propre, conduire une recherche n’écartant aucune hypothèse, conduire un travail de terrain, vérifier, disséquer, éviscérer, confronter toutes les données historiques ou les recensements comme un juge d’instruction impartial, se mettant en équilibre instable, tel le grimpeur qu’il fut, aller chercher l’élément tangible quel qu’en soit le prix.

Dès 1948, Muhammad Ali Jinnah refuse d’accepter les peuples des collines ( Hills Tracts) comme une communauté distincte des Bengalis. En 1975 un coup d’état militaire instaure la République islamique du Bangladesh.

« les peuples des collines ont été désignés, suspectés de ne pas avoir été de fervents nationalistes , les voilà exclus par ce que non musulmans et habitant une zone frontière, page 97. Les Jummas sont acculés et pour certains refusant la soumission, c’est le début de leur rébellion.

« Entre 1971 et 1982, 400 000 colons se sont installés dans les Hill Tracts. L’armée leur fournissait des armes et le gouvernement des terres , du bétail et même une allocation, page 99. »
l’islamisation des territoires est mise en place par le régime, le chant des muezzins couvre l’espace sonore, des centres culturels sont édifiés avec des fonds Saoudiens. Édifiant!
« Militaires et colons s’attaquent aux valeurs culturelles et religieuses des jummas. »

Cependant le fond du problème n’est-il pas ailleurs, quelle motivation se cache derrière cette façade religieuse, et ce depuis près de deux siècles.

En particulier, la conjugaison d’un regard condescendant porté sur les populations des Hill Tracts par les “dominants” couplé avec le désir d’accaparer les richesses de leur territoire, explique les dérives récentes, la guerre des religions est venu cimenter et faciliter l’actuelle hégémonie.
Le contrôle de ces territoires pour des raisons stratégiques, en est l’ultime motivation..

Si sous la pression internationale le traité de 1997 a mis un terme aux luttes armées entre les Jummas et l’armée bengali, il faudra dénombrer plus de 11 000 morts.

Tout n’est pas réglé.

Les travaux de Paul Nicolas sont connus, et leur richesse démontre bien un mécanisme de violence qui peu à peu a justifié l’hostilité, puis le génocide.

Ce récit ajusté de 150 pages préfacé par Devasish Roy, est une voix qu’il faut écouter et lire, d’une étonnante actualité, et sans artifice.

Paul Nicolas a accueilli un des 72 jeunes jummas venus des camps de réfugiés en Inde. Ce jeune jumma est maintenant intégré dans sa nouvelle famille d’où il suit les travaux de Paul et partage ses enthousiasmes et ses craintes.

Le sort des 72 jeunes arrivés en 1987 en France fait l’objet d’un autre livre dont il sera question plus tard.  Á suivre…

Vannes, le  31 juillet 2018

©Alain Fleitour 

 

Trilogie, Claude Luezior, Éditions l’Harmattan, collection Poésie(s)

Chronique de Michel Bénard

 

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Trilogie, Claude LUEZIOR, Editions l’Harmattan, collection Poésie (s) 2015.

Volume no I: Fragment. (87 pages)

Volume no II: D’un seul geste. (89 pages) 

Volume no III: La couleur d’un silence. (97 pages) 

Au fil des décennies, c’est au rythme de l’orfèvre que Claude Luezior cisèle son œuvre, romans, essais, ouvrages d’art et poésie, avec un égal bonheur, jusqu’à parfois tutoyer ou égratigner le ciel.

Remarquable et incontestable parcours littéraire et poétique que celui de Claude Luezior.

Il pérégrine au balancement régulier du métronome, rien qui ne puisse arrêter l’élaboration passionnée et éclectique de son œuvre.

Sa dernière « Trilogie » – I –Fragment – II – D’un seul geste –  et – III – La couleur du silence – appartient à cette mouvance.

Patiemment, pareil à un bon compagnon artisan, il ajuste, peaufine ses mots sur un établi encombré de lettres, signes, songes, et il annonce la couleur dans cette nouvelle « Trilogie »

Il fragmente !

« Ces poèmes sans rime, naissent dans un incubateur d’étoiles. »

Claude Luezior ressent une nécessité de retour à l’originel, à la pureté initiatique, à l’heure des moissons et de l’engagement.

Au travers de ce besoin de dépouillement le verbe devient rédempteur.

Ce dernier nous forge toujours de brèves, mais remarquables formules.

« …/…le charbonnier

a cloué ses absences

aux portes de la foi. » 

Une foi des plus discrètes vibre au fond de lui-même. Foi ? Ou plus précisément le questionnement d’un retour au sacré, à la symbolique initiale. Page après page nous cheminons dans la sacralisation et son parfait contraire se manifestant par une espèce de provocation.

Les vers qui se dévident entre les pages de cette « Trilogie » sont brefs, très courts, incisifs, ils vont à l’essentiel, semblables parfois à la manière des haïkus.

Il jongle avec de magnifiques autant que surprenantes métaphores, chaque strophe est en elle-même un poème. De fulgurantes images y fourmillent.

« …/…ouvre

les entrailles

du miracle

par ton geste

sacré…/… »

La vie parfois s’embrouille, les chemins s’emmêlent sur le grand labyrinthe, mais pourtant la poésie est toujours présente pour réconforter nos incertitudes.

Les textes de cette fulgurante « Trilogie » se veulent libres, sans rime, sans ponctuation, la poésie ici n’existe qu’au prix de cette liberté effrénée autant qu’échevelée. Nous y ressentons la volonté de sobriété, le frissonnement mystique, l’épurement à la manière cistercienne en forme de chant grégorien.

Sans oser prétendre faire un comparatif élémentaire, je retrouve au fil des pages une résonance qui n’est pas sans rappeler un peu : « La montée du Carmel » de Saint Jean de la Croix.

« …/…au bout 

d’une alchimie

de songes

et d’ave

toucher

le stigmate

et renaître

par la Croix…/… »

Claude Luezior perçoit souvent dans l’existence, une grande hallucination, une déferlante d’angoisse, d’étranges mouvances paranoïaques, les démences qui spolient et mettent l’homme à nu. Qui le place face à lui-même et à son insignifiance.

Nous sommes ici confrontés à une remarquable poésie épurée confondue à une profonde réflexion existentielle. Parfois il nous est même possible de nous égarer en quelques espaces ésotériques, en d’énigmatiques cryptes mythiques.

L’ouvrage est fragmenté de subtils aphorismes et sentences qui nous resituent face à nous même en nous abîmant dans une sorte de contemplation.

Il arrive aussi à Claude Luezior de se faire quelquefois iconoclaste ! Il fait l’autodafé des clichés, des idées reçues, des pensées formatées. Il «mécréante » gentiment, il « anticléricalise » avec lucidité, toutes les religions prennent une estocade au passage.

La purification touche même la ponctuation qui est réduite à sa plus simple expression.

Par l’effet d’un seul geste, Claude Luezior nous invite à changer de regard. Il est un mystique animiste, un prince de la liberté.

Ce geste alphabétisé est tout l’acte révélateur de la poésie. Nous y croisons quelquefois des échos nietzschéens à l’esprit chamanique.

« …/… intemporelles

partitions

pour druides

qui parachèvent 

les fantasmes

d’un cosmos

intime.//… »

Il nous arrive également de décrypter des scènes rappelant Jean-François Millet, des tintements d’angélus sur les terres pacifiées du soir.

Effleurement de temps à autre sur la pointe des pieds de l’hermétisme, où notre poète avertit par des voies détournées que l’amour peut conduire jusqu’à l’implacable loi de l’anéantissement tel le mythe de Prométhée.

La vie est une sorte de turbulence, de folie brodée de désespérances, de stigmatisations festonnées d’aveugles insouciances, d’infantiles démesures noyées par des rires crédules. La chute et son déclin sont inévitables, alors autant sombrer dans le fol oubli du grand carnaval final, protégés que nous serons par le masque de l’anonymat.

Un temps pour tout, vie, amour, frénésie, larmes, beuveries des oublis.

Le poète fait en sorte de s’égarer, de se perdre un peu sur l’océan de l’existence, alors il quitte son port sans boussole, sans sextant, ni astrolabe, mais il sait encore lire dans les étoiles.

Claude Luezior le confesse, il a joué au poète plutôt que de porter le glaive, il a préféré et grand bien lui en a pris, agiter un calame effarouché.

A choisir je préfère l’image de Claude Luezior en poète ébloui, plutôt qu’en mercenaire !

En touche finale il ne reste plus qu’à faire l’amer constat des heures vulgaires, de la perte d’un certain sens du beau.

« …/… à quoi bon ces lignes en perdition

que l’on nomme esthétisantes

alors que des gens, dits de lettres

ont perdu jusqu’au sens du beau ?…/… »

Claude Luezior se situe plus que jamais dans le questionnement de la grande confusion de ce début de siècle, il s’indigne du grand mensonge libéral mondialisé au détriment des peuples et à l’aliénation des nations.

Sous la bannière du doute, le poète se réfugie dans les alphabets de l’amour et tourne son regard vers une éternité nouvelle colorée de silence.

Une belle et longue route à cette « Trilogie » qui laisse flotter autour de nous, l’instant d’un rêve l’étonnement d’un voyage intemporel.

©Michel BÉNARD

Claude LUEZIOR, Trilogie : Fragment, D’un seul geste, La couleur d’un silence. Collection Poésie(s). Éditions L’Harmattan, Paris, 2015.

Chronique de Nicole Hardouin

TRILOGIE de CLAUDE LUEZIOR

                                             DANS LA VOIE LACTÉE DU DIRE

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Si l’on se souvient de ce qu’écrivait Ernest Psichari, petit-fils de Renan,  le silence est un peu de ciel descendu sur la terre, on peut penser que le poète CLAUDE LUEZIOR solfie la musique des sphères pour dire ses mots-nuages, ses mots-silences.

Pour atteindre ce ciel, il pose son échelle de Jacob contre les parois d’un puits inversé, monte et descend, casse les barreaux de l’aube. Sous sa plume, entre souffle et soufre, ailes et cendres, volupté et humour, naissent des oiseaux qui prennent leur envol dans des syllabes de rosée. Théâtre, tragédie dans la voie lactée du dire.

Si créer c’est collaborer avec les dieux, CLAUDE LUEZIOR vit avec le Daïmon cher à Socrate.  Il aiguise le chant de sa pensée au plus près de l‘image, tantôt noire comme l’or du démon qui inscrit le signe d’Hérode / sur ma porte, tantôt bleue comme les premiers matins qui s’étoilent, pensées / au firmament / de tes yeux. Ainsi roule la pierre de ses lignes sur la marelle de sa materia prima.

Ses mots ont le goût d’un vagabondage : il y a toujours un puits où l’on attend une femme ou le sens du recueillement : la cathédrale étire / ses colonnes et arcatures / sur une verticalité / nervurée de prières.  Entre Éros et Thanatos, le poète coule sa liturgie / celle où une audace / enfin se liquéfie. La psyché de l’écrivain peut implorer, sur les cimes d’un glacier : écoutez, je vous prie / ma supplique d’écorché ; plus loin, la voilà qui  s’agenouille au fond du gouffre ou d’un ciel en gésine pour détacher l’hostie du ciboire / et la parole de nos déserts.

     CLAUDE LUEZIOR marie le sacré au profane, le piment des petits riens (boire l’hydromel / de ces riens sans importance / qui signent la vie) au gond plus grave du quotidien en interrogeant la lumière qui s’encalmine sur l’ombre des étoiles. On partage ses lignes d’horizon, ses éclaboussures d’ombres. Ses mots prennent alors le reflet de celui qui lit : osmose des mystères.

CLAUDE LUEZIOR peaufine la couleur d’un silence, écrit en fragment sur l’arc solaire et, d’un seul geste, ouvre les abois du crépuscule. Dans cette trilogie, le silence et la nostalgie (ivre d’un mal étrange / l’ombre chancela / on entendit  une masse / mon corps m’avait trahi) sont davantage présents que dans ses précédents recueils, sans pour autant, ici là, retrouver l’espoir : ensemencer le sillon / quand chuchote la glèbe. L’auteur griffe ses miroirs, nage dans ses marées tumultueuses et nous renvoie, avec un rare sens du dire et de l’image, les échos intérieurs de sa mythologie intime.

Il déplie avec un art consommé l’éventail de ses émois, pensées et désirs. Ce, dans une crémation du dire où il entraîne le lecteur. On ne peut que suivre le poète sur les chemins escarpés de ses songes, sauter dans sa barque qui n’est pas celle de Charron mais plutôt celle du nautonier qui sait hisser les voiles de son illimité.

Claude LUEZIOR, Trilogie : Fragment, D’un seul geste, La couleur d’un silence. Collection Poésie(s). Éditions L’Harmattan, Paris, 2015.

©Nicole Hardouin

Herman Van Rompuy – Haiku (Textes en quatre langues, dont une traduction en japonais de Mme Yoko Aono) Editions L’Harmattan

  • Herman Van Rompuy – Haiku (Textes en quatre langues, dont une traduction en japonais de Mme Yoko Aono) Editions L’Harmattan (117 p.).

Herman Van Rompuy publie son deuxième recueil de haïkus
Herman Van Rompuy publie son deuxième recueil de haïkus

« Le haïku est le reflet d’une ‘philosophie’ de la vie. Je crois qu’écrire des haïku nécessite une forme de sérénité, de sagesse, de renoncement de soi. En même temps , le fait même de les écrire renforce cette attitude générale dans la vie… » Le nom de l’auteur est connu du grand public depuis novembre 2009, date de son élection à la Présidence permanente du Conseil européen, la fin de son second mandat étant pour novembre 2014. On peut imaginer que les qualités qu’il décrit lui ont été utiles !

Le recueil présente quatre versions de chaque haïku, l’une en néerlandais, langue maternelle de l’auteur, accompagnée d’une version française et anglaise, avec en

regard la traduction en japonais par Mme Aono, professeur de français à l’Université de Tokyo, interprète et traducteur. Quatre sections se partagent les poèmes, à raison d’une dizaine par section en moyenne : saisons – moments – ici et ailleurs – en route.

Ce qui caractérise ces petits poèmes de 5/7/5 syllabes, dans le cas de Van Rompuy, c’est leur intime simplicité. Certes, le haiku, par force, suppose un art de l’hyper-économie des mots et mise tout sur la suggestion : chez les japonais, il a ses règles plus ou moins rigoureuses. Ici, les traits poétiques des haiku choisis sont fort éclectiques. Il y a le haiku au symbolisme digne d’un surimono d’Hiroshigué sur les canards mandarins (symboles du bonheur en couple) :

Deux canards sauvages

se posent sur mon étang

Ensemble à jamais

Mais aussi des conseils stratégiques discrets en des haïku parfaits tel que celui-ci :

Le nid dans la cime

si verdure ne le cache,

reste abandonné.

Certains, plus mystérieux, sont à comprendre dans le décor Belge et les événements historiques :

Gothique, en recueil

l’immémorial château fixe

nos affairements.

Ledit château, Val-Duchesse, avait accueilli le 12 novembre 2009 le groupe international Bilderberg, pour une réunion au cours de laquelle H. Van Rompuy avait exposé ses vues concernant l’Europe.

Je cesse les exemples ici, en insistant sur la diversité de ces mini-poèmes… qui touchent aussi bien à la vie quotidienne ou familiale. Un tel recueil, où la poésie est sans prétention et qui offre effectivement le reflet d’une sagesse à vivre que l’écriture à la fois restitue et encourage, se lit avec la même intime douceur et émotion que l’auteur y a su mettre.

©Xavier Bordes

M©Dĕm. a lu et commenté pour vous :

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Ainsi se parlent le ciel et la terre, de Michel COSEM -recueil de poésie de 89 p. paru aux éditions L’Harmattan , 12/2013 – [11,50 €]

Écrire être au monde en sachant comment se parlent le ciel et la terre, avec toute la sérénité d’un poète qui maîtrise sa langue et pose un regard paisible sinon rasséréné sur le monde, -ainsi nous parle / créé / voyage Michel Cosem.

Écrire : Ȇtre / Ȇtre au monde et l’ Écrire / Écrire & être au monde

Une même lettre initiale inaugure la geste créative, que transfigure l’acte poétique porté par le poème, d’un merveilleux quotidien. Geste créative / Quête existentielle.

Ainsi se parlent le ciel et la terre s’ouvre sur le Dire de cet acte inaugural « Écrire être au monde« , comme dans l’Aube de Rimbaud « la première entreprise fut une fleur qui (…) dit (au poète) son nom ».

Et le merveilleux quotidien, surgi de cette entreprise de langage entre le ciel et la terre mise en mots par le poète, transparaît d’emblée dans les interlignes de la page première.

Il s’agit d’ Écrire être au monde / Comme un carré de terre, mais, pas n’importe quel espace-temps ici s’instaure—

— puisqu’on l’y trouve semé d’orchidées mauves / et de plumes d’oiseaux

— puisque les interlignes

sont de ressource

inscrits dans la sève & dans les sources,

reconduits sans cesse / sans arrêt

renaissants /

sur la ligne de crête des souvenances

dans les lumières, dans les mémoires

— puisque s’y écrivent

les soleils et les océans,

les racines du monde

En plein ciel ou dessous

l’écorce

d’où se relisent / s’écrivent

se relient

l’histoire et l’imaginaire

les horizons pluriels /

l’Est du levant

l’Ouest du couchant /

Du cœur les crépuscules

ou

les hautes dunes d’or.

Nous sommes

dans Ainsi se parlent le ciel et la terre

À la limite

À la limite presque bleue presque blanche

à la limite reliant le règne du vivant au règne de l’imaginaire

Si les référents sont souvent de sources élémentaires (l’eau, le vent, le feu des soleils, le souffle de la terre), leur existence prend Encrage sur la ligne du cœur d’où écrit le poète Michel COSEM.

Jean Joubert dans la Préface évoque la concision des poèmes, l’expressivité des images et des métaphores qui s’y déploient, et parle, à propos des petits poèmes en prose qui remuent aussi les pages de ce recueil, de petits chefs-d’oeuvre de finesse et d’émotions discrètes.

Je pense que la puissance évocatrice et la force créatrice des poèmes constituant Ainsi se parlent le ciel et la terre se trouvent là : dans la simplicité et la profondeur des réalités qu’ils lèvent. Profondeur d’une observation fine et attentive du poète qui regarde et écrit le monde où il prend corps et chant ; simplicité des visions révélées, à portée de regard, de la synesthésie de tous les sens et des sentiments, dans une envergure et une altitude portées par l’écoute en veille ou active du monde, vue par le poète.

D’envergure et d’altitude il est question ici où se déploie l’incessant dialogue entre le ciel et la terre, d’autant que l’oiseau en signale abondamment les lignes de voyage, les lignes de partage et de contrées migratoires, les couleurs.

Le rossignol, hôte d’un même territoire que celui disputé à l’eau laissant venir à elle la feuille rousse ; la buse qui en plein midi noir / miaule ; tandis que roule le loriot / dans la forêt légère / Le nid tissé de frais / est plein d’illusions ; le chant discret de la sitelle où passe un papillon ; la hulotte toute tremblante annonce la nuit et les chemins de hasard, les rêves qui scintillent au bout des mots ; …

Sans doute rôde au-dessus d’Ainsi se parlent le ciel et la terre, L’ombre de l’oiseau de proie titre d’un recueil du même poète aux éditions de L’Amourier—

Oserais-je écrire que les poèmes de Michel Cosem ressemblent à des ortolans gagnant leur territoire sur l’arbre-de-poésie -l’ortolan recherché, l’ortolan rare à apprivoiser du regard et dans l’esprit ?

Mais le poète-éditeur est à l’écoute du monde animal et végétal dans son ensemble, en une multitude que l’acuité du regard seule signale (le grand cerf, les orchidées mauves, les feux d’herbes, le vieux chêne, les broussailles, le scarabée doré, le papillon aux ailes de rouille, l’abeille tournant sous le lilas…),

Car il s’agit bien de voir, écouter et regarder -tous les sens en éveil- pour VOIR ; VOIR et être au monde ; VOIR, Écrire être au monde

Entendrai-je encore longtemps

le chant des tourterelles

dans les platanes verts semés de ciel et

d’hirondelles

et de tranquilles idées ayant les habits du matin.

Entendrai-je encore longtemps parler la langue

verte du fleuve

portant des myriades de nouvelles d’aval ?

Ainsi se parlent le ciel et la terre éd, de l’Harmattan (12/2013) de Michel COSEM -nous écouterons

encore longtemps

résonner en nous

ses poèmes

Que nous prendrons

à chaque matin de

nouvelle rose /

Que je prendrai encore

à la nouvelle rose de

chaque matin.

Mais laissons,là, la vraie parole au poète :

Une nouvelle rose ce matin se balance et cherche à me ravir. Je la laisse un instant en attente. Elle me parle du vent d’été et de la forêt redevenue sombre et bruissante, des nuages clairs qui passent dessinant des fantasmes. Elle m’entoure d’une écharpe de laine fraîche car le fond de l’air est frais, tandis qu’alouettes et rossignols se répondent en paix.

M©Dĕm.(Murielle Compère-DEMarcy)

Murielle Compère-DEMarcy signe depuis peu du monogramme MCDem.

Publications en Revues

Comme en poésie, n°57, mars 2014 (J.-P. Lesieur, Hossegor)

Traction-Brabant n°56, mars 2014 (P. Maltaverne, Metz)

Libellé, régulièrement (parutions les plus récentes : décembre 2013, mars 2014) (Michel Prades, Paris 20è)

-Chronique Trouvailles de Toile… (Expressions, Les Adex, 60800 Rouville)

Florilège n°154, mars 2014 (S. Blanchard, Dijon)

2000Regards, n° de mars 2014, n° d’avril 2014 (Y. Drevet-Ollier, Nevers)

-Mentionnée dans la rubrique “Le monde des revues poétiques” de Poésie sur Seine, revue d’actualité poétique (92) pour son éditorial dans l’AERO PAGE (UNIAC / Dijon)

– Mentionnée dans la rubrique Chroniques de LIBELLE, mensuel de poésie (Paris, 20ème) pour L’Eau-Vive des falaises aux éd. Encres Vives, mai 2014

Comme en poésie, n°58, juin 2014 (J.-P. Lesieur, Hossegor)

Mille et un poètes, n°5, juin 2014 (éd. Corps Puce / association Lignes d’écritures / Jean Foucault / Amiens)

Publications Sites en ligne

Le capital des mots, site d’Eric Dubois, février 2014

Délits de poésie, site de Cathy Garcia (Nouveaux Délits), mars 2014

La Cause Littéraire, le 19/03/14 pour le Poème I ; le 29/03/14 pour les Poèmes II, III & IV ; le 07/05/14 Poèmes V, VI et VII

-Chroniques sur le site de Traversées / P. Breno (Belgique), depuis février 2014 (articles sur Ailleurs simple de Cathy Garcia, Pierre Reverdy l’enchanteur, La partie riante des affreux de Patrice Maltaverne & Fabrice Marzuolo, à hauteur d’ombre de M.-Fr. Ghesquier di Fraja, sur le poète Pierre Dhainault)

Les tribulations d’Eric Dubois. Blog de poésie. Poetry blog. Article signé MCDem sur Ce que dit un naufrage aux éd. encres Vives coll. Encres Blanches, 25/03/2014

-Recension / Articles critiques / Chroniques sur le site en ligne de La Cause littéraire (Ailleurs simple de Cathy Garcia, éd. Nouveaux Délits, le 07/04/14 ; La partie riante des affreux de Patrice Maltaverne & Fabrice Marzuolo, éd. Le citron Gare, le 04/05/14 ; Reverdy, l’Enchanteur, le 08/05/14 : A hauteur d’ombre de Marie-Françoise Ghesquier di Fraja, éd. Cardère, le 10/05/14

La Cause Littéraire, le 07/05/2014 pour Poèmes V, VI, VII

La Cause Littéraire, pour Les Fées penchées de Véronique Janzyk, éd. numérique ONLIT, le 13/05/2014

Traversées / P. Breno (Belgique), pour Les Fées penchées de Véronique Janzyk, éd. numérique ONLIT, le 18/05/2014

Dualed d’Elsie Chapman éd. LUMEN sur le site en ligne de La Cause littéraire (21/05/2014)

La solitude est sainte de William Hazlitt éd. La Table ronde sur le site en ligne de La Cause littéraire (01/06/2014)

Le crépuscule de la démocratie de Nicolas Grimaldi éd. Grasset sur le site en ligne de La Cause littéraire (06/06/2014)

– Sur le site en ligne des éditions LUMEN pour la publication de l’article sur Dualed, d’Elsie Chapman

-Mentionnée sur le blog dePierre Kobel La pierre et le Sel, revue d’actualité et d’histoire de la poésie pour son article sur Pierre Dhainaut (Juin 2014)

-Mentionnée sur le blog de Jacques Lucchesi éditeur du Port d’Attache (Marseille) pour article sur Missives du vent d’Henri-Michel Polvan (http://editionsduportdattache.over-blog.com )

-Mentionnée sur le blog de Valérie Debieux rédactrice-adjointe de La Cause Littéraire pour article sur Ainsi se parlent le ciel et la terre de l’éditeur-poète Michel Cosem (http://www.valeridebieux.over-blog.com) (Juin 2014)

-Répertoriée dans le site des auteurs de Traversées, revue de Patrice Breno (VIRTON, Belgique)

Publications Recueils

-Atout-Cœur éd. Flammes Vives / Claude Prouvost, 2009

L’Eau-vive des falaises c/o Michel Cosem éditeur, éd. Encres Vives, coll. Encres Blanches, avril 2014

La F—du Logis, recueil de nouvelles, Été 2014 (à paraître)

Prix littéraires

-Prix catégorie Poésie dans le cadre du Concours international de littérature et de créations artistiques organisé par la Cité-Nature d’Arras

-Prix catégorie Fiction à l’occasion de la Semaine de la langue française et de la francophonie dans le cadre du Concours Dis-moi dix mots organisé par la DRAC / Picardie, 2012

-Prix Le Poète du mois organisé par l’Association de Poésie Française Contemporaine (A.P.C.F. / Dijon) en juin 2013

-3ème Prix du Libraire pour une nouvelle littéraire, le 31/05/2014 dans le cadre du Concours international de littératures et de diaporamas organisé par l’association Regards (Nevers)

-3ème Prix Le Jardin des poètes pour le texte “L’Orchis-des-Fées” organisé par l’Association de Poésie Française Contemporaine (A.P.C.F. / Dijon) en juin 2014

Publications prévues

Verso / Alain Wexler (à paraître)

Microbes 85 / Eric Dejaeger –Été 2014

L’Ouvre-Boîte à Poèmes

Nouveaux Délits / Cathy Garcia –octobre 2014

– 4ème de couverture Poésie/première n° 59, juin 2014 (Emmanuel Hiriart //Jean-Paul Giraux / Martine Morillon-Carreau / Philippe Biget / Guy Chaty) : Poème de MCDem illustré par Didier, Mélique

La Passe / Tristan Felix-Philippe Blondeau, numéro d’octobre 2014

Décharge / Jacques Morin (à paraître fin 2014, courant 2015)

La F—du Logis, recueil de nouvelles, Été 2014

Liens

http://www.mcdem7.over-blog.com