Tous les articles taggés : Didier Ayres

André Ughetto, Poésie de la lumière (Éd. Le Nouvel athanor, coll. Poètes trop effacés 18, 2020)

Une chronique de Didier Ayres André Ughetto, Poésie de la lumière (Éd. Le Nouvel athanor, coll. Poètes trop effacés 18, 2020) Pour décrire l’impression ressentie à la lecture de cette petite anthologie consacrée à André Ughetto, je retiendrai principalement l’effet de la lumière, de la luminosité. Elle prend corps essentiellement dans la lumière du sud, voire des îles lointaines, des pays chauds, lumière blanche, bleue voire rouge ou cendre. Car, ici, le soleil, le ciel et sa majesté, sont décrits dans une langue noble, contenant peu d’éléments factuels, mais qui décrivent davantage une réalité intérieure, une musique, un phrasé qui pointe la combustion des astres, le chant clair de l’arrière-pays méridional. Ainsi, nous sommes plus dans le cinéma de Guédiguian que dans celui de Lucas Belvaux. Autre comparaison, et qui engage une réflexion, c’est le voisinage amical de certains poètes, comme René Char, un partage des lieux, des affinités par des dédicaces nombreuses qui font de cette poésie une littérature qui s’adresse à, qui va vers, un don pour. Le peintre éteint ses coloris dans …

Un dernier verre à l’auberge, Emmanuel Moses, éd. Lanskine, 2019, 13€

Une chronique de Didier Ayres Poétique de la réalité Un dernier verre à l’auberge, Emmanuel Moses, éd. Lanskine, 2019, 13€ Devrais-je dire qu’en un sens la réalité est plus forte que l’écriture ? Qu’elle est supérieure dans la mesure où elle existe quoi que le poème en puisse dire ? Que cette réalité est aussi le seul état primaire du poème en quelque sorte ? Ce sont ces questions qui me sont venues à l’esprit au sujet de ce livre récent où Emmanuel Moses magistralement interroge sur ce qui fait poème et sur ce que la réalité garde, pour finir, de mystère. Car les factualités sur lesquelles le poète appuie ici son texte, se rendent visibles sans perdre leur qualité d’énigme. Et j’ai remarqué que souvent chez ce poète, ce thème paraît central. Oui, c’est une poésie du clair-obscur, où le clair couvre le poème de sa langue mais dont l’objet est, disons, comme inénarrable, obscur. Car ce que le poème tente de saisir et de réifier, tremble devant l’action d’écrire. Ainsi, on pourrait dire que cette poésie …

Le poème lien

Une chronique de Didier Ayres Le Livre de la vie monastique, Rainer Maria Rilke, trad. Gérard Pfister, éd. Arfuyen, 2019, 16€ J’ai été très heureux de lire Le livre de la vie monastique, ce recueil de 66 poèmes de Rilke, dans l’édition bilingue qu’en donne Gérard Pfister, lequel a traduit les poèmes et les notes de la main de Rilke. On entre donc dans une œuvre qui fonctionne à part entière, en elle-même, poèmes et notes allant d’un même pas. Cela dit, je me trouve presque court pour résumer mon sentiment tant il faudrait pour l’expliquer, citer in extenso ces textes mystiques du grand poète autrichien. Il aurait fallu que je montre plutôt que d’expliciter, et peut-être mes déductions éclaireront, au moins pour moi, cette admiration violente que j’ai eu pour ces pages. Du reste, je pratique Rilke depuis bien longtemps, et il m’a accompagné dans ses poèmes, sa correspondance et aussi dans son œuvre en prose. J’y ai toujours trouvé une aspiration à l’inspiration, celle d’un être magnétique, profus parfois, lumineux toujours. Est-ce ici …