LA BRAISE ET L’ETINCELLE, N° 104

  • LA BRAISE ET L’ETINCELLE, N° 104

 

 

« L’origine du monde » de Gustave Courbet, gros plan pictural sur un sexe féminin a suscité ces derniers temps maints commentaires, notamment sur ou à propos d’Internet. Yves- Fred Boisset donne son « modeste point de vue » : « ce tableau n’est pas érotique, mais philosophique ».

 

Louis Delorme développe ses réflexions « A propos de l’égalité » et de son contraire sous leurs diverses formes. Un thème qui est aussi au centre de la nouvelle « le consul » de Louis Roncalli qui transporte le lecteur en Gascogne à la fin du 15ème siècle, et bien probablement aussi du livre philosophique de Jacques Rancière « La méthode de l’égalité » présenté par Marie-Claire Calmus.

 

La guerre, ses drames atroces et ses situations inattendues, inspirent quand à elles la très émouvante nouvelle de Pierre Guérande « Le chien Clovis » qui évoque le premier conflit mondial en Flandre, et celle de Frédéric Salin « Destins croisés, destins confondus » qui narre ce qui advint à une jeune ouvreuse de L’Opéra de Paris qui repoussa avec vigueur les gestes déplacés d’un officier nazi et à un jeune homme réquisitionné pour le Service de Travail Obligatoire en Allemagne durant la seconde guerre mondiale.

 

La poésie est tout aussi présente avec les poèmes de Roland Jourdan, Slobodan Kojovic et Robert Calmels, et le poème de Louis Delorme « Le tannage des peaux » sur un sujet rarement abordé : l’exploitation des enfants dans certains pays pour confectionner des objets ou des vêtements vendus dans les pays développés où les acheteurs en général ignorent complètement les inacceptables conditions de travail dont ils résultent -il en va de même des jeans délavés-.

 

En son « Billet de mauvaise humeur », Ludovic Torugo continue de relever les fautes de français et les inexactitudes de vocabulaire dont nous nous rendons presque tous coupables et que « les médias odieuxvisuels » diffusent très largement. Subtil, il précise la différence entre voussoyer et vouvoyer que…. tous les dictionnaires ne connaissent pas. Ne parlons pas des logiciels ! La version que j’ai souligne en rouge comme le faute le mot voussoyer.

 

L’Académie de la Carpette Anglaise, composée de diverses associations qui défendent la langue française et la diversité linguistique a par ailleurs décerné pour 2012 son « prix d’indignité civique/ qui/ est attribué annuellement à un membre des « élites françaises » qui s’est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l’anglo-américain en France au détriment de la langue française ». Un tel prix est une excellente initiative !

 

En son « Billet d’Humour », François Fournet brocarde le comportement des femmes qui ont un peu d’argent au moment des soldes, sans toutefois tomber dans le sexisme puisqu’il n’épargne pas pour autant la « réactivité » des hommes toute l’année devant gracieuse jupe ou affriolant dessous. Ils n’en reste pas moins qu’aujourd’hui, pour des millions de gens, les soldes sont l’unique possibilité de ne pas être tributaires des associations caritatives pour se vêtir.

 

Jacky Ferjaut quant à lui poursuit le récit de son séjour au Bénin en 1998.

 

Les chroniques des livres et des revues complètent ce journal qui sait toujours proposer réflexion et émotion dans une appréciable diversité de genres littéraires et de sujets.

 

LA BRAISE ET L’ETINCELLE– Bimestriel- 24 pages de format A4 – 4€ le numéro – 17€ l’abonnement annuel pour six numéros – soutien à partir de 23€

 

La Braise et l’Etincelle– Annie et Yves-Fred Boisset – 7/2 Résidence Marceau – Normandie – 43, avenue Marceau – 92400 COURBEVOIE- France.

 

©Béatrice Gaudy

Revue – La Braise et l’Etincelle, n°100.

Avec une couverture superbe grâce au talent artistique de Nicolas de Haller, La Braise et l’Etincelle fête son centième numéro ! En un poème, Yves-Fred Boisset rappelle le sens du nom et de la devise de son journal – « Posons sur notre temps des yeux d’éternité », qu’il explique aussi de façon plus concise : « La Braise, c’est le passé qui couve sous la cendre et nous est mémoire et leçon. L’Etincelle, c’est l’avenir qui jaillit comme l’étincelle et nous est espérance. »

Comme à l’accoutumée, les articles abordent les sujets les plus divers : Emma Michel rappelle le centenaire de l’invention du cinématographe qui eut lieu à l’époque où le premier numéro de La Braise et l’Etincelle parut, début 1996 et, en ses Détours en France, arrive en Limousin, une région pleine de charme et de caractère dont elle détaille plus particulièrement la Creuse, se réservant de s’intéresser aux autres départements dans deux prochains numéros ; Jacky Ferjault, qui fort longtemps a présenté tous les grands récits et romans africains de langue française, poursuit ses Chroniques africaines en relatant son propre séjour au Bénin ; un film de lionnes attaquant un éléphant reçu sur Internet par le talentueux poète Louis Delorme lui inspire des réflexions sur la solidarité humaine, ou plus souvent son absence ; Marie-Claire Calmus présente l’ouvrage La rue des précaires de Jean-Pierre Martin en en exposant les convictions et analyses directrices.

Les textes de création ne sont pas moins appréciables ! Parmi ceux-ci, mentionnons la prose humoristique de François Fournet, par ailleurs poète au lyrisme profond et président de L’ouvre-boîte qui publie la revue du même nom et fait entendre de la poésie dans son émission de radio mensuelle L’onde poétique qu’il tient avec Yves-Fred Boisset ; de Giovanni Teresi dont Yves-Fred Boisset a naguère préfacé un recueil, de Dominique Simonet qui rend hommage à Jacques Brel, poète-compositeur-interprète dont La Braise et l’Etincelle a souvent salué la mémoire, en lui consacrant même deux numéros ; et une nouvelle très inattendue de Gérard Chatron dont le léger fantastique n’est pas sans receler quelque vérité – sans doute plus d’une femme a fait disparaître de son présent un homme accaparé par la télé ou par les jeux, notamment de ballon, et qui, de ce fait, avait cessé d’être avec elle, même si, heureusement, toutes ne se défont pas de leur compagnon d’une façon aussi terrible que la Pauvre Hélène de Gérard Chatron !.

De numéro en numéro, La Braise et l’Etincelle est toujours de ces nourritures intellectuelles qui stimulent la réflexion. Nous lui souhaitons la plus grande longévité !

La Braise et l’Etincelle, bimestriel, 24 pages de format A4 ; 4€ le n° ; 17€ l’abonnement annuel pour 6 n° ; Annie et Yves-Fred Boisset, 7/2 résidence Marceau-Normandie, 43, avenue Marceau à F-92400 Courbevoie.

◊Béatrice GAUDY