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CLAUDE RAUCY – Sans équipage – Dessins de Jean Morette (Bleu d’encre, ed.)

Chronique de Xavier Bordes CLAUDE RAUCY – Sans équipage – Dessins de Jean Morette (Bleu d’encre, ed.) Qu’on me pardonne, parmi beaucoup de poètes, le poète belge Claude Raucy m’était jusqu’à présent inconnu. Voici comblée une lacune, avec le petit recueil de cet authentique poète, à l’expression élégante, d’un sentiment subtil, à la fois délicat et profond. Cette plaquette est un long thrène, une déploration sans apesantissement superflu dans l’émotion, sur la disparition (semble-t-il) d’un frère. Tout le livre a pour fil conducteur le rêve que Jean de La Ville de Mirmont formulait en disant : « J’ai de grands départs inassouvis en moi » ; cet imaginaire des « vaisseaux qu’on a aimés en pure perte », partis sans nous. C’est l’occasion pour le poète de nous faire revivre par petites touches sensibles les moments de complicité avec ce frère défunt, les aventures « corsaires » de l’enfance, les « cartes et estampes » des greniers baudelairiens. Chaque vers est d’un ton juste, économe, qui parle des rêves de longs périples mais aussi, plus tard de la réalité de brefs voyages dans les pays …

Poèmes à l’oubli, Bernadette Wéber ; Dinant : Bleu d’Encre Editions, 2016

Chronique de Pierre Schroven Poèmes à l’oubli, Bernadette Wéber ; Dinant : Bleu d’Encre Editions, 2016 Si, dans ce recueil, Bernadette Wéber exprime surtout son désarroi face à la fuite du temps voire l’absurdité aveugle et cruelle de l’existence, elle veut également s’inscrire dans le mouvement du devenir et maintenir sa vie en vie. Poèmes à l’oubli est un recueil qui, d’une manière générale, nous invite à méditer notre liberté, à appréhender le monde dans sa totalité vibrante jusqu’à nous faire comprendre qu’il n’y a de vraie joie que dans la saisie de tout ce qui est encore vivant, puissant, persévérant même au cœur du malheur. Ce muscle qui bat au fond de ma poitrine, qui me fait oublier qui je suis. Est-ce un temps présent ou un nouveau printemps. Une fleur d’hiver, un parfum de demain ? J’aime écouter ton chant et sur ta mesure éprouver mes serments.   ©Pierre Schroven

Sans fin, le mystère…/ Jacques Demaude ; avec quatre vignettes de Jeanne-Marie Zele ; Dinant : Bleu d’Encre, 2015.

Chronique de Pierre Schroven Sans fin, le mystère…/ Jacques Demaude ; avec quatre vignettes de Jeanne-Marie Zele ; Dinant : Bleu d’Encre, 2015. Pour Jacques Demaude, la poésie est expérience de soi et du monde, engagement de l’être tout entier (la poésie est en nous à cause de ce que nous ne sommes pas/Pierre Reverdy), pas effectué vers la lumière du mystère qui nous traverse ; pour lui, le fait d’être poète relève davantage d’un savoir être que d’un savoir faire… Dans ce recueil, chaque poème questionne notre « être au monde », arrache les masques d’un réel en perpétuelle représentation, permet  à notre regard de « voir à nouveau » et de multiplier les bonds dans les abîmes d’une transparence sans fond. Lucide par rapport aux illusions que véhiculent le langage et les conventions de l’ordre social, Demaude pose ici le mystère comme étant la clé de notre devenir autre tout en nous invitant subtilement à croire encore en un monde meilleur. Sans fin, le mystère… nous met en présence d’une poésie qui remet sans cesse en question le caractère définitif de …