Dans la tanière du soleil, de Jean-Louis Bernard, Ed. Encres Vives, 2011  

Ecriture condensée jusqu’à l’extrême, voyage au bout / de l’inguérissable : Jean-Louis Bernard explore les contraires, malaxe la pâte blanche de sa page. Il ne se contente pas de cajoler, d’observer les mots, fractals d’une lumière commune. Il en cherche, au-delà des quanta, la fête incendiaire, la mémoire archaïque. C’est dans la noire intimité de l’astre, dans le four nucléaire de la poésie, dans la tanière même du soleil qu’il débusque son inspiration primale.

Mais de manière transitoire, incertaine, j’allais dire ondulatoire. À lui se présentent ces souvenirs rebelles et, dans le visage d’un désir, l’haleine des rires enclos. La fonction majeure du poète n’est-elle d’entrevoir l’invisible et de graver l’indicible, de radiographier les cœurs au-delà des corps, en un processus de reconstruction des outils langagiers ?

Jean-Louis Bernard, en poète confirmé, a ce génie-là : par décence, parlons d’aptitude. Celle d’ensorceler rythmes et métaphores, brûlures du verbe et fulgurances dans l’épaisseur virtuelle d’un cosmos. Au seuil d’un trou noir, cet opuscule ranime nos rétines ; il est publié par Michel Cosem, passeur éclairé, dans sa collection Encres Vives.

En quatrième de couverture : Le poème est également voix scandant le voyage à travers notre mémoire et nos empreintes. Ce texte est ponton pour rêves en partance, trait d’union pour imaginaires dans la gangue des jours, marche pied pour envols de fantasmes emplumés de soleils.

Claude LUEZIOR