Tous les articles taggés : 2020

Le chant de la mer à l’ombre du héron cendré, de Sonia Elvireanu, préface de Marie Faivre, Ed. L’Harmattan, Paris, 2020, ISBN : 978-2-343-20561-9

Une chronique de Claude Luezior Le chant de la mer à l’ombre du héron cendré, de Sonia Elvireanu, préface de Marie Faivre, Ed. L’Harmattan, Paris, 2020, ISBN : 978-2-343-20561-9 L’élégante couverture nous invite à suivre un oiseau butinant le soleil qui se lève sur un horizon énigmatique. S’agit-il du héron cendré (principe mâle) qui habite le titre, le début et la fin de ce recueil, ou d’un héron-cendre qui fend l’aube et parsème son ombre, alors que chante la mer (ô combien féminine!), encore tiède de ses embrasements amoureux ? Sonia Elvireanu, professeure d’université qui a déjà à son actif maints ouvrages, traductions (de roumain en français et inversement), essais et critiques littéraires, nous propose ici un cheminement à la fois intimiste et artistique.  Poésie libre, épurée où le « je » rejoint le « tu » pour aboutir au « nous », où la souffrance devient peu à peu cicatrice, au gré d’une pulsation des mots et d’une spiritualité sous-jacente. L’italique de bon aloi, les minuscules, l’absence de titres et de sous-titres donnent une fluidité graphique à une ode en …

Francis Denis, Jardin(s), suivi de La femme trouée, La Route de la Soie, 2020, 159 pages.

Une chronique de Patrice Breno Francis Denis, Jardin(s), suivi de La femme trouée, La Route de la Soie, 2020, 159 pages. http://www.laroutedelasoie-editions.com Les jardins de Francis Denis ouvrent sur des jardins intérieurs, où le noir côtoie la monotonie et solitude de la vie, que chacun voudrait rompre, ne fut-ce qu’en passant à l’acte, comme ici notre héros, René. Ce dernier aménage son jardin et a une idée lumineuse : il veut construire une piscine verticale, et il réalise son souhait. Les voisins et les enfants des voisins sont invités à profiter de ce havre de confort et ils en usent et abusent volontiers. Mais toute réalisation a un coût et voilà que l’entrepreneur, véreux en soi, vient réclamer ses honoraires. Celui-ci disparaît et René n’y est pas étranger, ce qui – si au départ – ne lui procure aucun remords, finit par le bousculer dans ses principes, depuis qu’il est tombé amoureux de Clotilde, une enseignante. Cet amour est réciproque ! Ce roman est mené tambour battant et se lit comme un thriller. Il est décliné comme …

Béatrice Libert, La nuit porte jarretelles, Cactus Inébranlable éditions, coll. Les p’tits cactus.

Chronique de Claude Luezior Béatrice Libert, La nuit porte jarretelles, Cactus Inébranlable éditions, coll. Les p’tits cactus, Préface de Jean-Pierre Verheggen, 2020, ISBN : 978-2-39049-006-7 D’emblée, l’auteur (fichtre, faut-il dire l’auteure ou l’autrice ?) nous avertit, sur un mode ferroviaire : En raison d’un périmètre d’insécurité, le poème à destination de votre existence entrera voie cérébrale droite. Car c’est bien l’hémisphère droit qu’il faut ici actionner : celui de l’intuition, de la musique (des mots), de la créativité, de la reconnaissance faciale. Tout un programme en contrepoint du littérairement correct. À rebrousse-poil des conventions, comme le précise le préfacier Jean-Pierre Verheggen : Même avec un entonnoir sur la tête, on peut réfléchir, pas vrai ? Peut-être est-ce là non pas le ciboulot, mais le boulot ou le génie du fou du roi ? Aïe, attention à votre épiderme du bien appris : c’est qu’il s’agit d’une collection Les p’tits cactus ! Béatrice Libert, à la bibliographie fort honorable, aurait-elle un côté sadique bien caché ? Bon, on va dire d’emblée qu’elle n’était vraisemblablement pas forte …

Philippe Mathy, Étreintes mystérieuses, Coll. Grand ours, Éditions L’ail des ours, 2020

Chronique d’Hervé Martin Philippe Mathy, Étreintes mystérieuses, Coll. Grand ours, Éditions L’ail des ours, 2020 Ce petit livre est source de joies pour le lecteur. Composé au feu du regard et de la langue, il est né de la proximité qu’entretient Philippe Mathy avec la nature. En guetteur sans but tel qu’il se définit, il puise sa poésie dans l’observation des paysages de campagne et des jardins qu’il fréquente assidûment, avec une vive attention aux arbres, aux oiseaux, aux bruissements de la nature et aux ciels qui les recouvrent. Dans ces moments de quiétude, il est à l’affût de ravissements sonores ou visuels qui lui seront offerts. Les peintures colorées de Sabine Lavaux-Michaëlis, couleurs automnales ou reflets de ciels accompagnent avec justesse les textes. Le livre est composé en deux parties intimement liées.  La première, sans titre, fait écho aux éclats de ce monde que le poète perçoit et révèle dans des proses poétiques à la fois sensibles, délicates et précises.  La seconde, assez brève, intitulée au bord de l’encre, dit le désir qui anime …

Christine Hervé, De l’autre côté de l’eau, Editions Traversées, 2020, ISBN : 9782931077016

Une chronique de Claude Luezior Christine Hervé, De l’autre côté de l’eau, Editions Traversées, 2020, ISBN : 9782931077016  Quatre traversées du désert, quatre cheminements intérieurs, quatre chapitres aux portes de l’introspection : deux en poésie verticale, encadrés par deux denses proses poétiques. À noter un envoi qui annonce la couleur : À tous ceux qui abritent mon cœur et ceux qui l’ont déchiré un matin d’espérance  En tout premier, la recherche du père : d’une certaine manière, de l’autre côté des eaux lustrales, en une terre encore inconnue, sur une plage immense (…) au souffle de mes désirs. D’emblée, l’on ressent un vide, un océan non rassasié, des espaces hors du temps où la poétesse aimerait se construire. (…) Mais comment avancer dans mon existence quand il manque le début ? Mille pages de psychanalystes condensées en quelques traits de plume. Le lecteur est pris à la gorge. Christine Hervé est née en Bretagne. Au-delà des ressacs, c’est aussi le pays des goélands. Poésie à la verticale : Battements d’ailes promesses d’un envol (…) elle …