Jean-Pierre Siméon, À l’intérieur de la nuit,  Cheyne éditeur, images de Yann Bagot, 2021, 68 pages, 17 €.

Chronique de Béatrice Libert

Jean-Pierre Siméon, À l’intérieur de la nuit,  Cheyne éditeur, images de Yann Bagot, 2021, 68 pages, 17 €.

On grandit étrangement à l’intérieur 

De la nuit.

C’est sur ces mots donnant naissance au titre, que s’élance Jean-Pierre Siméon. Et l’ouvrage se clôt sur C’est en effet la nuit, seulement dans la nuit, ou dans ce qui lui ressemble, le poème, par exemple, que l’âme remonte à la surface.

Entre temps, le poète a retourné l’envers du jour sous toutes ses coutures lui faisant avouer, paradoxe inhérent, ses sources de clartés par bonheur/Invisible[s].

Lieu d’amour, de marche, de mort, la nuit allonge notre souffle, notre soif d’eau pure comme de silence. Nuit longue en bouche, dit Siméon comme s’il parlait d’un grand vin. En adéquation avec la justesse d’une parole, d’une phrase, d’un sentiment. À son écoute, l’auteur de Sermons joyeux déploie ses antennes à l’adresse de cette bergère des ombres, riche de substances, dépositaire de tant d’aveux, d’instants à graver comme à gravir. Dans cette relation nocturne et intime, le « noctamphile » la voit en couleur tant son œil intérieur capte ses mille et une vibrations dans une vision à la fois panoramique (La nuit est ronde) et verticale (socle).

L’amour semble l’élément constitutif de Nyx / Mère des mille songes, car Siméon écarte la violence qui peut la traverser ici et là. De fait, Il y a bien sûr /Une nuit négative, mais telle n’est pas sa vraie nature, c’est celle de l’homme qui la travestit. 

Ce livre se révèle donc une déclaration d’amour à cet espace-temps éminemment poétique qui nous restaure et nous reconstitue intimement…

Comme à son habitude, Jean-Pierre Siméon fait preuve d’une belle langue simple et polie comme un caillou lunaire, sans brillant ni obscurité ni effet à la mode. Méditation révélant, outre les beautés nocturnes, le lait dont Nyx nous nourrit, sorte de viatique d’avant sommeil à emporter jusqu’en nos rêves les plus beaux.

Quand on marche dans la nuit

On entend son pas

Les murs en sont plus silencieux

Les arbres eux

S’émeuvent

Mais moins que notre cœur

Qui soudain

Se connaît

Ce livre apaisera plus d’un lecteur. La beauté même de l’ouvrage, dont on doit les superbes images de lunes bleues et argentées à Yann Bagot, alternant page claire et sombre, en fait un judicieux cadeau pour tous les noctambules, mais aussi les insomniaques.

©Béatrice Libert, 5 juillet 2021.

Franz Bartelt. Un flic bien trop honnête Seuil, cadre noir ( 17,90 € – 193 pages)

Chronique de Nadine Doyen

Franz Bartelt. Un flic bien trop honnête Seuil, cadre noir ( 17,90 € – 193 pages)


L’écrivain ardennais revient avec un polar à la couverture orange flashy ! Dans la collection du cadre noir, occasion de rappeler le précédent : L’hôtel du Grand Cerf, auréolé de prix dont celui du Grand Prix de littérature policière 2018.

Il réussit son entrée en matière car quel individu peut arborer « un bonnet de bain surmonté d’une aigrette en plastique » ?! On apprend que ce dernier a eu un violent différend avec un autre passager durant un trajet en bus. Lunettes de marque cassées. En citoyen honnête, l’inspecteur Gamelle veut les lui rembourser, pris de remords quand il apprend que cet homme est aveugle. On suit donc ses investigations pour le retrouver. Un opticien lui donnera de précieux indices. Enfin une enquête fructueuse, qui le conduit au restaurant L’AmiPopol où l’aveugle, Ferdinand Ladouce, a ses habitudes. 

Dès la première page,le narrateur jette le discrédit sur certains journalistes en rétablissant la véracité des faits : «  Les choses ne se sont pas passées comme l’ont raconté certains journalistes… ».

Franz Bartelt campe son intrigue dans une ville de province, sans la nommer.

On serait tenté de la situer sur les terres ardennaises, par fidélité de l’auteur à son territoire. Une localité où la psychose règne, en effet la presse rend compte de 44 crimes. L’enquête diligentée par l’inspecteur Gamelle piétine depuis quatre ans.

Son bureau ? « Un foutoir » :murs tapissés de citations de Rimbaud et de Montaigne, d’articles,de photos, pages de catalogue…!

On peut aussi douter de l’efficacité de celui qui l’assiste car il s’agit d’un cul de jatte, obèse, dit « le bourrin », qui se déplace en chaise à porteurs, dont le passe-temps favori est de tirer des traits sur une page blanche ! 

Et si l’aveugle, croisé malencontreusement par l’inspecteur, s’avérait le plus intuitif, lui qui aurait voulu être policier ?! Ils se retrouvent à table et même au domicile de Ladouce. Aucun risque pour Gamelle de s’entrucher(1) quand l’aveugle lui offre le champagne, lui qui ne boit que de l’eau parle toutefois des vins comme un oenologue ! Mais sachez que le champagne, « ça s’écoute » !On peut « juger de la qualité des bulles, de l’accent qui marque le terroir » . Amélie Nothomb ne contredira pas cette assertion !

Or ce Jack l’éventreur tue « comme on fait des mots croisés », quatre victimes à son actif en un jour et le serial killer toujours en cavale. Pas de quoi affoler ce policier qui mise plutôt sur le hasard ! Cependant il consent à appliquer la suggestion de l’aveugle, courtois et intrusif, envers qui il est redevable. Cette idée saugrenue s’avérera-t-elle payante ?

On assiste à une scène cocasse, épique même : la toise des suspects. 

Toujours est-il qu’une jeune stagiaire compte parmi les victimes. Tombée en mission pour un sandwich ! Ce drame anéantit le commissaire Valentin, qui l’aimait cette « magnifique créature » et l’avait  même aimée dans le local de la photocopieuse ! 

Ce qui est nouveau, c’est que le criminel a opéré de jour, la paranoïa enfle…

Quand vous aurez, vous aussi, déduit qui est cet « effroyable monstre qui terrorise les arrêts d’autobus et les passages protégés », agissant selon un rituel bien codifié, vous serez sidérés ! Vous aurez même envie de revenir sur son parcours… N’avait-il pas rêvé d’embrasser la carrière de limier ? Rappelons que dans le roman précédent de Franz Bartelt, un personnage est diplômé d’EIFFEL (école internationale de formation des Fins Extra Limiers) ! 

Rebondissement quand l’inspecteur dépressif, endetté, prend un congé sans solde, trop attiré par le gain d’un futur job providentiel au salaire notoire ! Le comble, son employeur milliardaire est le compagnon de son ex-femme, Justine !

Pourquoi l’a-t-elle quitté ? (Ne dévoilons pas leur différence, sujet de mésentente, d’incompatibilité).

Ainsi il va découvrir un train de vie de luxe, où 20 employés sont au service du couple et croiser la bien plantureuse, callipyge serveuse, Magdeleine qui lui  a fait de l’effet ! « Il conjecturait le coup de foudre ». 

 Le narrateur glisse un message écologique aux automobilistes afin de sauver la planète et évoque la conduite de Gamelle tout « en douceur », comme si c’était le corps de Justine (son ex) qu’il avait entre les mains, « freinant avec une délicatesse d’amant » ! Description très évocatrice, sensuelle et mémorielle pour le flic.

À noter que les personnages principaux de l’auteur apprécient de rouler dans des voitures qui en imposent. Celle du milliardaire Jeffrey Durandal- Beethove est  « longue et large comme un bateau » . Dans Ah, les braves gens, Julius Dump se déplace en « Cadillac , une  décapotable jaune citron » !

Quant au 48ème homicide, une histoire de bouton pourrait confondre le meurtrier !

Laissons le suspense… Une intrigue que l’on verrait bien adaptée à la scène ! 

Franz Bartelt se révèle virtuose d’un style tiré à quatre épingles, il manie l’absurde avec brio et nous inciterait à lire notre horoscope ! Loufoque. Détails croustillants…

Ses personnages sont toujours atypiques, déglingués, burlesques, hauts en couleur, leurs noms parfois un aptonyme comme Gamelle… (Franz Bartelt n’a pas son pareil pour nommer ses personnages, souvenez-vous de Vertigo Kulbertus dans L’Hôtel du Grand Cerf). Situations toujours aussi rocambolesques.

On retrouve sa verve, sa tendance au sarcasme, à la farce noire et sa plume corrosive  quand il épingle les institutions ou évoque les mœurs illicites des soirées ludiques !

Du Bartelt pour jus qui réjouira les adeptes de ce genre de littérature. Savoureux.

© Nadine Doyen


(1) Terme entré dans le Robert 2022 : s’étouffer en avalant de travers. ( origine champenoise)

Benoît Lepecq, Exposition, Théâtre, Éditions de L’Harmattan, Mars 2021, ISBN : 978-2-343-22713-9,12 €

Une chronique de Hervé Martin

Benoît Lepecq, Exposition, Théâtre, Éditions de L’Harmattan, Mars 2021, ISBN : 978-2-343-22713-9,12 €


Benoît Lepecq est l’auteur plusieurs pièces de théâtre éditées par les éditions de l’Amandier, hélas aujourd’hui disparues. Il fait paraître aujourd’hui chez L’Harmattan sa sixième pièce, Exposition.

La « folie », cette marginalité mentale est un thème récurrent chez Benoît Lepecq. En témoignent les titres de ses précédentes œuvres théâtrales, Le Fou, Le Tarot du Fou où encore Lamenti autour du couple et artistes surréalistes Unica Zürn et Hans Bellmer, liés par une relation bien particulière. Ils sont à nouveau au cœur de ce livre.

Lors d’un vernissage consacré à la dessinatrice Unica Zürn dans le Paris des années soixante, quatre personnages se retrouvent dans un renfoncement en marge de l’exposition. Sont présents l’artiste elle-même et Hans Bellmer son mentor et compagnon, le docteur Ferdière psychiatre d’Unica et la journaliste et traductrice Ruth Henry. Ils se croisent, se rencontrent et conversent à l’écart de la salle d’exposition.

Dans une atmosphère électrique et les tensions de ces échanges Benoît Lepecq met en exergue les relations d’interdépendances et de conflits de ses personnages. Unica Zürn est-elle seulement cette « poupée », sujet modèle entre les mains de l’artiste Hans Bellmer ? Quels désirs ou volontés animent ces deux êtres qui sont respectivement sujet et maître, compagne et amant et pour Unica alternativement artiste et muse ? Quelle quête de jouissance, recherchée ou inconsciente et quelle volonté, animent le médecin dans sa relation à cette patiente, bien revêche aux traitements médicamenteux qu’il lui prescrit sous la menace d’un nouvel internement et d’électrochocs ?  Et que penser de Hans Bellmer que la journaliste Ruth Henry associe à son beau-père, un ancien membre du parti nazi qu’elle dépeint comme son potentiel violeur ? 

Dans cet après-guerre du nazisme, ces exilés qui ont quitté l’Allemagne tentent peut-être une réconciliation avec eux-mêmes pour retrouver des raisons d’exister. 

Avec ce texte Benoît Lepecq réhabilite Unica Zûrn dans sa position d’artiste dessinatrice et de poétesse en l’éloignant du seul rôle de « poupée » et de muse qu’on lui attribue.  Ce sujet qui aurait été uniquement aliéné aux désirs de Hans Bellmer et aux traitements de la médecine psychiatrique. 

© Hervé Martin

La poèmothèque d’Ethe : 1450 recueils recensés. Près de 4000 en rayons…

Bonjour à vous,

La poèmothèque d’Ethe s’agrandit de jour en jour, grâce à des services de presse que je reçois depuis plus d’un quart de siècle ainsi qu’à des dons de particuliers et de bibliothèques ou autres organismes, ce dont je les remercie vivement. 1450 recueils recensés. Près de 4000 en rayons…

Comme convenu, je vous envoie la situation à ce jour. N’hésitez pas à en parler autour de vous et à me communiquer des adresses de personnes susceptibles d’être intéressées et/ou d’organismes qui pourraient ajouter ces ressources sur leur site !

Le poèmothèque d’Ethe, sise au sein de la bibliothèque de l’ancienne mairie, rue du Dr Hustin, 67A, est accessible sur rendez-vous ainsi que tous les mercredis de 16 à 20 heures. Les ouvrages peuvent soit être consultés sur place, soit être emportés, gratuitement. Pour les lecteurs de la Province de Luxembourg, ils peuvent être envoyés gratuitement via le prêt inter-bibliothèques. Pour tout autre envoi, une participation aux frais de port sera demandée.

Tout avis, remarque ou suggestion est le bienvenu.

Bel été à vous et à bientôt,


Catalogue à télécharger


Accès : 

Tous les mercredis entre 16h00 et 20h00 (ou sur rendez-vous).

Informations pratiques :

Bibliothèque communale – Rue du Dr Hustin, 67A – 6760 ETHE

0032/497 44 25 60

biblioethe@gmail.com


Patrice Breno

Revue Traversées

Directeur de publication
43, Faubourg d’Arival
6760 VIRTON (Belgique)
https://traversees.wordpress.com/a-propos/
0032 497 44 25 60

0032 63 57 68 64

 Jean-Claude LEROY (encres de Gwenn Audic) – Tu n’es pas un corps – éditions le Réalgar (collection l’Orpiment), 80 pages, mai 2021, 13€

Une chronique de Marc Wetzel

Jean


 Jean-Claude LEROY (encres de Gwenn Audic) – Tu n’es pas un corps – éditions le Réalgar (collection l’Orpiment), 80 pages, mai 2021, 13€


« une cargaison d’amour

en route pour des champs de ruines

la guerre avait tout résolu

il faut tout recommencer

réinventer Dieu et la merde » (p.12)

  Jean-Claude Leroy (né en 1960) est depuis longtemps un oisif irritable, un voyageur rebelle, triple militant anti-capitaliste, anti-nucléaire et anti-utilitariste – qui tient sur Mediapart un blog étincelant de curiosité et de malice -, poète excessif et baroque, comme un Ellul black-bloc, une Simone Weil pyromane ou un Erri de Luca guéri d’études bibliques et rapatrié des cîmes. 

  Leroy n’aime par exemple pas l’outillage numérique qui, sur nous, prend les corps pour des choses, et, hors de nous, les choses pour des corps. Il n’aime pas que des créatures artificielles (aussi exactement « intelligentes » que la moyenne de leurs concepteurs et programmeurs) court-circuitent nos initiatives, même artisanales ou maladroites. On le voit mal céder un jour, dans sa voiture « autonome », sa place de chauffard rangé au central inclus de détection-décision instantanée des conduites, nous suggérant ses coups de coeur et esquivant nos fantaisies. C’est un homme qui pourrait, c’est clair, – comme d’autres poètes un peu expéditifs comme Olivier Deschizeaux ou Hervé Piekarski -, liquider les champions avisés du culturel vendeur, du remplissage divertissant, s’il ne les jugeait déjà morts (à eux-mêmes comme au meilleur des autres).

  C’est aussi (et surtout) un critique (un interprète particulièrement libre et instruit) d’oeuvres littéraires ou de sciences humaines, qui « bavarde » (fraternellement, ardemment et subtilement) sur les contemporains qu’il se reconnaît (Joël Vernet, Laurent Albarracin, Jacques Josse, Serge Núňez Tolin, Georges Drano, Marc Dugardin, Lionel Bourg …).

  Et c’est, donc, un poète. J’ignore comment, sa lucidité souffrant d’une telle nausée, et son ardeur exprimant un tel venin, il peut garder de quoi construire ainsi, à la voix, un monde digne d’être habité et reçu; mais il y réussit. Sa farouche vigilance publique garde, dans l’intime, quelque chose de menaçant peut-être (« Nous ne prions pas sans y mettre la main » … p.56), mais d’une grande beauté, comme en trois thèmes abordés par ce recueil.

  Le plus émouvant est le très discret, très précautionneux et pudique, élan d’amour – le voeu indestructible d’une authenticité à deux. Pour dire « tu m’aimes », il écrit : »tu ne te défends plus de moi », et pour dire « je t’aime » : « peau à peau tu me défais » (p.73). On peut traduire : tu te portes garant(e) de moi quand, par probité, par urgence aussi, ma conscience entre dans l’impersonnel. Tu restes mon moi d’appoint, ou de secours, et forcément désintéressé, puisque c’est un moi que tu es sans l’avoir. C’est le monde, dit étonnamment la page 70, « où baigne le respect du verbe être ». C’est comme un chamane confiant, le temps de se risquer à aller visiter les esprits, les clés de chez lui à quelqu’un voulant bien garder la prosaïque baraque du moi envolé. Réciproque gardiennage terrestre des coeurs ! Sans cocooning excessif, toutefois ! :

« les sentiments chargés de feu

les coïts évanouis

corps crachés par les pores

peau découpée en lambeaux

à l’heure de toutefois saisir

le cerveau par les cornes » (p.25)

   L’autre avancée remarquable, c’est l’affirmation d’une jeunesse conservée par douleur, ou fidélité au douloureux. « Mon chagrin ne vieillit pas » dit Leroy. Ce n’est évidemment pas masochisme, mais constat d’avoir survécu à une exceptionnelle intensité de vie qui aurait pu (ou dû) le tuer. On sent l’homme très imaginatif, qui a toujours en même temps combattu en lui l’imagination menteuse et combleuse de vide dont parle S.Weil – lourd prix à payer pour que sa raison puisse survivre :

« ayant perdu la vue, me restait le délire

ce que jadis je voyais

peut-être que déjà je l’inventais

aujourd’hui d’un accident à l’autre

je perds pied, à coup sûr » (p.67)

  Et puis on sent une intelligence qui n’a peur de rien (ni des spéculations osées d’un Jean-Pierre Petit en astrophysique, ni de solutions de la géo-ingenierie pour lutter contre le réchauffement climatique, ni même d’une possible présence extra-terrestre symbolisant, à tort ou à raison, l’ouverture forcée de la technoscience humaine à ce qu’elle n’est pas !). Cette intelligence, qui, historico-politique, frappait tant dans « La vie brûle » (Lunatique, 2020) touche ici par sa constante recherche d’une justesse hors de l’entertainment généralisé :

« tandis que ça continue à étouffer le moindre son de parole

la moindre parole coupant à travers le discours

comme si la propagande avait tout pris des mots

et que le mot d’un seul

la langue savante et vivante

n’avait plus place que derrière un guichet

j’écoute mon voisin à travers la porte

comme si j’étais au bordel

je sais des mots confettis

que je n’agrandirais sous aucun prétexte

et je chuchote à l’oreille de ma belle

des murmures improvisés qui feront florès

dans le coeur d’un amour partagé… » (p.59).

                              ————————-


© Marc Wetzel