Sommaire N° 59 – Eté 2010

SOMMAIRE DU N°59

*** été 2010 ***

2    Serge MAISONNIER……………………………………………………. éditorial

Les auteurs de nouvelles sont :

3         Monique ROMAGNY-VIAL………………………………………………. Hontes

6    David COLLING ……………………….. Sous le feuillage de mes chênes…

10  Véronique M. LE NORMAND……………………………….. Je suis au jardin

15  Alain LEDUC…………………… Le chat, les pignes de pin et l’hélicoptère

27  Alain DUCAT……………………………………………….. Le visage de Jonas

Les auteurs d’études littéraires sont :

23  Nadine DOYEN…………………………………………………. Franz BARTELT

33  Georges JACQUEMIN……………………………………….. George STEINER

36  Jalel El GHARBI………………………………………………. Béatrice LIBERT

44  Serge MAISONNIER……………………………………………. Catrine GODIN

47  Georges JACQUEMIN………………………………………………. Iain PEARS

Chroniques de livres et de revues de :

Nadine DOYEN, Béatrice GAUDY, Jean-Paul GAVARD-PERRET, Alain HELISSEN, Georges JACQUEMIN, Paul MATHIEU, Gérard PARIS, Pierre TRéFOIS et Patrice.

L’illustration de la page 1 de couverture est de……………… Frédéric THIRY

L’autre illustration en page de couverture est de….. Salvatore GUCCIARDO

…et nos amis de la RAL,M qui parlent de Traversées ici


Salomé Molina LÓPEZ

El verde dibuja caligramas
en las laderas altas
de los Pirineos,
los hombres a sus pies
se entregan a descifrar indicios ;
mientras las aves
van interpretando soluciones
en las cimas…

***

Le vert dessine des calligrammes
Sur les hauts versants
Des Pyrénées,
Les hommes à leur pied
Se consacrent à déchiffrer des indices ;
Tandis que les oiseaux
Vont interprétant des solutions
Sur les sommets…

Traduit par Christine CLAIRMONT

Publié dans le n° 56 – Automne 2009

Diérèse

Diérèse n°44 ; c/o Daniel Martinez, 8 avenue Hoche à F-77330 Ozoir-la-Ferrière,
260p. ; 9 €. (+ 3, 02 frais de port).
Une fois n’est pas coutume, Diérèse consacre un numéro spécial à Jean-Claude Pirotte.
Sur les 260 pages de la revue, le dossier « Pirotte » en occupe plus de 170, c’est dire
qu’il permet de mieux cerner la personnalité de cet auteur d’origine belge qu’Alain
Bosquet comparait à un clochard de l’absolu. Ecrire, en sachant que rien n’est à sauver,
qu’il est trop tard et que le monde est trop vieux. (…) À quoi bon écrire, et pour qui
donc, dans un monde où apprendre à lire est regardé comme superflu. Poésie, ramassis
de vieilles lunes. Pourtant, Jean-Claude Pirotte n’a cessé d’écrire depuis son
adolescence, dans un désoeuvrement boulimique qui l’a poussé ainsi à « jardiner sa
misère », lui « le mal né » dont l’enfance n’a guère laissé qu’un éboulis impossible à
reconstruire. Écrivain en fuite, d’abord pour échapper à la justice de son pays, il restera
nomade de lui-même, sans cesse changeant d’environnement. Car je suis aussi loin de
moi que tout mystère / ce que je cherche à saisir n’a de nom dans aucune langue. Une
vingtaine d’auteurs viennent apporter leur contribution, sous forme de témoignage,
d’entretien, de point de vue, d’échange ou de poème, à cet hommage qui devrait faire
date. On y lira des textes et poèmes de Jean-Claude Pirotte ainsi que des extraits d’un
roman en chantier. Des dessins de l’écrivain – qui mène en parallèle une activité
plasticienne – parsèment cet ensemble. Privé de son espace habituel, Diérèse n’a pas,
pour autant, renoncé à ses rubriques régulières, même si elles ont été sensiblement
réduites. Ainsi, « poésies du monde » nous fait découvrir le poète allemand Rolf Dieter
Brinkmann (1940-1975), particulièrement virulent vis-à-vis de la société allemande de
l’après-guerre. Quelques récits et notes de lecture complètent cette livraison printanière,
toujours aussi volumineuse. Mais Daniel Martinez promet de ne pas dépasser 260 pages
pour les suivantes. Dont acte.

Alain Helissen

Chronique parue dans le n° 55 Été – 2009

Jean-Paul Gavard-Perret

Mines de rien, Michel CAZENAVE, Éditions de l’Atlantique, Saintes, 40 p., 16 €.

Chez Cazenave l’aphorisme (car aphorisme il y a du moins en partie) devient grain et
écume contre le silence. Il est passage et permanence, le silence et le chant, le chat et la
souris. Il permet de pénétrer l’impossible estuaire du poème dont parlait Valéry. Il est
aussi la margelle de mon temps, le filet de voix de l’injonction presque silencieuse afin
que l’on descende en soi pour apprendre un peu mieux qui on est et qui est l’autre. Un
seul exemple suffit à le démontrer : « La femme fatale est un mythe, la fatalité est en
nous ». C’est nous – et non elle – qui nous laissons conduire là où la noce fond et se
réduit à une communion à l’obscur. Cazenave nous rappelle avec ironie comment nous
subissons le sortilège d’une envoûtante confusion entre notre espace habitable et notre
espace habité. Et si, à la charnière des mondes, la femme reste le flacon à peine
débouché à la portée des sens c’est que nous le voulons bien. Dans un tel livre, la
traversée des possibles effleure notre conscience. D’où l’ébullition qu’il provoque en ses
noeuds étranges. S’éprouve soudain la précarité de l’existence, et si l’on plonge dans
l’émotion par la mosaïque des fragments successifs, c’est à travers l’ironie sans cesse
réitérée. D’où cette transmutation au sens alchimique du terme. A notre ignorance,
Cazenave offre l’ivresse de sa connaissance lestée de ferments corrosifs et de strates de
nos archives intimes demeurées trop longtemps à l’abri de notre conscience. Le réel bat
soudain en fragments au rythme l’aphorisme qui traque l’essence même de la vie. Nous
y dérivons en héros burlesques voués au flottement avant la noyade terminale. Mais ce
texte diffère le verdict et nous adjoint de reprendre le fil conducteur d’une jubilation
peut-être dérisoire à l’épreuve du temps. Mais nous sommes depuis si longtemps
fissurés que nous nous demandons comment peut jaillir un tel espoir…

Chronique parue dans le n° 55  Eté – 2009