Véronique Flabat-Piot, Pierre Chariot aquarelliste – Lumière d’aquarelle, lumière d’âme.

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  • Véronique Flabat-Piot, Pierre Chariot aquarelliste – Lumière d’aquarelle, lumière d’âme.

Ouvrage d’art de Luxe (exemplaires numérotés) – format italien- (30.5×24.5) quadrichromie- 141 pages

Editions Ligne de Mire-Florenville Belgique. 2010.

C’est sous l’effet d’une formule triangulaire, entre son ressenti du peintre aquarelliste Pierre Chariot, son affiliation comparée à certains poèmes de Victor Hugo et aux impressions de la critique artistique, le tout gravitant judicieusement autour de l’œuvre de cet artiste délicat, que notre amie poétesse et animatrice Véronique Flabat-Piot, pour notre plus grande satisfaction, se fait essayiste, c’est ainsi qu’elle nous suggère une rencontre de lumière d’âme et de cœur, au travers d’un délicieux parcours initiatique et complice avec ce talentueux créateur.

Les deux œuvres se plaçant l’une et l’autre en écho et correspondance !

Afin de mieux pouvoir s’imprégner de cet ouvrage d’art luxueux de grande qualité, il est bon de savoir qu’il fût créé dans un élan d’affinités et de résonances créatives tout autant qu’électives. Le fruit pictural d’un coté, son déroulement littéraire de l’autre !

Le tout préservé sous le sceau de l’osmose et de l’harmonie.

Il est au demeurant, évident que lorsque Véronique Flabat-Piot aborde l’œuvre de Pierre Chariot, non pas en esthète mais en poète, elle ne peut se réaliser que dans la complémentarité et le prolongement, à croire que Véronique Flabat-Piot a aquarellé ses réflexions et poèmes qui se fondent aux œuvres si délicatement poétique de Pierre Chariot.

Ici nous sommes parfaitement d’accord avec Eugène Delacroix, ayant écrit : « Qui dit art dit poésie. »

Véronique Flabat-Piot nous confie que lorsqu’elle se trouve en contact avec une œuvre de Pierre Chariot, elle songe à certains vers de Victor Hugo, et inversement lorsqu’elle lit son grand poète elle voit se profiler dans une ambiance pastorale et diaphane les paysages de ce dernier.

Faites moi confiance, le cocktail et détonnant, car les textes de notre poétesse prennent de l’élévation tout en se chargeant d’une beauté inspirée.

La poésie est omniprésente, les modes d’expressions se mêlent, se conjuguent, se consolident, tout en préludant la fusion imaginaire de belles âmes abordant l’effet miroir des deux œuvres !

Nous surpassons ici le simple principe esthétique afin de mieux effleurer la part du sacré.

« L’art est la seconde branche de la nature. » S’exclamait Victor Hugo, donc de l’infini et de l’éternel. «  A travers les vitraux splendides du matin. »

Tout au long de ce bel ouvrage d’art, les textes de Véronique Flabat-Piot se font l’écrin des œuvres de Pierre Chariot. Les illustrations nombreuses, sont des plus fidèles et des plus attrayantes les unes des autres.

Au terme de toute une vie consacrée à l’art et plus en particulièrement à cette discipline si subtile, qu’est incontestablement l’aquarelle, Véronique Flabat-Piot nous permet de découvrir sous cette perspective différente et fragmentée l’œuvre d’un artiste en totale possession de son art, en nous plaçant dans la confidence de sa parfaite maîtrise et extrême sensibilité suggérée.

Aquarelle ou dessin chaque œuvre laisse transparaître la facture de Pierre Chariot qui nous invite à son parcours de lumière poétique sertie de subtiles transparences ou de blanches réserves.

Chez lui tout s’offre à nous dans l’harmonie, le fondu des nuances, les vibrations chromatiques, c’est à la fois un songe et un pèlerinage aux sources du silence.

Souvent, notre poétesse Véronique Flabat Piot, se place en retrait pour laisser la parole à propos de Pierre Chariot, aux artistes, critiques, professeurs et amis, tels le sculpteur-poète Fernand Tomasi, Albert Dupuis ex conseiller d’André Malraux, le professeur Pierre de Martin, la poétesse Maguelone etc. etc.

Il ne vous reste donc plus qu’à découvrir ce peintre de la lumière et de l’éblouissement, dont Véronique Flabat-Piot nous esquisse un si beau portrait, en vous laissant sur un clin d’œil de Victor Hugo :

« Le firmament est plein de vaste clarté

Tout est joie, innocence, espoir, bonté. »

◊Michel Bénard

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Suzy Maltret, Au vent d’Yveline

 

  • Suzy Maltret, Au vent d’Yveline, illustrations réalisées par Roland Maltret. Editions Gerbert. 45 pages. 2011.

L’introduction à elle seule n’est-elle pas la plus belle symbolique de cet ouvrage géo-poétique « Au vent d’Yveline » en rendant hommage à Paul Fort, le prince des poètes, qui rêvait d’effectuer la plus belle ronde du monde en nous donnant la main.

« Ronde autour du monde n’a qu’un œil,

Pas plus loin je crois de Gambaiseuil…/… »

Cependant Suzy Maltret, n’a pas besoin en effet d’aller aussi loin pour entreprendre son beau voyage, sa joyeuse ronde, elle suggère une belle errance poétique en Yveline, au rythme de son cœur en quête de rêveries.

Suzy Maltret porte en elle l’amour du terroir, le sens des racines où se confond la mémoire.

Chaque poème est un bourgeon, une frondaison de sous bois, une fleur en éclosion, avec ce souci de peaufiner le verbe, de saupoudrer un peu de poussière d’histoire sur le pays du souvenir, sur les terres fertiles de l’enfance.

« Terres et racines en ce pays d’Yveline, …/… »

Parfois des tempêtes soufflent sur la vie, faudrait-il tout recommencer, tout recomposer, non il ne faut pas prendre le deuil, il faut maintenir l’espoir.

C’est une belle histoire de cœur avec le pays bien aimé, une reconnaissance simple et authentique.

« Voici donc ma mie le pays de nos amours, …/… »

« Qu’effleure à peins le souvenir du poète, …/… »

L’émotion se fait légère comme un vol de libellule, il y souffle des nostalgies, des effluves du temps lointain.

Suzy Maltret évoque des scènes de chasse, des songes bucoliques, ne manque de faire un clin d’œil aux artisans et ouvriers. Dans son verbe résonne l’écho de musique lointaine, de belles dames, de nobles demeures, de pavés rutilants et de coursiers.

Elle va cueillir d’anciennes légendes enracinées entre les ruines de vieux murs de pierres qui poussent avec les fougères.

Le langage est précieux, distingué, comme ces nobles fantômes qui apparaissent ici et là au rythme d’une viole de gambe, d’un téorbe ou d’une harpe vagabonde.

Suzy Maltret, adopte pour célébrer son terroir, son pays d’âme et de cœur, un autre langage, un autre rythme approprié à la mémoire des lieux.

« Mémoires de feuilles,

Mémoires des eaux…/… »

Au cours de l’un de ses discours l’homme de lettres Jehan Despert remercie Suzy Maltret d’être poète, car dit-il : « …/… tant qu’il y aura des poètes pour chanter la beauté du monde, ce monde restera grand, vivant et source inépuisable d’espérance nouvelles…/… »

Allez, elle vous invite, prenez une belle allée ombragée et laissez vous porter «  Au vent d’Yveline. »

« Accourez puisque l’on voit de l’aurore

 Des frondaisons monter le souvenir

D’un beau silence dans un long soupir…

Sur l’instant, la marche du sablier ! »

◊Michel Bénard

 

Lectures d’été de Patrick Joquel

Poésie

*

Titre : Au présent d’infini

Auteur : Luce Guilbaud

Editeur : Rougier V.ed.

ISBN : 2-913040-84-5

Année de parution : 2012

Prix : 9 €

Collection Ficelle. Un petit livre suspendu… Un petit livre immense : il s’écrit au nous ! Pas toujours facile le nous, surtout lorsqu’il s’agit d’un nous d’amour. Pas facile les poèmes d’amour… Luce Guilbaud réussit à partager son bonheur, leur bonheur de vivre ensemble et d’aller sur terre ou sur mer, bien vivants. Un texte de grand vent et de douce tendresse, qui aère bien les yeux et donne du punch. Une poésie qui ouvre, qui respire, paisible sans rien renier de l’inquiétude de vivre, mais qui ose s’appuyer sur la joie. Superbe.

*

Titre : Bienvenue à l’Athanée

Auteur : Daniel Biga

Editeur : L’Amourier

ISBN : 978-2-915120-58-5

Année de parution : 2012

Prix : 13 €

Le titre est explicite. Le ton demeure fidèle. La mort, la vie. Les Anges. Une Ange en particulier. La compagne. L’oscillation entre songes et désirs. Souvenirs passés et moments présents. Beaucoup de bonheurs et de joies dans ces pages. De sérénité.

Un parfum d’automne en montagne. La paix du soir au refuge quand l’esprit vagabonde. Un livre. Un homme.

*

Claude Held

Titre : Périphérie

Auteur : Claude Held

Editeur : La Porte

Année de parution : 2012

Observateur rêveur, Claude Held se promène dans St Quentin en Yvelines. La ville imaginée par un poète (Roland Nadaus). Des blocs de textes comme des photos. Le visible et l’invisible s’y mélangent, comme les eaux d’un confluent. Espace, temps, être. Vivre ainsi présent au monde n’est pas donné à tous, ni tout le temps. Fonder sa présence est un exercice où tous les sens sont mis à contribution, y compris celui du silence et d’autres encore secrets. Voilà, je suis là et le monde s’offre autant que je m’offre. Un partage. Une connivence. Qu’on retrouve dans les dernières pages de ce petit livret quand Claude accompagne quelques photos de Doisneau. Pas besoin de la photo d’ailleurs, le texte suffit pour voir.

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Titre : Tzigane, je veux être ton papillon

Auteur : Dominique Cagnard

Editeur : Editions Corps Puce

ISBN : 2-35281-065-5

Année de parution : 2012

Prix : 9 €

Un livre tout de légèreté. Des poèmes comme ces grains de poussière qui flottent à contre-jour et nous entraîne dans le songe impalpable des mondes cachés. Des îles au trésor. Des poèmes qui butinent le lecteur comme un papillon les fleurs des champs. Qui effleurent des moments essentiels. Ceux du silence. Ceux du questionnement sur le mot vivre. Ceux du désir de partir. Loin ou près. L’essentiel n’est pas la destination mais le mouvement. La quête du neuf, du surprenant. Du vivant.

Un livre qui surprend et qui vit. Qu’on suit des yeux et qui nous entraîne.

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Titre : Adolescence Florentine

Auteur : Cédric Le Penven

Editeur : Tarabuste éditeur

ISBN : 978-2-84587-245-5

Année de parution : 2012

Prix : 13 €

Comme un carnet de méditation. Le choc de la rencontre avec la beauté. Florence. Un cloitre. Des fresques. Des statues. Et le jeune homme qui brusquement se découvre barbare. Et qui se laisse interpeller par l’œuvre. Entre en dialogue avec elle autant qu’avec lui-même.

C’est riche et cela donne de l’espoir à ceux qui croient, comme moi, que permettre à l’enfant de rencontrer des œuvres d’art c’est lui donner une chance de vivre plus haut que lui-même.

Romans

Titre : La tristesse des anges

Auteur : Jon kalman stefànsson

Editeur : Gallimard

On est en Islande. Et ça fait froid dans le dos, toute cette neige. ces tempêtes… Tout un univers bien exotique… Des paysages qui façonnnent des êtres silencieux. Taciturnes. Qui les rapprochent ou bien les éloignent. Une quête aussi, à travers un voyage. Marcher permet de grandir. Les deux hommes en marche, l’adulte et le gamin vont ainsi brûler les étapes d’une maturation intérieure jusqu’à l’envol. Ils vont aussi apprendre à se connaître, à se respecter. Dans la tempête, peu importe l’âge, on est à égalité d’être ; seule diffère l’expérience de la vie. Celle du plus jeune complète celle du plus ancien.

Un extrait :

L’hiver, la nuit n’est pour ainsi dire que ténèbres et silence. nous entendons les poissons soupirer au fond de la mer, et ceux qui gravissent les montagnes ou se rendent sur les hautes terres peuvent écouter le chant des étoiles. Les anciens, détenteurs d’une sagesse nourrie de l’expérience, affirmaient qu’on ne trouvait là-haut rien que des terres glacées, battues par les vents, et de mortels périls. Nous mourons si nous n’écoutons pas ce qu’enseigne l’expérience, mais nous moisissons si nous y prêtons trop d’attention. Il est dit quelque part que ce chant est capable d’éveiller en vous le désespoir ou le divin. Partir dans les montagnes par une nuit calme et sombre comme l’enfer pour y chercher la folie ou la félicité, c’est peut-être cela, vivre pour quelque chose. Mais ils ne sont pas nombreux, ceux qui se risquent à de tels voyages, cela écule ches chaussures coûteuses et la veille nocturne vous rend incapable de vous acquitter de la besogne du jour. Qui donc fera votre travail si vous n’en avez pas la force ? La lutte pour la vie fait mauvais ménage avec la rêverie, la poésie et la morue salée sont irréconciliables, et nul ne saurait se nourrir de ses rêves.

*

Titre : Ici ça va

Auteur : Thomas Vinau

Editeur : Alma éditeur

ISBN : 978-2-36-279051-5

Année de parution : 2012

Prix : 14 €

Un nouveau roman de Thomas Vinau. Ecriture serrée. Impressionniste. Le tableau brossé ? Un retour aux origines. Un retour à la campagne. Les deux en même temps, au même endroit. Apprivoiser le lieu, le passé. Son propre passé. Le renouer. Se renouer. Retrouver ses racines et les dépasser par des envolées de branches nouvelles et joueuses dans le vent. Le rendre habitable. Y habiter.

Il n’est pas facile d’être un homme sur la Terre. C’est un travail de chaque instant. Une volonté. Ici, ils s’y mettent à deux. Dans le tableau c’est aussi l’histoire d’un couple.

Oui, ça va. Ça va bien dans ce livre. On y est bien accueilli. Il m’a donné envie encore plus de m’arrêter un jour chez lui. Ici.

*

Titre : Tobie Lolness

Auteur : Timothée de Fombelle

Illustrations : François Place

Editeur : Gallimard jeunesse

ISBN : 2-07-057181-5

Année de parution : 2006

Une aventure en deux tomes. Une aventure improbable et qui m’a emporté dans un univers où Tobie mesure 2mm. Son monde est un arbre. Un grand arbre. Tout un peuple y vit. Et s’interroge : y’a-t-il d’autres arbres dans l’univers ? D’autres hommes ?

Si la trame de l’histoire se joue entre ceux qui rêvent, ceux qui respectent et ceux qui veulent devenir maître du monde… On la connaît cette histoire, il suffit de lire nos journaux… Elle est à l’échelle de l’arbre. Et tout est cohérent, y compris les clins d’œil à notre monde.

Plein de surprises au détour des phrases, des phrases merveilleuses.

Et bien sûr un François Place qui de ses couleurs et de ses traits donne à voir ce monde étrange et fascinant.

A lire et à relire !

◊ Patrick Joquel

www.patrick-joquel.com

Johanne Hauber-Bieth, AMOURISSIME…,

 

  • Johanne Hauber-Bieth, AMOURISSIME…, ABM-éditions (tirage de luxe 145 pages). Préface de Jacques Vievils. Illustrations réalisées par l’artiste peintre Lysiane Ketsman.

Le rythme est donné, la hauteur est portée, par cette note en prélude de la remarquable préface de Jacques Viesvil.

Ce précieux recueil « Amourissime » nous révèle toute la sensibilité à fleur de peau de Johanne Hauber-Bieth.

L’amour en son sens le plus noble du terme est la clé de voute de cet édifice poétique, avec la plus totale objectivité de conscience ; car même pour les plus belles, les plus intenses, les plus vibrantes pages de vie : « Tout commencement porte en lui sa fin. » Mais peuvent également prétendre aux plus belles promesses d’espoir.

Ce recueil recèle un espace privilégié supplémentaire, car il est placé sous le sceau des illustrations remarquablement évocatrices de Lysiane Ketsman. Chaque planche dessinée est une perle déposée sur ce chemin de poésie. Par le seul jeu de son trait précis, cette artiste rehausse et visualise la teneur du texte.

Johanne Hauber-Bieth évolue sur les métamorphoses de l’amour qui nous transforme intégralement. Forme et fond se confondent, fusionnent, atteigne une sorte de volonté de perfection, il ne nous reste plus qu’à nous laisser porter par l’imaginaire.

Un simple regard exprime souvent bien plus que la parole. Alors ici tout est dit !

La vie, l’envie, l’amour et son cri !

Il y a en nous ce profond mystère de l’amour, véritable source de l’inconnu. Mais qu’importe, la passion l’emporte et l’on s’élance à corps et à cœur perdus. Le transport est divin, tout n’est qu’allégresse comme l’exprime avec tant de sensibilité Johanne Hauber-Bieth.

Notre amie atteint et touche l’âme et le cœur, il suffit simplement de nous abandonner au fil de ses vers envoutants et raffinés. Pour nous, elle se fait joaillière, elle puise naturellement dans le cristal de ses filons variés et multiples.

Elle nous offre son expérience, par la magie du verbe elle se dénude intégralement.

Toute la musique de son cœur est là, transcrite sur la grande partition de l’amour.

Parfois cependant le mal d’amour nous surprend, alors Johanne Hauber-Bieth tente de lui restituer un gout de paradis aux nuances d’allégresse.

Chacun de ses textes s’offre à nous pareils à une petite pierre précieuse, peaufinée par une main de dentellière, ou la forme techniquement parfaite, se fait l’écrin du fond, à moins que ce ne soit l’inverse !

Il nous faut en convenir, les mots sont faibles, impuissants pour d’écrire le miracle de l’amour ! Notre poétesse y parvient presque jusqu’à la transcendance. Où est la part de vérité confrontée à celle de l’imaginaire, le rêve du réel, notre amie à su y placer son trait d’union.

Ces pages sont gorgées d’un vocabulaire riche, mais non pesant, non suffisant, au contraire, il dynamise l’intention du « dit », il situe l’émerveillement, il transcrit le sentiment.

Femme avant tout, Johanne Hauber-Bieth se veut parfois coquine, et use d’un verbe à double sens, à vous alors de décrypter sur quel plan elle se situe, dans le désir charnel ou dans l’écrit virtuel… qui sait ?

Ici grand est le besoin d’unité !

Dans ce fougueux tourbillon, Johanne Hauber-Bieth voudrait parfois inverser les rôles, devenir l’homme qui comme un fou honore sa bien aimée. Les corps fusionnent, où est l’homme où est la femme, chacun y perd son identité, jusqu’à ne plus faire qu’Un !

Amour « Unique » comme le chant des transcendances.

Nous y découvrons aussi l’importance du silence qui révèle encore plus la présence ou évoque l’absence.

Notre amie parle d’un amour qui irait au-delà même de l’Amour. Don absolu de soi, abnégation passionnelle, total altruisme, afin de glorifier encore davantage les mystères foudroyants de la vie inondée d’amour.

Pour conclure je me rapprocherai de la pertinente postface de ma consœur et amie Lucette Moreau qui voit dans cette poésie au féminin irréprochable, la forme d’une prière, les cantiques d’une action de grâce, un hymne sublimant l’Amour le tout nimbé d’une dimension charnelle et mystique.

Ne lâchez surtout pas cet ouvrage, délectez vous en jusqu’à la lie, vous y découvrirez l’ivresse, l’extase des filtres, des parfums passionnels, de l’union universelle.

Cet ouvrage est également disponible chez l’auteur : 65 rue Edouard Vaillant 92300 Levallois-Perret. PV.17€ TTC.

◊ Michel Bénard,

Lauréat de l’Académie française, Chevalier dans l’Ordre des Arts & des Lettres.

Nicole Hardouin, Prométhée, nuits et chimères

  • Nicole Hardouin, Prométhée, nuits et chimères, Editions de l’Atlantique (tirage de luxe). (Collection Phoibos) 67 pages.

Nicole Hardouin déplace l’ordre du temps, elle détient cette éclectique prévoyance d’ériger une passerelle reliant le mythologique au mystique.

Elle livre ici un recueil né d’une larme d’argile et d’une pincée de sable où l’âme assoiffée se désaltère au nombre d’or de l’Amour.

Nous nous laissons envelopper, en nuances transparentes, par des brumes aux ambiances singulières : chats des chemins creux, vigies errant entre tours de cristal et clairières sacrées, nous partageons de fugitives apparitions inquiétantes : en larmes, les chrysanthèmes écoutent la conférence des squelettes, voire sulfureuses : des caresses s’inventent dans l’échancrure des patenôtres.

Les jeux charnels qui sommeillent en nos cavernes se réveillent : Eros et Thanatos rôdent autour des racines du ciel.

Nicole Hardouin nous invite à ouvrir les portes du songe, à franchir l’épreuve des ténèbres en compagnie de Prométhée.

Ce recueil, don d’absolu, est une oraison où le verbe, parfaitement maîtrisé, se charge d’atomes mémoriels.

Il s’avère donc nécessaire d’avancer sur la pointe des pieds pour ne pas trahir les confidences.

◊Michel Bénard