Traversées fête ses 20 ans les 25 et les 26 octobre – Premier Salon de la poèsie de Virton

Hotel de ville de Virton  Rue Charles Magnette 17 6760 Virton, Belgique

Hotel de ville de Virton
Rue Charles Magnette 17
6760 Virton, Belgique

Caves de l’Hotel de ville de Virton
Rue Charles Magnette 17
6760 Virton, Belgique

Bonjour à vous,

Traversées fête ses 20 ans les 25 et 26 octobre prochain.

Le 25 octobre 2013, à partir de 18 heures, ce sont 9 auteurs – publiés dans la revue Traversées – qui seront mis à l’honneur : discours de bienvenue, lectures, rencontres avec le public, verre de l’amitié.

  1. David COLLING

  2. Fernand TOMASI

  3. Georges JACQUEMIN

  4. Lambert SCHLECHTER

  5. Marc IMBERECHTS

  6. Nathalie RONVAUX

  7. René LEJEUNE / WILLOOS

  8. Salvatore GUCCIARDO

  9. Tristan SAUTIER

Le 26 octobre 2013, de 14 heures à 18heures, premier Salon de la poésie de Virton : éditeurs et auteurs face au public, lectures en continu, rencontres, dédicaces

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Patrice BRENO
Revue Traversées
Prix de la Presse Poétique 2012
Directeur de publication
43, Faubourg d’Arival
6760 VIRTON (Belgique)

https://traversees.wordpress.com/a-propos/

REVUE BELVEDERE N°23

REVUE BELVEDERE N°23 JUILLET-AOÛT 2013  ANDREA GENOVESE
belvédère

Sommaire:

VOIX VIVES DE MEDITERRANEE EN MEDITERRANEE
Città tra le spume
Voiles et messages à la mer à Sète
Voix Vives
Ballade du Môle Saint-Louis en s’arrachant du port de Sète
Impressionnisme au Musée Paul Valéry
Le dialecte sicilien de Messine à Sète
Poètes et éditeurs: Roger Dextre, Nicole Drano, Michel Baglin
LIBRI: Aliberti, Pirrera, Attanasio, Manacorda, Denis Montebello
ESCAPADES THEATRALES: Les irrévérencieus, Propaganda, Le roi et moi,
Don quijote de la Mancha, Gauvin et le Chevalier vert, Téâtre à la mer
GAZZETTA PELORITANA : Il sindaco ciclista, Fatamorgana cariddica

 

Belvedere 23 pdf

Mirko Kovač

mirko_kovacNous apprenons avec tristesse la mort de Mirko Kovač, un des derniers grands de la littérature ex-yougoslave, décédé ce 19 août à Zagreb des suites d’une « longue et pénible maladie ».
Mirko Kovač était né en 1938 à Petrovići kod Nikšića, aujourd’hui au Monténégro, près de Dubrovnik, à la frontière avec la Croatie et la Bosnie-Herzégovine. Romancier, nouvelliste, essayiste, scénariste, il avait été, sous le régime communiste, tour à tour porté aux nues et vilipendé pour le côté sombre et farouchement individualiste de ses écrits. Opposant de la première heure à Milošević, il avait dû fuir Belgrade après avoir prédit l’apocalypse dans laquelle allaient plonger les peuples de Yougoslavie et s’était installé à Rovinj, en Croatie.
Mirko Kovač a obtenu la plupart des grands prix littéraires en Yougoslavie et dans les pays issus de son éclatement. Il est également titulaire de plusieurs distinctions internationales, dont le prix Tucholsky du PEN-Club de Suède (1993) et le prestigieux prix Herder (1995), au palmarès duquel il figure au côté d’auteurs comme Milan Kundera ou Imre Kertész. Plusieurs de ses scénarios ont également été primés dans des festivals internationaux.
Ses écrits ont été traduits dans plus de vingt langues. Il avait été révélé en 1992 au public francophone par une longue et prophétique interview dans Libération. Les éditions M.E.O. sont fières d’avoir publié la traduction française de son dernier roman, « La Ville dans le Miroir », qu’il considérait comme son chef-d’œuvre, ainsi que, dans « Sublimisme poétique des Balkans, tome 1, poètes de Croatie » des extraits de l’ouvrage auquel il travaillait lors de son décès. Deux autres romans, « La vie de Malvina Trifković » et « Le corps transparent », avaient précédemment paru en français aux éditions Rivages.

Éditions M.E.O.
Avenue Jeanne 10 bte 5
B-1050 Bruxelles
Tel et fax: 32-2-648.04.10
http://www.meo-edition.eu
contact@meo-edition.eu

Alin Anseeuw, Le chagrin de Matisse, L’Ollave éditeur, 48 pages, 13 E.

Anseeuw

  • Alin Anseeuw, Le chagrin de Matisse, L’Ollave éditeur, 48 pages, 13 E.

Quand Alin Anseeuw a vu le « Chagrin du roi » de Matisse à sa porte il l’a laissé entré. Jamais peut-être ne fut-il si proche d’un tableau qui pourtant l’éloignait de lui-même. Le tableau n’était plus dehors mais dedans. Le tableau était chez celui qui se sentit soudain étranger à lui-même. Le roi devenait à coup de papiers colorés puis découpés par Matisse l’homme intérieur, celui qui traverse le poète et le fait parler. Non par identification ou transfert. Mais parce qu’à travers ce roi en souffrance le monde des images touche au fond de l’âme par effet de surface.

D’où ce texte fascinant, aussi rythmé que méditatif où l’image n’a d’autre référent que son intensité. Car si le sens des papiers collés peut être, par la diversité même de leur assemblage, réversible, le sens du tableau qu’ils composent devient solide. L’ensemble créé par recomposition est rempli mais libre. Sa langue devient par l’organisation de Matisse une énigme un jeu de vie et de mort, de pouvoir et de faiblesse.

Par ses agencements l’artiste a créé la peinture hors d’elle-même. Appliquée directement elle n’aurait été qu’un non-être ou aurait empêché le passage d’un sens particulier. Par la nature même de la création la conscience du roi se dépouille de sa royauté. Elle touche une forme de néant au milieu pourtant d’un scintillement de signes.

Une telle technique permet de privilégier un regard différent sur toute l’histoire de la peinture et de la représentation. En ce sens Matisse n’allait-il pas plus loin qu’un Malevitch ? Ce dernier traita la non peinture par son absence, le vide par le désert. C’était là d’une certaine manière une commodité de la conversion picturale.

Chez Matisse il existe à la fois la mort d’une certaine peinture mais sans la perte de la distance avec ce qu’elle est. C’est bien là tout le miracle de la « re-présentation » dans sa prise de distance avec la représentation au devers d’une simple disparition ou d’un effacement.

D’où ce saut ardent à l’intérieur de la peinture. Le roi est (presque) mort et nu mais en même temps il sort de son rôle. Matisse laisse surgir l’homme intérieur né d’autres lambeaux que ceux que la royale engeance revêt. Ceux de Matisse leur donnent une intensité relative qui devient absolue dans le royaume de la peinture.

Avec Matisse – et Alin Anseeuw l’a compris – il n’y a plus de place pour la maladie de la mort par le « moteur figuratif » que l’artiste a enclenché. Dès lors la souffrance du roi n’est que l’outrecuidance de son orgueil. Et celle du peintre est la diagonale du fou contre l’ordre temporel. Par cette entrée secrète des papiers découpés, donc hors langage, la peinture fit retour en elle-même par ce qu’elle n’était pas. Elle devint à son corps défendant parfaite et par son illumination : génialement obscure mais loin de tout néant.

©Jean-Paul Gavard-Perret