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Denis Grozdanovitch

La secrète mélancolie des marionnettes – Denis Grozdanovitch –  Éditions de l’ Olivier

Denis Grozdanovitch nous offre son premier roman dédié à Éric Rohmer, après avoir jugulé ses doutes, ses craintes. Ne va-t-il pas en « ajouter un de plus à la somme incommensurable »d’ouvrages publiés? Encouragé par son amie libraire Elvire avec qui, chaque semaine, il décortique l’actualité littéraire, il revisite la définition du roman. L’auteur, conscient que l’engouement du public est pour «du sensationnel, du cafardeux, du sexe pervers, de la violence et beaucoup de commisération» va puiser la trame dans ses carnets, dans ses lectures et se nourrir de ses rencontres lors de son séjour en résidence d’écrivains, près de Florence, tenue par la contessa Silvina «ancienne beauté réputée».

Fréquentant des aristocrates, des gens huppés, ayant sympathisé avec les voisins, côtoyant des touristes zombies, le narrateur poursuit son étude des travers de ses semblables et nous livre une belle galerie de portraits dont le sien. On assiste à sa reconversion de «robots lance-balles» à rat de bibliothèque, puis écrivain. Ce qui n’est pas sans intriguer Amalia (la mère du prince Ernesto) pour qui «le tennis est un art suprême et la littérature de l’énergie dépensée en pure perte».

Partageant avec Emilio la passion des échecs , il trouva un partenaire confirmé, développant la thèse  que «les jeux subliment l’essence des relations humaines».Il sera présenté à Roberto «le montreur de marionnettes, bateleur, conteur, à la merci de ces fantoches de tissu et de papier mâché» dont la philosophie est de vivre en marge de la société, en toute quiétude, «dans le ciel de l’imagination». Grâce à ses pupazzi «éternellement jeunes, enthousiastes», il se trouve plongé «dans la féerie intemporelle, la folie rocambolesque» Le lecteur privilégié assistera au spectacle concocté par Roberto , point d’orgue du roman, sans craindre chauves-souris, araignées. Ce serait volontiers qu’il se joindrait à la troupe euphorique pour trinquer «à la comédie du monde, à la secrète mélancolie des marionnettes ,à la santé des fantoches, à la merveille mécanique des pantins, à leur intemporalité à notre grandeur dérisoire, enfin à l’amour », ravi de ce divertissement.

Le narrateur aura-t-il appris à «ne plus considérer les choses trop sérieusement ,à plaisanter dans l’adversité et l’art de rire de ses propres déconvenues»?

L’auteur laisse ici entrevoir son talent de dramaturge qui vient s’ ajouter à son glorieux passé sportif.

En filigrane il ne se prive pas d’étriller la politique du moment et brosse un portrait de l’Italie peu complaisant: «une nation de lourds secrets de familles, de sociétés mafieuses, du crime organisé, de luttes de pouvoirs».Il fustige ces nantis qui participent à la défiguration des campagnes, du littoral.

Avec le père Antonin, il commente ces instants de communion , cet envoûtement ressenti dans cette église. Ces deux êtres intermittents pour qui «la conversation devait demeurer un jeu de raquettes et de bondissantes paroles souples» prennent plaisir à deviser sur la religion, la foi, leur scepticisme, la mort. Avec Stella ils tentent d’échapper «à la peste consumériste et cultivent la graine spirituelle» déplorant que les gens ne sachent plus regarder ce qui les entoure et apprécier la beauté des lieux et édifices .Le pittoresque de Florence, la lumière, les collines de la verdoyante toscane, le paysage paradisiaque de «cette île errant dans l’abîme bleu du ciel, les reflets aquatiques de l’Arno» l’auteur sait les mettre en valeur et capter des détails en les photographiant, instantanés mnémographiques  «La beauté, avait murmuré son professeur c’est peut-être/la faculté qu’ont les choses d’être là!», nous confie Denis Grozdanovitch dans son recueil poétique.

La littérature fut l’occasion d’un jeu où chaque pensionnaire exposa sa relation à la lecture et l’écriture. Le narrateur confie écrire dans le but de «s’insérer dans la chaîne des générations, de recueillir ce qui mérite d’être sauvé et de transmettre»,ressuscitant Anne de Noailles, tombée dans l’oubli: « j’ai soulevé entre mes mains/une amphore de poésie/et je l’ai portée à vos lèvres».

L’entreprise romanesque débutée par le narrateur sur le plan littéraire dévia avec les retrouvailles inespérées d’Anna-Livia, cette belle cinéphile rencontrée vingt ans auparavant dans un cinéma parisien. Il emprunte à Ritsos sa poésie pour sublimer cette parenthèse «dans les courants de la volupté » et s’interroge sur les arcanes de la création poétique. Anna orchestrera leurs adieux de façon théâtrale. N’est-ce pas une façon de rappeler que pour Shakespeare «Le monde était une scène où chacun était un acteur»? , métaphore que file l’auteur en allégeant que «nous sommes sans doute une hallucination de la grande manipulatrice universelle, la déesse Kali».

Les amoureux des chats et des chiens seront comblés puisqu’ils traversent le récit. Pour Denis, le chien fut «un Mercure envoyé par les dieux farceurs du destin» qui le conduisit dans les bras d’Anna. Pour le libraire florentin «Les chats sont nos maîtres discrets dans l’art d’apprivoiser le temps et nous devrions apprendre d’eux comment économiser notre énergie».

Les amoureux de l’Italie succomberont aux charmes des villes de Florence, Sienne , Venise.

Les aficionados de Denis Grozdanovitch retrouveront l’auteur «inclassable mais indispensable» du Petit traité de désinvolture, des Merveilles oubliées du Littré, le roger-bontemps; la veine poétique de La Faculté des choses et sa propension aux citations:Pessoa «dormons comme une barque abandonnée», Montale «son apparition solaire faisait fondre le gel du cœur»,Tchekhov,

Tennessee Williams, Saba «Ce qu’il n’a pas connu du temps ni de l’espace/L’art le peignit pour lui de plus belles couleurs/Et le chant lui donna plus de douceur encore

Ils retrouveront L’ art de prendre la balle au bond quand le narrateur, double de l’auteur se montre «déterminé à saisir» celle que lui lance Anna ou dans le réflexe de s’ emparer d’ un livre «à la manière dont d’anticiper un passing sur un court de tennis»

Ce roman se lit comme une succession de scènes ( départ épique, Vesoul, réceptions, partie de tennis, d’échecs, flâneries dans les librairies, excusions sur une île).L’ auteur marie dans un bel  équilibre: dialogues, conversation inspirée ou amoureuse et descriptions détaillées; mouvements et pauses méditatives lénifiantes; conjuguant mélancolie et humour. Le style érudit, digressif peut dérouter par la longueur des phrases, le vocabulaire châtié, mais il ne doit pas faire obstacle. Mieux vaut faire son miel de ce récit dense, enrichissant, truffé de références littéraires ( Ortese, Buzzatti) et partager cette joie contemplative . La vraie littérature n’est-elle pas «celle qui permet de contempler le monde à distance, comme un spectacle, de se sentir partie prenante, en empathie et dégagé»?ou «une façon de vivre intensément, de rehausser le niveau banal de la vie, de l’enrichir de commentaires qui l’enluminent dans les marges comme un vieux livres d’heures»?

Ce livre peut être considéré comme  un plaidoyer pour la survie de la lecture et de la littérature.

Nadine Doyen

Eric Dejaeger

NON
AU LITTÉRAIREMENT CORRECT !

Irréflexions (2005-2010)  entrecoupées de listes potachères et d’un jeu.
Avant-propos d’André Stas.
Collages d’Émilie Alenda et photo de Sofia Bourdon.

Extrait de l’avant-propos :

« Allons au but : ce glorieux Fomenteur se nomme Éric Dejaeger et ce n’est pas son coup d’essai dans la Provoc’. Il a, pour l’heure, fermement décidé d’opposer un NIET catégorique au « littérairement correct » et il a l’intention de publier ces putains de listes au sein de son nouveau recueil d’aphorismes déjantés. Conseil d’ami : – Tu ferais bien de faire figurer sur ta couverture, comme sur les paquets de clopes, un avis dissuasif. Du genre « Attention ! Lire peut nuire gravement à la santé mentale », sinon je te prédirais encore bien de sérieux ennuis… »
André Stas, R.

Éditions Gros Textes
http://grostextes.over-blog.com/
62 pages
8 € + 2 € de port

Traversées a reçu…

Les recueils de poésie suivants :

  • BASTOGNE, Marianne. Bouddha est parmi nous. L’Arbre à paroles, collection Poésie ouverte sur le monde, Amay, 2011, 104 p.
  • BATUMIKE, Cikuru. Lueurs enrhumées. Les poètes français, Paris, 2010, 38 p.
    • Votre poésie est de ce genre de poésie qu’il faut lire à voisx haute pour en apprécier, mieux encore, le rythme vigoureux ; une poésie à faire entendre sur le forum car elle invective, elle dénonce, elle fustige. Vous illustrez cette deuxième fonction du poète qui consiste à veiller aux créneaux, à bousculer les bonnes consciences autrement qu’au journal de 20 heures. J’apprécie !

Vital Heurtebize

  • CHASSEFIERE, Eric. Se rappeler pour être. Rafael de Surtis, collection « Pour une Terre interdite », 2010. 80 p.
  • FILOSA, André. Plus grand que la vie. Clapàs, coll. Franche Lippée, 2010, 2 X 8 p.
  • GABET, Michel. Rêves ininterrompus. Clapàs, coll. Franche Lippée, 2010, 2 X 8 p.
  • LECLERC, Max-Firmin. Le Cap des Trente. Editions Plénitude, Villefloure, 2011, 72 p.
    • Le Cap des Trente, œuvre en sommeil depuis plus d’un demi-siècle, est enfin disponible pour les amateurs de belles lettres, de vers libres et aériens. Ce recueil a reçu le Prix de Poésie Enguerrand Homps, en 1954.
  • LICHTENSTEIN, Alfred. Les signes et autres poèmes, choisis, traduits de l’allemand et présentés par Jacques DEMAUDE. Avec un bois gravé de Godelieve SIMONS. Orbes, 2010, 63 p.
  • NOEL, Serge. La passe magique. L’Arbre à paroles, collection Poésie ouverte sur le monde, 2011, 160 p.
    • Serge Noël s’est éveillé à la poésie à l’âge de 14 ans. Il était amoureux comme on peut l’être à cet âge-là, et il a entendu à la radio une chanson de Jean Ferrat : « Aimer à perdre la raison », sur un poème de Louis Aragon.

Avec la Passe magique, c’est une étape de plus dans la double quête amoureuse et poétique qu’il mène depuis lors, où l’on parle d’espoir amoureux plutôt que d’amour, s’agissant d’une improbable rencontre avec un homme lointain, et de tous les doutes, toutes les rêveries que cela suppose.

Long poème de méditation, de songeries, d’éblouissements, d’écritures métisses, la Passe magique propose un voyage à travers l’Europe et le Maroc, où le désir et l’espoir le disputent pied à pied à la solitude et au repli sur soi.

Les recueils suivants :

  • DEMAUDE, Jacques, par Eric BROGNIET. Dossiers L, 1er fascicule du n°56, Service du Livre Luxembourgeois, 2000, 32 p.
  • Hommage à Jacques DEMAUDE. Revue du Grenier Jane Tony, Les Elytres du Hanneton, n° 235, 2002, 72 p.
  • HAMEL, Pierre. Promenades poétiques dans l’œuvre de Pierre Benoit.Le dormeur du val, Yvelineédition, Montigny le Bretonneux, 2009,280 p.
    • Les romans de Pierre Benoit se sont arrachés à plus de douze millions d’exemplaires. Si les ventes de ses recueils de poèmes furent squelettiques, la poésie ne fut pas, pour lui, qu’une amourette. Plus que la vénus alliciante, la femme qui subjugue notre épicurien mélancolique, c’est l’amazone à la passion médusante. Le père d’Antinéa nous rappelle alors que, sans amour, l’homme n’est rien. Quel est le secret de ces Poèmes qu’on ne peut enfermer dans un tiroir à styles, à l’enchanterie capiteuse, et qui battent au rythme régulier du balancier d’une vieille horloge de campagne ? Pierre Benoit savait voir et il a vu. Voyageur de l’imaginaire, il a vécu et a quitté ce monde en poète. Sa voix a sonné juste, son verbe a dit vrai. Chez lui, l’avoir jamais n’a dévoré l’être. Il na pas confondu bonheur et plaisir. Il ne tenta pas de paraître ; il fût. Certains de ses vers peuvent, par une certaine désespérance qui ne sombre pas dans un pessimisme exaspéré, nous réconforter fraternellement aux heures mauvaises. Son style reste toujours limpide comme un ruisseau landais ; ses vers fluent, tel un gave pyrénéen, et nous taraudent le cœur. Par sa virtuosité pour des voluptés auditives, il reste un des mélodistes les mieux sonnants de son époque. Ses Poèmes, joliment martelés, ne laissent pas que d’être eurythmiques. Ils ont fortement contribué à fonder la lyre néo-classique et ils constituent une œuvre nonpareille parmi les tentatives de rajeunissement de l’art régulier au XXe siècle. Ce romantique, qui est mort d’amour, a su se faire aimer.
  • HAZA, Claude. Distance intérieure. Editions de l’Atlantique, 2011, 85p.
    • La phrase de Léon-Paul Fargue que Claude Haza place en exergue de son nouveau recueil Distance intérieure reflète bien la tonalité générale de l’œuvre : « (…) Il s’agit de devenir silencieux pour que le silence nous livre ses mélodies, douleur pour que les douleurs se glissent jusqu’à nous, attente pour que l’attente fasse enfin jouer ses ressorts (…) ».

Il faut écouter les textes de Claude Haza pour entendre la petite voix de l’intérieur à laquelle ils nous conduisent sans détour. Chuchotements de l’indicible. Nuit, murmures, mémoires, résonances…

Silvaine Arabo

  • KEREL, Sébastien. Une maison à l’Ouest d’à peu près tout. Riveneuve, coll. Arpents ; 2010, 176 p.
    • Passages de gares en gares, défilés d’images zébrées derrière les vitres d’un train, voyage, voyage, encore voyage, ce livre de Sébastien Kérel semble a priori une sorte d’échappée dont on ne peut vraiment saisir le point de départ ni le point d’arrivée, seulement le sens, d’est en ouest. Pourtant, première découverte à l’ouest (de… ?), il y a ce bureau parisien, siège central de l’ennui quotidien, ce lieu où naissent tous les désirs d’ailleurs, fuir les ombres, repartir. Où ? N’importe, on y va : la Bretagne, le Golfe du Morbihan, et puis Tanger, le Maroc, et puis à nouveau la Bretagne, Belle-Île, mais il faut aller plus loin, le Chili, jusqu’aux derniers mots d’une éternelle évasion, celle des « pêcheurs en cirés » qui « comme les crabes ne savent pas où finit le monde ».

Notes éparpillées, poésies, correspondances, le chemin ne s’arrête jamais. La fin du livre n’est pas une fin, peut-être même le commencement. Roman ? Poème ? Ni l’un ni l’autre, ou un peu des deux. Carnet de bord, oui, en toutes formes, bouts de prose et de vers. Sébastien Kérel est bien un Arpenteur, un de ceux qu’on a envie de suivre, non pas pour découvrir les étapes du voyage, mais pour les fondre dans une sorte de confort crépusculaire, la douce lueur de l’Ouest, si peu près de tout.

François-Pierre Nizery

  • MAISONNIER, Serge. Zeus vs Dieu. Aphorismes. Gros textes, Châteauroux les Alpes, 2011, 88p.

Le grand malentendu entre la tradition juive et le logos grec c’est le christianisme.

Le matérialisme est peut-être sans âme mais a beaucoup d’esprit.

L’amitié est sans doute née du troc, du commerce entre les hommes. L’amitié d’abord, puis la guerre ensuite.

Dans sa troisième méditation Descartes conclut avoir très évidemment démontré l’existence de Dieu. Et c’est lui qui dans sa préface taxe les athées d’arrogants.

Avec Marx, Nietzsche et Feud la modernité aussi a eu ses tyrans de l’esprit

La Renaissance, du christianisme contaminé par l’art. Le Romantisme, de l’art contaminé par le christianisme.

L’aphorisme a au moins deux atouts. Le premier, et pas le moindre, est de ne pas lasser par de trop longs développements, et le second, d’obliger le lecteur, frustré par la concision, à penser par lui-même.

  • SANS, Gisèle. Personne ne dira le dernier mot. Editions de l’Atlantique, 2011, 46 p.
    • Si personne ne dira le dernier mot, toujours la poésie éclairera l’espace et le temps. La fonction du poète étant de pénétrer le sens caché du réel, la poésie est d’abord mode de vie, et de vie intégrale, comme l’a si bien dit et démontré Saint-John Perse.

Tous les poèmes de Gisèle Sans sont précieux qui rappellent à l’homme le besoin d’être, en tous lieux et à tout instant cependant que, comme elle l’écrit dans un poème de ce recueil, « le passé s’engouffre dans le présent illuminé ».

Yves Broussard

  • THOMASSETTIE, Monique. Moments d’une Psyché. 70 dessins, pastels, lavis ou tableaux en noir/blanc. M.E.O., 2011, 85 p.
    • C’est du beau travail. Du cousu main. Du cousu cœur.

Stéphane Rey

Ma peinture et mon écriture sont des formes différentes d’une même aspiration, d’une même tension, d’un même désir de découvrir, de recréer ou de créer un sens, une harmonie…

Les revues suivantes :

  • Arpo n° 70, hiver 2011, 24 p.A5

Bulletin de liaison de l’association

Centre culturel JB Calvignac, 24, av. Bouloc Torcatis à F-81400 Carmaux

contact@arpo-poesie.org

(Jean-Lucien AGUIE)

  • Axolotl n° 57, novembre 2010, 20p. A4

Revue littéraire et trimestrielle indépendante

Avenue Edouard-Rod, 15 à CH-1007 LAUSANNE

(Jean GRIN)

  • La braise et l’étincelle n° 92, 15 mars 2011, 24 p.A4

Journal bimestriel indépendant au service de la francophonie (arts – lettres – poésie – échos) –

En invité : Marius SCALESI, poète italien…

7/2 rés. Marceau-Normandie, 43, avenue Marceau à F-92400 COURBEVOIE – yvesfred.boisset@papus.info

(Annie et Yves-Fred BOISSET)

  • Le Gletton n° 412-413, janvier-février 2011, 58 p. 16X24

Mensuel de la Gaume et d’autres collines

Bleu… des énergies vertes

28, rue Saint-Martin à B-Villers-sur-Semois

(Michel DEMOULIN)

  • Les hommes sans épaules n° 29, 1er semestre 2010

Cahiers littéraires – Numéro spécial, 306 p.

Henri Rode, l’émotivisme à la bouche d’orties

Librairie-Galerie Racine, 23, rue Racine à F-75006 PARIS

lgr@wanadoo.fr

(Christophe DAUPHIN)

  • Inédit nouveau n° 249, mars-avril 2011, 32 p.A4

Mensuel littéraire des Editions du Groupe de réflexion et d’information littéraire (GRIL) ne publiant que de l’inédit

avenue du Chant d’Oiseaux, 11 à B-1310 LA HULPE

0032 (0) 2 652 11 90

  • Interventions à Haute Voix n° 47, 1er trimestre 2011, 96 p.

L’infini.

M.J.C. de la Vallée – Maison pour Tous

47, rue de Stalingrad à F-92370 CHAVILLE

mjc_chav@club-internet.fr

(Gérard FAUCHEUX)

  • Libelle n° 219 et 220, janvier et février 2011, 6p. A5

Mensuel de poésie

116, rue Pelleport à F-75020 PARIS

(Michel PRADES)

pradesmi@wanadoo.fr

  • Microbe n° 63, janvier-février 2011, 24 p.A6

& Easy writer de Roger LAHU, 24 p. A6

Launoy, 4 à B-6230 PONT-A-CELLES

ericdejaeger@yahoo.fr

(Eric DEJAEGER)

  • Plumes et pinceaux – Arts et poésie n° 113, mars 2011, 40p. A5 ; B-7330 SAINT-GHISLAIN

(Nelly HOSTELAERT)

franz.nelly@skynet.be

  • Soleils & Cendre n° 97, janvier 2011, 36 p. A5

Bd des Mians, 99 à F-84260 SARRIANS

solicend@orange.fr

(Henri TRAMOY)

Charles Dantzig

La diva aux longs cils – Charles DantzigGrasset ( 362 pages – 20€ )
Ce florilège, au titre aguicheur , fut coordonné par Patrick Mc Guinness, poète et traducteur, professeur de littérature française et comparée à Oxford . Il débute par trois essais sur la poésie et des inédits . La poésie n’ est-elle pas cette déesse qui nous fait rêver?
Charles Dantzig nous révèle que sa fascination pour la poésie remonte à son enfance . Son talent fut détecté très tôt: «  Le génie était là. Le Nobel m’ espérait ». Il explique pourquoi il cessa,  avant de reprendre l’ écriture après l’ adolescence . Il adopte un ton plus confidentiel pour s’ adresser à ce cercle d’ initiés qu’ il nomme « les Persans »! Il développe sa conception de la poésie : « la combinaison d’ une forme étudiée et d’ une émotion communiquée ».Elle n’ est pas un « acné. Elle raisonne plutôt qu’ elle pressent ». « En poésie , tout est concentré .On doit adapter une posture parfois enfantine , parfois naïve » . Il en bannit les mots «  vagues et intimidants , quintessence , ineffable » ou recueil conférant une idée de vrac . Pour Charles Dantzig , la poésie est « un adolescent insolent et délicat qui a besoin d’ un grand salon et d’ air pur » . «  Elle ne sert à rien » , tout comme la lecture , au risque d’ en choquer quelques uns . Il souligne ce qu’ elle n’ est pas : «  de l’ athlétisme, du joujou, du divertissement, mais un  tiraillement entre son et  image , entre forme et émotion ». Il déplore qu’ en France elle soit reléguée « dans une boîte à bibelots » . Il reconnaît s’ être éloigné d’ « pur prosateur » dont  « le vice est de haïr la poésie ». Pour lui , « la réussite de la poésie consiste à créer ou à évoquer des images par un rythme ». Il insiste sur la «  conformation du poème à voir ». , accordant une attention particulière à  l’ esthétisme dans la présentation: calligrammes , dispositions obliques qui flattent l’ œil . Les deux pages de « Cirquerie »offre des vagues de fantaisie quant à la topographie ( en carré ,en escalier…)
La poésie qui supporte mal « les vêtements étriqués » exige une mise en page aérée .
Il souligne sa volonté de créer une unité , un sujet précis pour ses séries de poèmes .
Les avions sont un thème récurrent , en mémoire de  Clément Adler . L’ auteur s’ interroge sur leur utilité  . Il nous fait voyager  en Europe, transiter dans des aéroports : « lieux mornes , comme s’ils voulaient nous donner des remords » . Deux mots suffisent à dépeindre une île grecque : «  Beauté- Néant » .Il brosse avec ironie  un tableau de l’ Acropole , assaillie par des hordes de touristes , égrenant ses conseils aux guerriers grecs « gare gare/on vous mitraille », aux colonnes « cessez de danser »  , aux masques tragiques « fermez la bouche , aux nymphes « promenez vous dans les bois! »
On fait halte à Venise « qui tangue »; à Londres ;  à Rome . On visite à Oxford l’ Ashmolean et  le Pitt Rivers Museum , à Paris le Louvre . On longe la Seine « au col de vison »,admire « le circonflexe/Du Pont-Neuf qui prend un air de Marquet ».On assiste à une corrida à Nîmes, on décolle de la baie des anges, survolant « l’église russe reine de pique ». On dîne au bord du Bosphore . Toujours en mouvement , on vole vers New-York et voit se détacher « le gland du Chrysler building » . Les tours jumelles  inspirent à l’ auteur des paroles prémonitoires : « Quilles que quelques uns voudraient voir renversées », poème pourtant écrit avant 2001, précise l’ auteur .
La mort  « aux cuisses creuses » s’ invite en barque sur les « eaux du Léthé », escortée par un chanteur death metal, ou Achab le macchabée ; les allitérations s’ enchaînent : aïeul/glaïeul/deuil…
La lumière du soleil couchant  filtre : « vomissant de longs nuages lie de vin ».
Les nuages viennent titiller notre imaginaire : « Une trace de gomme sur papier Canson » , « craquelés comme une purée qui sèche, falaises de neige, Etretat du ciel , chantilly de vagues».
Dans le bestiaire , défilent la méduse « abat-jour 1900 de brocante », le poulpe qui se « prend pour une diva d’ Hollywood , les rossignols « employés par les vaches/ à sucrer leur ennui ».
Le corps déploie sa sensualité sur les plages , près des piscines , dans l’ océan « rassasié qui postillonne ses embruns ». Les corps s’ enchevêtrent , les mains se mêlent ,les doigts se peignent, les pieds se nouent dans : L’ union des corps . « Fugace le sexe agace ». L’ auteur douterait- il de la sincérité des sentiments pour conjuguer amours avec imparfait et  faire rimer «  cœur avec trompeur » ? , « ce cœur , un répondeur qui prend les messages » . On capte les yeux  « en filet de pêche, en harpon, coniques, fendus, de panda, les verts clins d’ œil des douleurs» . On succombe à l’ œil cerné « d’ un astrakan de cils ».Ceux de la diva sont empreints de tristesse . D’ autres «  couleur trottoir , brillaient, sous une taie de larmes, quand la hache de soleil écarta les corps » .
De multiples voix nous parviennent, dont celle de la poésie,  mécontente de son sort « bloquée dans ses élans, toisée, raillée , qui se venge à son tour, en toisant « leurs pensées-spasmes » .
A noter le poème dédié à Patrick McGuinness, celui qui initia le projet de cette anthologie   . Il  déroule une guirlande irlandaise truffée de références littéraires  et de quelques pastiches de vers célèbres : « Demain, dès l’ aube , à l’ heure où verdit l’Irlande,Heureux qui comme Ulysse… » .
Le vers final « Je sauterai dans l’ eau qui me rompra en deux » tisse le lien avec la thématique de l’ eau des Nageurs et confère son unité à cet ouvrage poétique , de fort tonnage, éclectique, servi par une langue  travaillée  méticuleusement , un vocabulaire recherché , une note allègre , drôle et un humour pétaradant. On croise un aréopage de noms: Genet, Marlowe, Joyce, Chénier, Mallarmé, Verlaine, Pollock. Sa  richesse magistrale  s’ impose d’emblée , l’ auteur ayant recours à  une pléthore d’images.
L’ auteur s’ interroge sur ce qu’ un écrivain lègue à la postérité, convaincu que « Rien ne s’ oublie et d’ abord pas le passé », ne serait- ce que pour alimenter « la grossiste à images 24heures sur 24 ».
Et l’ auteur de conclure par « Nous n’ en finissons pas de ne pas disparaître »! .
Comme lui , on peut remercier le professeur McGuinness pour ce choix savamment réalisé.
Charles Dantzig appartient à cette catégorie des poètes très accomplis qui « savent  communiquer des émotions . Tout est dans la feinte, comme en escrime » .Ses fervents lecteurs  le lisent avec délectation « pour danser avec lui » .

Nadine Doyen

Retard à l’impression…

Bonjour à vous,

Le n° 61 se fait attendre, bien indépendamment de ma volonté. La pièce défectueuse pour la relieuse doit arriver incessamment ; le numéro que nous attendons tous avec impatience sortira donc de presse avec du retard : aux dernières nouvelles, la parution en est prévue début mars 2011. 

Nous ferons tout pour respecter les délais une fois que cette « malencontreuse » panne sera réparée. Passer par un imprimeur privé coûterait environ 3000 € pour une seule parution, alors que nous ne payons rien pour ce qui sort à l’imprimerie provinciale (province du Luxembourg belge).

Je sais que ça ne nous arrange pas plus, mais nous ne sommes pas les seuls concernés. En effet, d’autres commandes – et pas des moindres – sont en attente.

Bonne semaine à vous,

Patrice BRENO
Revue Traversées
Directeur de publication