En achetant une lithographie originale de Jean-Pierre Otte
« Le génie n’est pas d’être inspiré mais d’inspirer les autres » Otte – 30X40 cm
Le N°99 de Traversées est entièrement consacré à Jean-Pierre Otte
Ce numéro peut être commandé via traversees@hotmail.com au prix unitaire de 15€.
Tirage de tête :
12 exemplaires numérotés accompagnés d’une lithographie originale de Jean-Pierre Otte
format 30X40cm
au prix exceptionnel de 150€ l’exemplaire
La vente des exemplaires de tête est au seul profit de la Revue Traversées pour qu’en ces temps mauvais la revue se poursuive dans des conditions confortables.
Les souscripteurs sont donc les bienvenus.
traversees@hotmail.com
+32 497. 44. 25.60
L’abonnement à trois numéros de la revue s’élève à 30€. Les frais de port sont offerts
Corps et âme, nouveau recueil de Guy Denis, illustré par Pierre-Alain Gillet, et édité par les éditions Traversées, va bientôt sortir de presse… Les illustrations de Pierre-Alain Gillet ont été reproduites par Dominique Linel La composition et la mise en pages est de Jacques Cornerotte, la finition avant envoi à l’imprimeur est de Robin Vandeloise Commande à traversees@hotmail.com 25€…
Barbara Auzou, Niala, L’Époque 2018, Les Mots Peints, Éditions Traversées, 2020, 133 pages, 20€
Une collaboration poétique entre un peintre et une poétesse
La revue Traversées dont le N°94 vient de paraître existe depuis près d’un quart de siècle. Ce petit miracle de persévérance a été rendu possible grâce à la générosité mais aussi la curiosité d’une petite équipe de bénévoles fidèles qu’anime et guide avec patience et savoir-faire Patrice Breno. En 2015, les Éditions Traversées voyaient le jour avec un premier ouvrage: Auteurs autour, de Paul Mathieu. Le catalogue comporte aujourd’hui près de onze titres. Les oeuvres et les auteurs sélectionnés témoignent de l’ouverture d’esprit chère à la revue mais aussi et surtout de la volonté de garantir une qualité littéraire, poétique et artistique à chaque parution. Ce qui guide le comité de lecture ne se résume pas en quelques directives rigoureuses, à quelques critères austères, à quelques règles qu’il ne faudrait franchir. L’équipe choisit avec son âme, autrement dit avec ce qui motive ses aspirations, sa passion pour l’écriture et les lectures. Un comité de lecture composé de simples êtres humains sujets aux coups de coeur comme aux erreurs mais qui défend des valeurs de sincérité et d’humilité.
Je fais partie de cette équipe de bénévoles qui gravitent autour de la revue Traversées mais mon rôle se limite surtout à gérer le site internet et la présence de la revue sur les réseaux sociaux. J’ai le plaisir de découvrir comme n’importe quel autre lecteur, les numéros de la revue toujours mieux fournis et les quelques ouvrages publiés par les Éditions Traversées.
Le présent ouvrage rassemble les qualités poétiques et humaines que je tentais ci-dessus d’exprimer puisqu’il s’agit d’une collaboration poétique entre un peintre Alain Denefle connu sous le nom d’artiste Niala et d’une poétesse et professeur de Lettres Modernes, Barbara Auzou.
Chaque tableau est un poème et chaque poème est un tableau. Ils échangent de semblables palettes de couleurs, de saveurs. Partagent un vocabulaire commun, né dans un jardin, une sorte d’espace où souvenirs et émotions se rejoignent, s’élucident ou se métamorphosent en visions, en sensations, en souvenirs. Une rencontre entre deux personnes, entre deux mondes de références distincts mais qui pourtant nous laisse présager de ce qui rassemble et non de ce qui sépare. Car il est vrai, les poèmes ne se limitent pas à être des récits ou des descriptions picturales. Barbara Auzou regarde au delà du cadre, du support. Elle ouvre des portes secrètes, des fenêtres. C’est elle qu’elle redécouvre en cherchant à lire les toiles, en suivant du regard le geste dont témoigne le trait appuyé, le contour d’une forme. Ce qui envahit le poème ce sont les espaces colorés, les ombres, les lumières, la femme et l’homme qui habitent les tableaux et voyagent d’un univers à une autre, d’une époque à une autre, d’un plan à un autre plan.
Le Soi trouvé au jardin-Acrylique sur toile-100X100cm- Niala L’époque 2018-Les Mots Peints
Les peintures de Niala semblent provenir de cet endroit commun qu’on nomme rêve, ce lieu où je pense que naissent les poèmes. La fantaisie du peintre me rappelle celle de Marc Chagall parce qu’on y découvre un monde féerique où les lois de la gravité n’existent guère mais où la nature répond aux couleurs, où l’amour élabore des jardins privilégiés.
L’univers de Niala semble fait d’oasis, l’homme, le poète, le peintre y invitent le lecteur en toute pudeur, ils y invitent la femme, l’équilibriste, l’étreinte d’un geste souple les retient, les rassure. L’animal, le végétal qu’ils soient arbre ou pétale occupent une place primordiale qu’il est possible d’habiter même et surtout en pensées. Chaque peinture est une invitation à entrer dans une cathédrale de couleurs, dans un cirque de lumière, dans un théâtre où se joue la vraie vie de l’artiste. On y pénètre avec un silence presque religieux.
Comme dans un kaléidoscope, les miroirs et les surfaces réfléchissantes ne font pas que reprendre à l’infini les mêmes motifs et nous renvoyer notre propre image, ils créent de nouvelles figures, de nouvelles formes, d’autres espaces, des lieux où la rigueur, la pesanteur n’existent plus. Mais les poèmes et les toiles ne sont pas que des songes individuels, ils restaurent ce qui trop souvent fait défaut: un lieu de rencontre, un espace respectueux, un jardin, un poème qui englobe d’autres poèmes comme le miel au sein d’une ruche.
Cette rencontre entre Barbara Auzou et Niala fait appel à notre faculté de rêver les mots, de fabriquer la vie.
À chaque tableau (acrylique sur contrecollé +/-80X60 cm) correspond un poème. Le livre propose sur une page le tableau avec son titre, son support et sa matière, ses dimensions en regard sur une autre page. Pour lire le tableau, il faut prendre le temps de le regarder. Pour avoir accès au poème, il faut tourner la page, se donner à lui.
Double Je
Niala Double je
Tu m’écris d’un temps sans âge à faire fuir l’effroi des journées, à forger des couleurs inventées à l’orange de nos visages.
Tu m’écris pour arracher à la fatigue de parler le mot nu qui manque au langage et qui reste à la palette inconsolé.
Tu m’écris contre les poussières éprises de peu qui s’agrègent comme des sentences au poumon en feu.
Et moi je peins et crie à la porte fermée des hommes et à la fleur de coton pendue à la fenêtre qui avorte de son jour.
Je peins et crie à tromper la nuit économe pour lui faire croire au matin, pour mordre les douleurs sur les lits du passé et faire renaître l’enfant lointain.
Je peins et crie contre l’injure du banal à en découdre sans fin au miroir du double je.
S’il y a un vide c’est qu’il est ardent écris-tu. Et c’est au pinceau d’un ciel qui s’était perdu que nous accrochons des printemps comme autant de ventres lavés de larmes.
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Patrice BRENO Revue Traversées Prix Godefroid Culture 2015 – Province de Luxembourg – Libramont (Belgique) Prix Cassiopée 2015 – Cénacle européen – Paris
Prix de la Presse Poétique 2012 – Union des Poètes Francophones – Paris