La poésie pour étendard, Anthologie de la poésie humaniste, tome 12

 

  • La poésie pour étendard, Anthologie de la poésie humaniste, tome 12 ; 98 pages ; Les Amis de Thalie, La Valade à F-87520 VEYRAC.

Originellement, La poésie pour étendard fut conçue comme un ouvrage de poésie citoyenne. Mais les poèmes de vie plus personnels n’y manquent pas. Même, il advient, comme dans le tome 12, qu’ils soient largement majoritaires.

Parmi la petite quarantaine des écrivains qui ont participé à ce tome s’apprécient plus particulièrement

  • Christian Hartweg qui restitue merveilleusement l’un de ces moments où, comme si le temps s’abolissait, nous percevons sur les lieux où ils vécurent, des disparus et leur quotidien,

  • Adrien Cannamela, exaspéré que l’ONU barguignât tant à voler au secours du peuple lybien,

  • Josette Frigiotti dont la poésie est allègre communion avec la nature et philosophie de vie,

  • Danielle Drab et Pascale Gruet qui mettent en évidence des aspects cauchemardesques de notre société,

  • Rayad Haïchour qui souligne combien l’étendue de nos choix de vie demeure relative,

  • Alfred Herman qui s’oppose à la peine de mort, encore en vigueur dans trop de pays et d’états, parce qu’elle tue souvent des innocents,

  • et Jules Masson Mourey qui évoque l’adieu plein de nostalgie d’un Vagabond.

Üzeyir Lokman çayci dont on regrette de ne plus voir les splendides encres de Chine en revue, Chantal Cros, Lena Rodrigues, Isa et Christian Boeswillwald par une photographie reproduite en quadrichromie qui est forte mais qui intrigue, enchantent quant à eux le regard de leurs œuvres.

◊Béatrice GAUDY

Yvette Vasseur, Ecrit de mon grenier

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  • Yvette Vasseur, Ecrit de mon grenier, Nouvelles, avec en couverture une très belle peinture de l’auteure ; 74p. ; 6,30€ ; La Plume éditions, 235, allée Antoine Millan, Bâtiment C à F-01600 TREVOUX.

Une fillette, se sauvant des Nazis, partage en partie la vie des loups ; un enfant sorti de l’autisme par le savoir d’un chaman mongol ; les jeux de cartes qui contribuent à des rapports harmonieux au sein des familles, et, par le bien mental que font ces parties, à renforcer la combativité de l’organisme lorsqu’il est attaqué par un cancer ; un enfant cancéreux qu’il faut aider à mourir, c’est-à-dire à vivre jusqu’à sa mort ; une maison qui, par les rêves qu’elle communique à sa nouvelle propriétaire, parle de la souffrance, qu’il faut apaiser, de ses précédents occupants ; une jeune femme qui disparaît dans un convoyage de voitures douteux ; le lien presque tangible avec un être que constitue un livre dédicacé ; quelques objets portés par la mer comme réconfortants messages de l’au-delà envoyés par un ami regretté ; des corps humains, par la technique de la plastination, transformés en statues dans un musée ; les erreurs de notre société actuelle et leurs conséquences terribles analysées, dans l’avenir, par la civilisation d’Omega…

Les récits d’Yvette Vasseur paraissent souvent effleurer le fantastique. Il s’avère pourtant que ce fantastique est souvent bien part du réel. Ainsi, le récit L’enfant cheval – l’enfant autiste – est un condensé d’un… témoignage ! Yvette Vasseur est simplement de ces écrivains qui ne s’arrêtent pas à la part la plus explicable du monde, mais qui explore aussi celle qui est mystérieuse, hors de portée de la science actuelle.

Une grande sensibilité et une attention à ce qui, dans l’existence, est essentiel, a déterminé l’écriture des récits de Ecrit dans mon grenier. Le lecteur ne peut qu’être touché de ce qu’ils portent tout à la fois de douleur et de réconfortant espoir. L’originalité et la diversité des thèmes ajoutent un surcroît de plaisir.

Enfin, la sensibilité d’Yvette Vasseur se concrétisant très fréquemment en solidarité avec les malades et tous ceux qui souffrent dans notre société, les bénéfices faits sur cet ouvrage sont reversés à la Ligue contre le Cancer. Se le procurant, le lecteur ne se fait donc pas que plaisir. Il participe aussi à une action généreuse.

◊Béatrice Gaudy

Revue – La Braise et l’Etincelle, n°100.

Avec une couverture superbe grâce au talent artistique de Nicolas de Haller, La Braise et l’Etincelle fête son centième numéro ! En un poème, Yves-Fred Boisset rappelle le sens du nom et de la devise de son journal – « Posons sur notre temps des yeux d’éternité », qu’il explique aussi de façon plus concise : « La Braise, c’est le passé qui couve sous la cendre et nous est mémoire et leçon. L’Etincelle, c’est l’avenir qui jaillit comme l’étincelle et nous est espérance. »

Comme à l’accoutumée, les articles abordent les sujets les plus divers : Emma Michel rappelle le centenaire de l’invention du cinématographe qui eut lieu à l’époque où le premier numéro de La Braise et l’Etincelle parut, début 1996 et, en ses Détours en France, arrive en Limousin, une région pleine de charme et de caractère dont elle détaille plus particulièrement la Creuse, se réservant de s’intéresser aux autres départements dans deux prochains numéros ; Jacky Ferjault, qui fort longtemps a présenté tous les grands récits et romans africains de langue française, poursuit ses Chroniques africaines en relatant son propre séjour au Bénin ; un film de lionnes attaquant un éléphant reçu sur Internet par le talentueux poète Louis Delorme lui inspire des réflexions sur la solidarité humaine, ou plus souvent son absence ; Marie-Claire Calmus présente l’ouvrage La rue des précaires de Jean-Pierre Martin en en exposant les convictions et analyses directrices.

Les textes de création ne sont pas moins appréciables ! Parmi ceux-ci, mentionnons la prose humoristique de François Fournet, par ailleurs poète au lyrisme profond et président de L’ouvre-boîte qui publie la revue du même nom et fait entendre de la poésie dans son émission de radio mensuelle L’onde poétique qu’il tient avec Yves-Fred Boisset ; de Giovanni Teresi dont Yves-Fred Boisset a naguère préfacé un recueil, de Dominique Simonet qui rend hommage à Jacques Brel, poète-compositeur-interprète dont La Braise et l’Etincelle a souvent salué la mémoire, en lui consacrant même deux numéros ; et une nouvelle très inattendue de Gérard Chatron dont le léger fantastique n’est pas sans receler quelque vérité – sans doute plus d’une femme a fait disparaître de son présent un homme accaparé par la télé ou par les jeux, notamment de ballon, et qui, de ce fait, avait cessé d’être avec elle, même si, heureusement, toutes ne se défont pas de leur compagnon d’une façon aussi terrible que la Pauvre Hélène de Gérard Chatron !.

De numéro en numéro, La Braise et l’Etincelle est toujours de ces nourritures intellectuelles qui stimulent la réflexion. Nous lui souhaitons la plus grande longévité !

La Braise et l’Etincelle, bimestriel, 24 pages de format A4 ; 4€ le n° ; 17€ l’abonnement annuel pour 6 n° ; Annie et Yves-Fred Boisset, 7/2 résidence Marceau-Normandie, 43, avenue Marceau à F-92400 Courbevoie.

◊Béatrice GAUDY