Traversées a reçu…

Les ouvrages suivants :

 
  • Les années minou, Jacques CANUT, 2011.
 
  • Au Baron Louis Napoléon Loëtita Charles de la Doucette et à ses  cinq cent trente-quatre gentilés, Nicolas GRENIER, Clapàs, Franche Lippée, 8p. ; 2011.
 
  • Augures, Claude GUIBBERT, Clapàs, Franche Lippée, 8p. ; 2011.
 
  • Clair de lune, Florence DEBAIX, nouvelles, Grimal, 55, rue des Vignoles à F-75020 Paris, 193p. ; 2011.
 
    • Ce recueil de nouvelles présente une série d’histoires courtes et colorées quelque peu douces-amères, comme une succession de tableaux, de tranches de vie générant de subtiles études de caractères. L’auteur nous emmène dans un voyage troublant où chacun de nous peut se retrouver, s’attardant avec grâce sur la psychologie des personnages.
A la fin de chaque nouvelle, le lecteur découvrira un court poème de forme libre. Une façon pour l’auteur de conclure chaque séquence par une touche poétique, voire onirique, un petit quelque chose de profond et d’essentiel qui trahit la sensibilité à fleur de peau de Florence Debaix.
 
  • Le colporteur – La malédiction d’avril, Axel GRAISELY, roman, Un autre regard / Prestance, 469p. ; 2011.
 
    • Après plusieurs années de recherches et d’écriture, l’auteur nous délivre un livre rare sur le thème de la sorcellerie en Provence, tout en alliant les superstitions, les traditions et les légendes, sans oublier l’imagination des êtres. Tout commence à Sillans-la-Cascae, puis Aups, Moustiers-Sainte-Marie, dans le décor des Gorges du Verdon, et particulièrement dans le cadre méconnu et fantastique du village de Châteauneuf-les-Moustiers, où des animaux meurent subitement… Pour quelles raisons ? Que se passe-t-il ?
 
  • De charge et de froid, Victor MARTINEZ, poèmes, L’Arbre à Paroles, 70p. ; 2011.
 
    • De charge et de froid interroge la dislocation, le nu, le froid et la mobilité insensée de la langue. Les attentats sont muets et laissent les apparences indemnes. L’eau brûle plus que le feu : cet ordre de réalité exalte une langue.
 
    • Extrait :
 
      • réintégrer le soleil, calquer la poussière, saler la poitrine, rendez l’air, rendez l’air et sautez la hache. eau atteinte à son indice faible stupéfie l’ange.
 
      • obstacle dilue la vue, incline la vision, rétrocède un droit, détimbre la paroi. paroi sans timbre fêle la partition, hors de l’eau frappe, délie la pierre, délivre la sonde.
 
  • Déliquescents délits, Francis CHENOT, aphorismes, L’Arbre à Paroles, 54p. ; 2011.
    • Attention ! chute d’aphorismes. Francis Chenot a le culot du fumeur de pipe, il nous assène doucement ses petites formules déliquescentes, des sentences définitivement provisoires. Il ouvre son sac à malices et trouve des « débiles sans manteaux », des « bavards adipeux ». ça grince à tous les étages, ses vérités vagabondent sur les chemins de la poésie, elles y rencontrent quelques surréalistes (belges de préférence), avec ce merveilleux clin d’œil à Achille Chavée, comme si le fantôme de la rue Ferrer à la Louvière hantait les rives mal famées de la Meuse. Francis Chenot nous offre ici ses « stères de silence » et quelques îlots de parole. L’aphorisme est ce petit caillou logé dans la chaussure de la grande Littérature.
 
    • Extraits :
 
      • A l’étal du boucher
c’est vraiment singulier
le phacochère
n’est pas trop cher
 
      • Désincarner la nostalgie
ne restent qu’un os à ronger
ou une noce à goût de sang
 
      • Au vers devin
préférer
un verre de vin
 
  • Diogène au potager, Louis DUBOST, Linogravures d’Anah MERLET, Préface de Lucien SUEL, Les Carnets du Dessert de Lune, collection Pleine Lune, 60p. ; 2011. dessertdelune@skynet.be
 
    • Que Louis Dubost s’y entende à parler de nature, voilà un fait avéré dans le nom même du poète. Qu’il se place sous le patronage de Diogène peut paraître plus insolite. Pourtant, à la recherche des légumes du potager, on trouvera aussi, comme le fameux philosophe, l’humanité dans son ensemble, et pas seulement l’homme ordinaire, celui qui possède une jarre de jardin, propriété non bâtie, destinée à l’arrosage quotidien. Ajoutons que Diogène et le jardinier Louis Dubost connaissent tous deux l’importance d’une bonne exposition au soleil. Dans le présent ouvrage, Abécédaire Métaphorique Appliqué au Potager,  en compagnie des insectes, abeilles ou doryphores, voletant au-dessus des plantes, de l’ail aux tomates, nous parcourons le jardin et le monde. Nous sortons de l’enclos en restant dans le clos. Tout est texte et prétexte pour un voyage dans l’histoire et la géographie, les sciences naturelles et la politique, la satire et l’information. Les légumes, fleurs, feuilles, fruits et condiments nous parlent de mythologie, littérature, écologie, gastronomie, cinéma, luttes sociales, drogue, religion et démocratie… Ainsi, le jardin d’un homme est homothétique de l’univers. Il contient l’univers. Il est l’univers. Quelques mots encore avant de parcourir le potager diogénétique. On trouvera, au détour des allées, deux purs poèmes, listes de solanées, pommes de terre et tomates de soleil. On notera aussi la parcelle importante réservée à la lettre c, aux cucurbitacées, citrouilles, concombres, cornichons et courgettes, dont les qualités particulières ne manqueront pas d’être appréciées par tous ceux qui cultivent un jardin dans les parages d’une centrale atomique. Bon appétit à tous.
Lucien SUEL
 
  • Encore un coup du radeau de la méduse, Bernard Le BLAVEC, Gros textes, 43p. ; 2010.
 
  • Le haut silence, Christophe MAHY, poèmes, L’Arbre à Paroles, 100p. ; 2011.
    • Parle-t-on de Haut Silence comme d’autres qualifient, avec Michel Leiris, le Haut Mal, l’obsession lancinante de la solitude, cet espace ineffable, mais tellement présent entre les rumeurs de la ville, le grouillement des écrans, la frénésie des publications ? Le poète se refuse à ressasser des phrases inutiles, il cherche dès lors le recueillement au-delà de quelques mots rares ou perdus. Il quitte l’agitation du monde pour des espaces blancs, des arpents invisibles, des steppes innommées. Il est en route vers ses « lointains intérieurs ».
C’est à ce voyage intime que nous convie Christophe Mahy, il nous parle ici de silence, de Haut Silence, c’est-à-dire de poésie.
Alain DANTINNE
    • Extrait :
      • J’habite le parvis des collines
où les nœuds clairs de la
rivière
déchirent l’ombre.
Dans la vallée en terrasses
je contemple les futaies
aux trousses du ciel noir.
 
  • La lande se découvre
au passage des bruines.
La patience du marcheur
éclaire les aplats de tourbe blonde
et l’incendie des bruyères
dessine un grand jardin d’oiseaux.
 
  • Lents bivouacs des nues, Pierre TREFOIS, poèmes, avec trois encres de l’auteur, L’Arbre à Paroles, 40p. ; 2011.
    • Pierre Tréfois réside habituellement dans le Brabant wallon, mais il aime aussi à vivre en Ardèche. Non pas la Montagne célébrée par Jean Ferrat, son Ardèche à lui sent déjà thym et lavande : on est en Provence sous les Lents bivouacs des nues, là où « s’élèvent les roches / cernées de ronces / à l’affût des murmures / et du dernier lais / de l’origine ». dernier lais et, non, dernier lai, Pierre Tréfois est de ceux qui y croient encore : « tu n’interprètes plus le monde / Tu veux le changer / A la force des coquelicots / Et des nuages sans-culotte ». Tréfois est bien ce « Scribe des ronces et des pierrailles / sourcier des nappes muettes / envahies de désir », dont parle Christian Hubin.
Francis CHENOT
 
    • Extraits :
 
      • Les fossiles veillent
sur l’entrée de la grotte.
Ils laissent toutefois
passer quelques rais de lumière
qui s’en vont, à pas de saurien,
taquiner
l’abécédaire des ténèbres.
 
      • La roche a tressailli.
Les insectes respirent à son chevet.
Ainsi s’aiguise la conscience
d’un temps incorporé
et de l’ombilic
de la matière.
 
  • La licorne de la forêt de Montrieux, Serge PASTOR, roman, Un autre regard / Prestance ; 2011. autreregardprestance@yahoo.fr
    • En 1845, Paul, instituteur à Méounes, un village provençal du Centre-Var, coule des jours heureux en compagnie de sa famille. Soudain, un évènement va bouleverser sa vie. Un dimanche, lors d’une sortie dans la forêt de Montrieux, il fait une chute accidentelle dans un aven… Alors qu’il ne peut sortir de son trou, Paul pense être condamné à y rester pour toujours. Mais aux premières lueurs de l’aube, surgissant au milieu des brumes matinales, une magnifique licorne blanche lui apparaît… Grâce à sa corne torsadée, elle l’aide à se hisser hors de l’aven. Sensible à la bonté et à la générosité de Paul envers les animaux et les humains, la créature fabuleuse va lui témoigner sa gratitude, en exauçant son souhait le plus cher. Une fois ce vœu réalisé, une nouvelle vie va commencer pour Paul… De quel vœu s’agit-il ? Dans quel univers ce souhait va-t-il propulser Paul et ses proches ? Quelles aventures extraordinaires connaîtra-t-il alors ? Dans ce roman, l’auteur transporte le lecteur au sein d’une Provence mythique et fantastique, à mi-chemin entre le réel et l’imaginaire.
    • La malédiction de l’abbé Choiron, Armel JOB, roman, Weyrich ; 2011.
      • Forgelez, en Ardenne, dans les années 1950. un village droit planté dans le terroir, avec ses traditions, son dialecte, ses puissants et ses faibles. Arrive Choiron, le nouveau curé qui, dans un instant de colère, laisse échapper une malédiction. Un jeune homme s’effondre, mort, dans la campagne. Comment ? Pourquoi ? Tout le monde s’interroge, à commencer par Choiron lui-même. Echappés à son milieu miséreux par la grâce du sacerdoce, promu intellectuel, professeur admiré, il a déjà appris à ses dépens qu’un prêtre reste néanmoins un pion entre les mains du haut clergé. Réduit à l’état de « curé crotté », le voilà aux prises avec le troupeau de Dieu, le vrai…
      • la malédiction de l’abbé Choiron est l’un des premiers romans d’Armel Job. Il reparaît ici augmenté de notes sur le parler wallon, d’une postface en dialogue avec Christian Libens et d’extraits du Bas clergé de Victor Enclin, écrivain et prêtre ardennais qui a inspiré quelques traits de l’abbé Choiron.
      • Armel JOB est l’auteur d’une quinzaine de romans qui lui ont acquis un public nombreux et fidèle en France et en Belgique. Ses romans ont été couronnés par de nombreux prix dont le prestigieux prix du jury Giono en 2005. Le Magazine littéraire l’a salué comme l’un des « auteurs de langue française les plus intéressants du moment ».
    • Paroles buissonnières, Jacques CANUT, Carnets confidentiels – 34, 2011.
    • Prométhée, Nuits et Chimères, Nicole HARDOUIN, Ed. de l’Atlantique, 2011.
      • Le titre intrigue, tout d’abord. La qualité du papier nacré attire, l’excellente préface de Michel Bénard enchante. Livre fort en mots : au premier coup d’œil, on détecte un condensé d’images émaillant une prose poétique de haut niveau. Itinéraire fantasmagorique au travers des nuits et de leurs chimères où se bousculent Eros et Thanatos, labyrinthes et sorcières, souffles et silences. On est pris à la gorge par des chapitres thématiques (Pesée des âmes, L’irrationnel bat ses cartes, Croisade des minéraux etc., pour n’en mentionner que quelques uns) qui ne disent leur nom qu’à la table des matières mais qui sont suggérés et introduits par des citations d’auteurs, tels Nietzche, Baudelaire ou Gide. Folie d’exister dans la tourmente d’un imaginaire à la fois débridé et structuré. Là où l’expérience onirique entraîne l’âme dans ses intimes débordements, dans les métamorphoses dépravées du cauchemar, (…) dans une nuit où brasillent les liturgies païennes, une nuit à tire-d’aile pour hibou égaré. Prométhée ? Hardouin en évoque le mythe, bien sûr. Figure tutélaire qui donne feu à ces respirations tout à la fois humaines et divines. Mais Prométhée est également le nom d’un chat tendrement choyé. Le sien : présence affective et rassurante d’un tu es ma confiante énigme. À l’endroit, à l’envers, l’auteur surfile la garance d’un itinéraire double. Prose intériorisée, parfois érudite. Le poète se réfère à Milosz, Villon, mais également à Luc Estang, Pierre Emmanuel ou Jean Markale qu’elle a personnellement connus. Prose libre dont les phrases sont sculptées au scalpel : Ouverts, les labyrinthes exhibent leurs dédales, Ariane rembobine ses fils de soie, suivies d’une chute, tel un clou sur une croix : Les dieux ont faim. On ne se lasse pas de découvrir ces transgressions à l’odeur de soufre, Soumis depuis longtemps à la loi de l’errance, les esprits nouent des alliances avec le charnel, ces soleils noirs éclairant un corps venimeux de beauté. À chaque page, Hardouin la volcanique, nous fait découvrir ses grelots de l’impatience, un monde où Bosch tient conclave sur le parvis giboyeux des chimères et cet échiquier renversé les cavaliers rient avec les fous dévoreurs de tours. Messe noire ? Non pas seulement. Au même titre qu’Amour et Mort se livrent et se délivrent en vibrantes batailles, à l’instar d’un Prométhée mythe et félin tout à la fois, on perçoit dans cette ode nocturne le laïc et le sacré s’entremêlant en juste intelligence.  Comme cohabitaient, au Moyen-Âge, gargouilles et saints, cours des miracles et chants grégoriens. Tantôt, l’auteur donne voix à St-Augustin, décrit  les moniales qui cheminent (…), nuques ployées (…) vers le mystère de la Transcendance. Tantôt, c’est la bure qui palpite ou l’encens prenant un goût de miel. Mais on est loin de patenôtres insipides, car les coules s’habillent de chair. Dévorante fusion. La nudité de l’âme mûrit aux feux de leur soif. Lire à voix basse ce bréviaire de la nuit. Cette imploration des prières que le silence patine. Ce langage d’eau pour esquifs en perdition. Le texte est un éclat rare, un monde qui émerge par la parole. C’était avant la première cicatrice. Que dire de plus haut ? De plus intense ? Recueil où les mots se déforment dans l’ossuaire du secret. Dans la poésie contemporaine, un livre en majuscules.
Claude LUEZIOR
·         Slumming on Park Avenue, Paul SANDA, Rafael de Surtis Editeur, Cordes sur Ciel ( Tarn), non paginé ; 14 €.
o   Sanda revient à deux de ses amours pour un double hommage. D’abord à New York « la seule ville tentaculaire où je pourrais accepter de vivre ». Ensuite au Jazz. Celui de Coltrane entre autres. Dont l’ombre plane toujours l’hiver sur Park Avenue où il se promenait engoncé dans un immense pardessus. Mais il y a aussi Miles Davis au Cotton Club et Woody Allen en « clarinettriste » pas loin de l’aiguille du Chrysler Building. Le poète nous emporte en 50 vignettes écrites en une nuit dans la ville à travers le Jazz et avec quelques amis : Arrabal bien sûr l’incontournable vagabond hérétique, Alain Marcadon, l’énigmatique Fabienne G. – comme le point – ou encore Alain-Pierre Pillet et Francis Meunier. Des amis mais aussi des allumés et – chacun à leur manière – des surréalistes décadents et dissidents. Il y a donc New York, le jazz, mais aussi ses peintres et ses rues. La 123ème Ouest, le Yankee Stadium, un thème indien de Roy Lichtenstein. Que demander de plus pour que « move the groove » et suive les sérénades à offrir à une femme nue dans une nuit réelle dans un hôtel pour musiciens pas loin de la plus grande cathédrale du monde près de Central Park. Reste alors dans les rues et le jazz la vapeur des mâchoires au milieu du détergeant froid d’un matin de janvier. Avec d’un côté du Daumal et de l’autre du « Grand Jeu », l’écriture de Sanda possède une étonnante force d’imprégnation et de déstabilisation des images. Il y a en elles comme dans certains souffles de Coltrane des formes bizarres. Elles existent pour sucer le vent. Celui qui agonise dans le délit des branches des bosquets nus près de l’Hudson River. Parlant de New York et du Jazz Sanda devient une sorte d’éponge naturelle Et par les trous que le poète crée dans la langue admise le jazz retrouve sa force de contestation. Ses riffs dérapent encore dans les mots de poètes afin de donner une inclination à l’assiette stable de ce que nous prenons pour notre individualité et notre perception. Les mots forgent ce que les nôtres sont incapables de marteler. Voici la création d’un univers sans fonds mais en métamorphose. Sa réalité ne peut se réduire à une vision classiquement surréaliste de la poésie ou à une vision nostalgique du jazz des années cinquante et soixante. En bon gnome du langage et d’un des buildings gothiques de Manhattan, Sanda réinvente une façon de revoir le métier de vivre plus que celui du dur désir de durer.
Jean-Paul GAVARD-PERRET
Publié dans la revue Incertain regard.
 
  • Terpsichore dans les catacombes, Odile COHEN-ABBAS, roman, Rafael de Surtis, 114p. ; 2011.
 
    • La richesse imaginative et la luxuriance verbale d’Odile Cohen-Abbas se retrouvent ici dans ce nouveau récit empreint de sorts et de paradoxes. La Terpsichore que le titre annonce n’est pas simplement la muse de la danse, jeune fille enjouée, lyre au bras et couronnée de guirlande mais elle visite ici des catacombes, évidemment symboliques. Sa singularité n’est pas d’être unique puisque c’est au pluriel que les puissances féminines poursuivent leurs œuvres initiatrices. Plus divinités que muses, telles des dieux lares féminisés, elles investissent les pans intimes de la réalité physique et psychique de l’humanité. Elles dirigent des rituels dont l’étrangeté découle pourtant de la plus pure nécessité : celle qui cuit et révèle, celle qui retourne et enfonce, dans l’abîme entr’ouvert du désir, le cuisant tison scarificateur de l’orgasme inversé. Rites de magie et sortilèges ignés, les mots, ici si riches, rares et parfois déroutants, prennent dans cette œuvre de haut-langage tout leur pouvoir de révélation comme grenades éclatées en grains profus de féminité jetés sur le monde. Aucune gratuité donc comme prétexteraient ceux qui par prude peur s’écarteraient de ce riche cérémonial, rien d’un délire savant non plus, ou onirique, rien d’une logorrhée hystérique, mais la plus impérieuse énonciation proposant un accomplissement intense par lequel le lecteur, utilement et vertigineusement happé, perd toute virginité tardive, et jouit, nu, de la seconde face des choses.
Jean-Claude VILLAIN
 
    • « Ce n’est plus en moi de courir aux vivants, ce n’est plus en moi de guérir de l’absence ! »
Le cri de Losti a la faculté de traverser l’espace et le temps.
De traverser le passé vierge de toutes les femmes depuis que le passé existe.
Losti, à qui on a dérobé son présent, sort de l’imaginaire d’une Terpsichore magique et réelle à la fois.
Dans un monde mystérieux et passionné, Odile Cohen-Abbas se renouvelle sans trêve et offre une chorégraphie infinie, écrite avec des épines sauvages.
Et il semble désormais impossible d’échapper à ses douces épines sauvages.
Najah KADI
 

Les revues suivantes :

 
 
  • L’aède n° 27, juin 2011, 52 p.A5
Bulletin à périodicité variable de l’Union des Poètes francophones
Spécial fraternité poétique France-Japon
Centre social et culturel, Mairie à F-84110 Puyméras
http://upfpoesie.blogspace.fr
(Chris BERNARD)
  • Les Amis de l’Ardenne n° 32, avril 2011, 112 p.
Bouffe toujours !
10, rue André Dhôtel à F-08130 St-Lambert-et-Mont-de-jeux
lesamisdelardenne@wanadoo.fr
(Frédéric CHEF)
    • S’il y a des sujets difficiles, la nourriture en est un… J’ai convoqué quelques auteurs dont je connais ou devine – au-delà de leur talent littéraire – le goût pour nos saveurs d’Ardenne et d’ailleurs out simplement pour cet art élémentaire du (bien) vivre et (bien) manger, sinon apprécier la nourriture en ce qu’elle a de nécessaire comme de symbolique, en ce qu’elle porte d’histoire et d’histoires à imaginer, en la place qu’elle prend ou qu’elle tient, dans la vie de tous les jours comme seulement certains jours. Les textes sont venus de Bretagne, comme de Belgique, de Reims, de Metz ou d’Ardenne pour constituer un numéro riche et varié…
Béatrice DEPARPE
  • Les Amis de Thalie n°68, 2ème trim. 2011, 95 p.A4
Revue littéraire et picturale
La Valade à F-87520 VEYRAC
lesamisdethalie@voila.fr – (Nathalie LESCOP-BOESWILLWALD)
  • L’Arbre à paroles n°151, printemps 2011, 98 p. 12X20
    • Pour une fois, nous fûmes unanimes : il convenait de rendre hommage à Georges Thinès. Et, combinant rigueur et esprit d’ouverture, André Doms a, tout naturellement, accepté de jouer le meneur de jeu. Avec la maestria dont il est coutumier. Encore fallait-il intituler cet hommage. Après réflexion, La science du poème nous a paru le meilleur titre – ou le moins mauvais – puisqu’il réconcilie l’écrivain (romancier, aussi conteur avec Le voyageur lacunaire) et l’éthologie. Une sorte de Janus, en quelque sorte. Encore que, chez Thinès, les deux visages ne s’opposent pas. Et puis, l’ami Georges est aussi musicien. Un Janus à trois faces ? Non, tout simplement un humaniste qui ne cesse d’interroger notre destinée en revisitant les vieux mythes des antiquités grecque et romaine. En particulier à travers sa poésie. Et, d’ailleurs, si l’on y regarde bien, Le désert d’alun n’est-il pas, lui aussi, un grand poème ?
Francis CHENOT
  • Art et poésie de Touraine n° 205, été 2011, 60 p.A4
Appt 907, 1, rue Raoul Dufy à F-Chambray Lès Tours
catpoesie.touraine@free.fr
(Catherine BANKHEAD)
  • Le coin de table n° 47, juillet 2011, 128 p. A5
La revue de la poésie
Le merle et l’encrier ; Jacques Charpentreau : Surréalisme fin de siècle ; Mathilde Martineau : Enluminures et ex-livris au temps d’Emile Blémont ; poèmes ; chroniques…
11 bis, rue Ballu à F-75009 Paris
http://www.lamaisondepoesie.fr
(Jacques CHARPENTREAU)
  • Debout les mots n° 42, 3ème trim. 2011, 6 p.A3
Périodique d’information trimestriel de la Maison du Livre
rue de Rome, 28 à B-1060 BRUXELLES
info@lamaisondulivre.be
  • L’écritoire de Bousserez n° 73, juin 2011, A4
91, rue de Bousserez à B-6769 SOMMETHONNE
Je me souviens…
(Irène JACQUES)
  • La gazette de la presse francophone n°148,
janvier-février 2011, 32p. A3
3, cité Bergère à F-75009 Paris
www.presse-francophone.org
(Georges GROS)
  • Le Gletton n°424-425, juillet-août 2011, 66 p. 16X24
Mensuel de la Gaume et d’autres collines
Chemin de traverse : Sainte-Marie-sur-Semois
28, rue Saint-Martin à B-Villers-sur-Semois
jp.soblet@gmail.com
(Michel DEMOULIN)
  • Les hommes sans épaules n° 31, 1er semestre 2011
Cahiers littéraires – 263 p.
Le poète de la révolution : Abou El Kacem Chebbi ; Le poème RRom : Ilarie Voronca ; Les porteurs de feu : Michel Butor, par Christophe Dauphin et Christian Bachelin, par Paul Farellier ; Hommage : Jules Supervielle, par François Montmaneix…
Librairie-Galerie Racine, 23, rue Racine à F-75006 PARIS
lgr@wanadoo.fr
(Christophe DAUPHIN)
  • Inédit nouveau n° 251, juillet-août 2011, 32 p.A4
Mensuel littéraire des Editions du Groupe de réflexion et d’information littéraire (GRIL) ne publiant que de l’inédit
avenue du Chant d’Oiseaux, 11 à B-1310 LA HULPE
0032 (0) 2 652 11 90
(Paul VAN MELLE)
  • Le journal des poètes n°1/2011, 1er trimestre 2011, 10 p. A3
Organe officiel de la Maison Internationale de la Poésie – Arthur Haulot
Chaussée de Wvre, 150 à B-1050 BRUXELLES
jl.wauthier@skynet.be
(Jean-Luc WAUTHIER)
  • Lecture et tradition (nouvelle série) n° 2, juin 2011, 36 p.A5 – Bulletin littéraire contrerévolutionnaire
Le crucifiement de saint Pierre, entretien avec Pascal Bernardin…
BP 1 à F-86190 CHIRE-EN-MONTREUIL
sadpf.chire@gmail.com
(Jean AUGUY)
  • Lecture et tradition (nouvelle série) n° 3-4, juillet-août 2011, 36 p.A5 – Bulletin littéraire contrerévolutionnaire
41èmes Journées Chouannes
BP 1 à F-86190 CHIRE-EN-MONTREUIL
sadpf.chire@gmail.com
(Jean AUGUY)
  • Lectures françaises n° 650, juin 2011, 64 p.A5 – Revue mensuelle de la politique française
L’affaire Strauss-Kahn : un épisode de la lutte à mort entre juifs et francs-maçons, par Pascal Bernardin ; Les néo-réactionnaires de l’audiovisuel », par Pierre Romain ; Centristes : le retour ? par Jacques De Kremer ; Le mondialisme en marche, par Claude Vignon…
  • Lectures françaises n° 651-652, juillet-août 2011, 64 p.A5 – Revue mensuelle de la politique française
En 1945, un scandale : la spoliation des usines de Louis Renault, par Michel Leblanc ; 1951-2011 : 60ème anniversaire de la mort du maréchal Pétain ; Quels intellectuels pour soutenir Nicolas Sarkosy, par Jacques De Kremer…
BP 1 à F-CHIRE-EN-MONTREUIL
sadpf.chire@gmail.com
(Jean AUGUY)
  • Libelle n° 224, juin 2011, et 225, juillet-août 2011, 6 p. A5
Mensuel de poésie
116, rue Pelleport à F-75020 PARIS
(Michel PRADES)
pradesmi@wanadoo.fr
  • Microbe n° 66, juillet-août 2011, 24 p.A6
& Après tout, je n’ai fait que regarder
de Virginie Holaind, 24 p. A6
Launoy, 4 à B-6230 PONT-A-CELLES
ericdejaeger@yahoo.fr
(Eric DEJAEGER)
  • Revue indépendante n° 330, 3ème trimestre 2011, 54 p. 15X24
Metz, un Centre Pompidou bis ? par Charlotte Saint-Vincent ; Le château de Médan par Isaline
Résidence B, 24, rue Saint-Fargeau à F-75020 PARIS
sje_ri@yahoo.fr
(Jeannine-Julienne BRAQUIER)

L’Atelier de la Dolce Vita

Cher public,
L’Atelier de la Dolce Vita vous emmène à la découverte de délicieux projets poétiques
et musicaux ce mois de septembre à travers: Le Syndrome du BBQ: Philippe Cloes
et une Rencontre autour de la pensée de Gurdjieff: les 5 sens ouverts sur la 4°voie.

2 stages gospel en septembre et novembre et 4 week-ends d’écriture
vous sont proposés d’ octobre à décembre.
Un week-end d’écriture dans la cadre de la Fureur de lire les 15 et 16 octobre:
Histoire de jalousie par Colette Nys-Mazure.
Un week-end d’écriture lié à l’expression corporelle et l’expression de l’Etre:
Les Lettres de l’Être ou quand le corps s’écrit… par Bernadette De Schacht
et un autre lié à L’imagination: Vers l’imaginaire par  Marie-Andrée Delhamende
auront lieu à la campagne. Expérience à ne pas manquer ces 26 et 27 novembre!
Un week-end d’écriture : Entre merveilleux et fantastique par Claudine Tondreau,
les 3 et 4 décembre.

Voir le programme détaillé en pdf […]

Résidence d’auteurs

8 écrivains en résidence d’auteurs au Château du Pont
d’Oye à Habay-la-Neuve, du 8 au 26 août 2011
 
La résidence d’auteurs fête son 5ème anniversaire !
Initié en 2007 par Marie-Anne Lorgé, Louis Goffin et Marie-Claire Clausse, ce projet rassemble chaque année au mois d’août, depuis 5 ans, une dizaine d’écrivains confirmés de la francophonie. Durant trois semaines, ils se retrouvent pour échanger et partager cultures, lectures, écritures entre eux et avec le public, tout en bénéficiant d’un cadre naturel et architectural que beaucoup peuvent leur envier.
 
 Cette année, une tunisienne, un québécois, une belgovietnamienne, deux françaises, trois belges, soit 6 femmes et 2 hommes ont été invités. Deux des écrivains, dramaturges, sont aussi metteurs en scène. Que de richesses peuvent émaner de ces rencontres entre artistes d’horizons, de nationalités et de cultures différentes !
2 activités sont d’ailleurs prévues en ce même lieu entre les
résidents et le public :
 
 _ Le mardi 16/8 à 20h : les auteurs en résidence liront
quelques-uns de leurs textes ;

 

_ Le dimanche 21/8 à 16h : le Centre de Rencontre Château
du Pont d’Oye propose une séance de mise en voix et en
espace avec les comédiens locaux du Théâtre Royal des
Forges.

 

L’entrée est libre, donc ouverte à tous. Venez-y nombreux !
crpo@chateaudupontdoye.be ou +32 (0) 63 42 01 30.
Voici une courte présentation de chacun des auteurs en
résidence  ici en PDF  […]
 
Patrice BRENO, Directeur de publication de la revue Traversées
patricebreno@hotmail.com

Traversées a reçu…

Les ouvrages suivants :

 

  • Aragon, Césaire, Guillevic et 21 invités du mercredi du poète, Jean-Paul GIRAUX, études et entretiens ; L’Arbre à Paroles, coll. Anthologies, 2011.
    • La plupart des études et des entretiens de cette anthologie ont déjà fait l’objet d’une publication dans des revues, Poésie/première notamment, mais aussi Concerto, Les cahiers de la rue Ventura, Le Jardin d’Essai, Littéréalité (Canada), Poésie sur Seine, Souffles, dont plusieurs auteurs ont malheureusement disparu. Ce sont le plus souvent des reprises de communications organisées en présence des poètes eux-mêmes et avec leur participation active (lectures – commentaires). Presque tous les auteurs ont pu témoigner de la pertinence des analyses proposées et certains, tels Jean Joubert et Lionel Ray, ont souhaité les intégrer dans leurs références biobibliographiques. C’est dire que les textes critiques rassemblés constituent une importante contribution à la connaissance de la poésie contemporaine à travers quelques-uns de ses meilleurs représentants. Au total vingt-quatre poètes qui apparaissent suivant l’ordre alphabétique pour une consultation aisée de l’ouvrage.

 

  • Ballades à contre tons avec oiseaux, Thierry GAUDIN, poèmes ; linogravures de Pascal Juhel et Thierry Gaudin ; éd. Jacques Renou, 25, Groutel à F-72610 CHAMPFLEUR.

 

  • 100 commentaires, Françoise TOUSSAINT, roman ; Petits tirages, 2010.
    • T’es pas à la rue t’inquiète.

… Prévois quand même de tout déposer chez « Richard-ton-frère » avant d’officialiser chez ta connasse ; le temps qu’elle débranche et rebranche son téléphone, vérifie sa messagerie, accepte de te revoir, ravale toutes tes conneries d’excuses et fonde en larmes sous tes coups de reins fiévreux le soir de vos retrouvailles, on peut miser une semaine ou deux… mais pas plus.

C’est qu’une maîtresse ; elle se contentera toujours du peu que tu lui donneras.

 

  • Contumace, Philippe MILBERGUE, nouvelle ; Tol’ed, 96, avenue du Mantois à F-78711 MANTES-LA-VILLE, 2011.
    • Il n’est plus lui. Il n’est plus cet homme aux sommeils harassés, ce goût de cendre, cette peau bistre, ce silence. Ce silence. Pourtant ce visage raviné, ce visage qu’il ne reconnaît plus lorsqu’il le croise, cet autre n’est rien d’autre que lui. Un autre raisonné, entendu dans son rêve aux carrefours d’une lézarde et d’un repli de plâtre. Un autre décidé d’en finir avec son amour, ce tourment des heures lentes, ces cigarettes allumées, les unes après les autres enfilées, aspirées alors qu s’égrènent les klaxons monotones de la rue en contrebas, une rue sans piéton, une rue qu’il ne voit pas, juste des bruits de klaxons et, parfois, des éclats de voix, des injures de gens pressés.

Il a le vertige d’être double : être lui, lui seul dans cette chambre, seul dans cette ville, depuis si loin, et être l’autre, autre à distance, autre qui lui parle, autre qui lui dit « finis cet amour ! ».

 

  • Craquelures, Mwanza MUJILA, poèmes ; L’Arbre à paroles, 2011.
    • A l’évidence, l’écriture de Mwanza Mujila ressemble à une boule d’énergie pure, à un souffle qui entend tout balayer et lancer un cri qui soit à la fois de révolte et de passion. Sauvage et universel, son texte entasse les références et les perspectives dans une sorte de halètement constructeur et désarmant. Il semble d’ailleurs que, par son trajet personnel, le poète soit actif sur tous les fronts à la fois, tant sur le plan de la littérature que sur celui de la présence au monde. Affichant quelque chose de rimbaldien, la course échevelée de ses mots ne laisse jamais de répit à l’image du monde explosif dont elle se fait l’écho. Sans s’encombrer de regards sur la fosse commune du passé, voilà une poésie qui pousse résolument de l’avant, dans le sillage de tous les En avant, route !

Paul MATHIEU

  • Les danseurs Za-Pa, Akima Son LI, nouvelle ; Tol’ed, 2011.
    • Elle choisit une paire de chaussures à talons hauts. Embellir le galbe de sa cuisse, accentuer la cambrure de ses reins, dessiner un autre corps qui serait sien pourtant. Juste à elle. Elle voulait qu’on la regarde de jour. Elle voulait qu’on la regarde comme avant. Avant qu’elle ne soit qu’une ombre allant d’un commerçant à l’autre, achetant la viande – et le regard du tripier qui la devinait ailleurs et son regard à elle qui baissait à disparaître – ou quoi ou qu’est-ce, parce que c’était à elle de le faire. Elle n’avait rien à faire. Oui ! Elle voulait qu’on la regarde de jour, qu’elle soit visible. Comme avant quand les garçons tournaient autour d’elle. Comme avant avec son grand-père à Manille. Lui savait la regarder.

 

  • Démantèlement du jour, Louis RAOUL, poèmes ; Eclats d’encre, 14, rue Gambetta à F-78600 LE MESNIL-LE-ROI ; 2011.
    • On en finit pas

De regarder tomber la pluie

On délègue pour un temps

Le chagrin aux  fenêtres

On voit bien

Qu’un ciel trop bas

Se déleste de sa clarté

Et on assiste

Impuissant

Au démantèlement du jour

 

  • Gérard Brand, une vie en mosaïque ; Voyage vers la transparence, Albert STRICKLER, livre cartonné 22.5X28 abondamment et magnifiquement illustré, Les Petites Vagues éditions, 51, rue du général de Gaulle à F-67130 LA BROQUE ; 2011.

Figure incontournable de la mosaïque contemporaine, Gérard Brand est peut-être l’artiste au monde qui a le plus œuvré pour convaincre les critiques et le public que la mosaïque est un art à part entière.

Plus d’un demi-siècle de travail en perpétuelle évolution en témoigne à l’envi ! Gérard Brand n’a en effet cessé de révolutionner son art en exploitant tous les matériaux possibles et toutes les techniques imaginables.

C’est à ce formidable créateur, pionnier à de nombreux égards, mais aussi à l’homme attachant, qui ne se réclame que de son travail et de sa foi, que le poète Albert Strickler a voulu rendre hommage dans un livre écrit « de l’intérieur ».

En une douzaine de chapitres rehaussés par de multiples photos, le poète nous invite à découvrir Gérard Brand côté scène et côté coulisses.

Au gré d’une série de textes inédits et d’articles parus dans différents catalogues, mais aussi à travers un choix de poèmes inspirés par le mosaïste et d’extraits de son Journal, il fait découvrir au lecteur les œuvres majeures d’un artiste de premier plan tout en lui permettant d’assister à la genèse de son livre.

Et c’est de l’approche de l’atelier et de ses rituels jusqu’aux prémisses de la mosaïque en mouvement, en passant par l’Afrique, la fascination du Bestiaire, l’hommage permanent à la Femme, la Prière, le Travail, Paroles d’objets… que le lecteur accomplit avec le mosaïste son Voyage vers la Transparence.

 

  • Les histoires curieuses et étranges de Guy de Maupassant, Guy de MAUPASSANT ; Petits tirages, 2011.
    • Le Horla en deux nouvelles ? Non, il s’agit de deux versions différentes. Bien sûr, tout s’y retrouve. Une version est une narration, l’autre version se bâtit comme un journal intime. Assez effrayantes que les deux versions… le héros devient-il fou ? Est-il en proie à cette nouvelle espèce qui veut décimer l’homme ? Quid de la science dans tout cela ? Egalement, La chevelure, La main d’écorché, Magnétisme et d’autres nouvelles…

 

  • Inutile, la saga, Jean Niepce, vampire et fonctionnaire d’un autre âge, Paul DIDI, roman ; Petits tirages, 16, rue Louis Loucheur à F-75017 PARIS, 2010.
    • Un monde glauque. Une terre de glaise. Un futur abîmé. Une société autocrate, des fonctionnaires asservis, un peuple qui meurt de faim. Point de révolte possible. Les halos noirs des vaisseaux déchirent la chair des rebelles. La révolte gronde cependant.

L’homme veut être lui-même sans plus rien de cet esclavage qui le lamine. La révolte gronde… Un des fonctionnaires signe son attachement au peuple. Jean Niepce, un vampire trop humain dont les crocs et les longues ailes noires joueront pour beaucoup dans ce monde dévasté… à reconstruire.

 

  • N’y demeure qu’écriture, Jean LOUBRY, poèmes ; L’Arbre à Paroles, 2011.
    • Dans ce recueil, Jean Loubry n’envisage le monde qu’à travers son ambiguïté et sa mouvance perpétuelle ; cherche à débusquer une vie qui serait plus la vie ; pose des questions là où il n’y a que des réponses ; déborde l’individu dans ses identifications et nous lègue une parole convoquant les puissances du corps pour « s’accoupler à la sève intérieure, au sillage infini » de l’instant. Ici, le lecteur est invité à ne plus compter ses pas sur les bords d’une sensation susceptible de le maintenir à hauteur du… « plus vif désir d’exister ».

Pierre SCHROVEN

  • Pousse-toi de là !, Jean-Michel MINGASSON, théâtre ; Petits tirages, 2011.
    • Qui n’a pas la nostalgie d’ « Au théâtre ce soir » ? Tout petit, je disais : un jour, Jacqueline sera ma copine ! Et quelques années plus tard, j’ai rencontré Jacqueline Maillan, devenue une amie. Elle m’a incité à écrire et m’inspire encore.

Pousse-toi de là ! est une comédie en 3 actes, 6 personnages (5 comédiens).

Un avocat vivrait paisiblement avec sa femme si sa belle-mère n’était pas omniprésente et ne dépensait pas l’argent du couple. Un médecin de SOS Médecin, ancienne connaissance du mari, un concierge très proche de la femme, une situation équivoque entre le mari et la bonne plongeront ce couple, grâce à la belle-mère dans un malentendu total… Une pièce où les portes claquent. On passe par la fenêtre, on revient par la porte. Une comédie menée avec rythme.

 

  • Sans titre, Eric MERIAU, poèmes ; Elzévir, 11, rue Martel à F-75010 PARIS, 2009.
    • Le premier recueil La Passagère, histoire inachevée mais prenant le large à côté d’un parent éloigné Sous la dentelle noire, telle une mère généreuse et attentive, porte dans ses bras ce troisième ouvrage Sans titre, dans ce climat si singulier d’une longue lignée poétique.

Ce nouveau-né, fille du premier, continue sa route de soie sur le lin et les vers, chemin qui a tant enthousiasmé sa si douce mère. Ainsi, les poèmes de ce recueil s’inscrivent pleinement dans le cantique familial, toujours en constante harmonie avec l’émotion de la toile, toile transportant le cœur et l’âme d’autrui dans un voyage joyeux ou triste.

 

  • Suivez mon regard ! – Coups d’œil littéraires sur la Wallonie et son patrimoine, sous la direction d’Armel JOB et de Christian LIBENS ; Institut du Patrimoine wallon, 2011.
    • Monuments, traditions, culture, sites ruraux et urbains : la maison Wallonie possède un considérable patrimoine, qu’il soit soigneusement rangé, entretenu, briqué dans la « belle place » ou qu’il meuble de son mieux notre quotidien. Cette bonne demeure s’honore tout autant du nombre remarquable d’écrivains et d’artistes qu’elle abrite et accueille.

Parmi eux, quarante auteurs et quarante illustrateurs se sont plu, l’espace d’un recueil, à exercer leurs talents sur les biens de famille. Chaque écrivain, épaulé d’un complice plasticien, a fait son choix dans le vaste fonds domestique et a laissé courir son imagination. Pas de traité d’archéologie, pas de guide touristique et surtout pas de plaidoyer nationaliste ! Quarante poèmes, fictions, évocations, en ricochet sur un fragment de Wallonie. Pour le plaisir !

« Suivez mon regard ! », nous disent les auteurs. Suivons-le à travers les cinq provinces, nous découvrirons que le patrimoine n’est pas un bloc de granit figé dans le silence des siècles. Le patrimoine parle. Il ne radote pas, il dialogue avec nous et suscite sans cesse des rêves insolites, des idées nouvelles, de l’espoir pour les hommes d’aujourd’hui.

 

  • Le tombeau du tigre, Moha TERZI, nouvelle ; Tol’ed, 2011.
    • Et la nuit vint. Adder-le-désigné se sait des conteurs. Tout le long de l’enceinte, chaque fois qu’une pierre quémandai de l’ombre, il emmura un homme, la tête sertie d’étoiles violettes, la bouche emplie de glaise, les yeux exorbités et le visage peint de chaux-vive. Le plus doué s’appelait Salim El’Behrim et n’avait pas vingt ans. Il avait raconté la légende d’Adder Mar’hat et sa mort sous les voix du Tigre. Le maître d’Azzräti décida de tenir sa promesse. Il lui fit boire l’eau de l’or qui brûle la vie de ses richesses. Lorsque ce fut fini, il fit dresser cette statue inverse sur un piédestal afin que chacun sut le prix de l’ironie.

 

Les revues suivantes :

 

  • La braise et l’étincelle n° 94, 15 juillet 2011, 24 p.A4

Journal bimestriel indépendant au service de la francophonie (arts – lettres – poésie – échos) –

Deux créatrices belges de talent : Nelly Hostelaert qui jettre un regard nouveau et critique sur l’affaire de Rennes-le-Château et Eny Huylebroeck, peintre-portraitiste…

7/2 rés. Marceau-Normandie, 43, avenue Marceau à F-92400 COURBEVOIE – yvesfred.boisset@papus.info

(Annie et Yves-Fred BOISSET)

 

  • Cahiers de l’Académie luxembourgeoise n° 24/2011, 317p. 17X24

Dossier sur la vie musicale en province de Luxembourg

Une publication originale de l’Académie luxembourgeoise, avec de nombreuses illustrations, qui met en exergue la vitalité de la musique dans la province de Luxembourg (Belgique).

Un ensemble d’articles sur tous les styles de musique : classique, jazz, rock, folk, traditionnelle, sacrée… instrumentale et chantée.

Un ouvrage collectif, auquel ont contribué une trentaine de spécialistes, orchestré par Louis Goffin, sociologue et Benoît Mernier, organiste et compositeur.

Un panorama des grands événements musicaux dans la province.

Un aperçu des lieux et des moyens de formation musicale disponibles en Luxembourg.

Un portrait de personnalités éminentes et charismatiques luxembourgeoises du monde musical.

Une mise en évidence de la pratique musicale en professionnel et en amateur.

Un rappel des modalités du soutien des Pouvoirs publics à la promotion de la vie musicale.

 

  • Coup de soleil n° 81/82, juin 2011, 76p. A5

Poésie et art

Michel Butor : dossier proposé par Gérard Paris

12, avenue de Trésum à F-74000 ANNECY

(Michel DUNAND)

 

  • DiptYque Versant 1 : La part de l’ombre, septembre 2010 ;

142p. 21X21.

11, rue Bois des Fosses à B-1350 ENINES

(Florence NOEL)

  • « Ne fais pas d’ombre avec les mots, ils en contiennent assez ».

Ainsi, d’une lapidaire lucidité, Mimy Kinet, poète belge regrettée, donnait le ton de la justesse dans son recueil « Le discours du muet » paru à l’Arbre à Paroles en 1994.

Difficile, difficile de ne pas faire d’ombre. Mais si heureux de se rappeler que chaque mot est plus qu’une sonorité à faire chanter dans une salle vide, devant des cœurs vides, mais que chaque mot est un tambour, une arme, un arbre en croissance, un écho des tréfonds du puits.

Les mots déjà contiennent leur part de l’ombre et poètes, écrivains, nous ne pouvons fendre leur bogue sans quelques risques. User des mots pour les lancer l’un vers l’autre, c’est nécessairement se mettre en danger. Danger de se perdre, de se rencontrer, de s’avouer, de se dépouiller. Ce danger-là, nous l’avons accueilli avec la part de fulgurance qui est née sous la main des auteurs collaborant à DiptYque…

Florence NOEL

 

  • DiptYque Versant 2 : Lumières intérieures, mai 2011 ;

148p. 21X21

(Florence NOEL)

  • … Certes DiptYque fait la part belle à la poésie, mais ce sont bien dix nouvelles et récits qui s’égrènent de pages en pages, sans ordre autre que de subtiles correspondances avec des œuvres posées comme des lampes basses. Effleurant le fantastique ou l’étrange, traçant des itinéraires de pierres sacrées ou de jours finissants, nous donnant à voir les éclats des révoltes ou les lueurs de rémission. Tout comme dans notre premier numéro, notre anthologie de poésie consacrée cette fois aux lumières intérieures se propose comme un livre au sein du livre. Y figurent des auteurs de tous les horizons de la francophonie, jeunes ou plus établis, mais chacun inspiré de ce souffle presque charnu des lumières qu’ils côtoient au quotidien dans leur rapport à l’écrit…

Florence NOEL

 

  • Français 2000 n°229, avril 2011, 96p. 13.5X20.5

Bulletin de l’Association belge des professeurs de français

La lecture est une gourmandise : littérature de jeunesse

ABPF, rue Gobiet, 79 à B-7134 RESSAIX

fuks.suzanne@skynet.bewww.abpf.be

(Jacques LEFEBVRE)

 

  • Le Gletton n°423, juin 2011, 20 p. 16X24

Mensuel de la Gaume et d’autres collines

Dire le pays pour qu’il vive

28, rue Saint-Martin à B-Villers-sur-Semois

jp.soblet@gmail.com

(Michel DEMOULIN)

 

  • Pages insulaires n°19, avril 2011, 28 p. A4

Bimestriel perméable aux idées

En invité, Yves-Jacques Bouin

3, impasse du Poirier à F-39700 ROCHEFORT-SUR-NENON

(Jean-Michel BONGIRAUD)

 

  • Plumes et pinceaux – Arts et poésie n° 114, juin 2011, 40p. A5 ; B-7330 SAINT-GHISLAIN

(Nelly HOSTELAERT)

franz.nelly@skynet.be

 

  • Portique n° 83, juillet 2011, 52 p.A5

Revue de création poétique, littéraire et artistique

Mairie à F-84110 Puyméras

http://portique.jimdo.com

http://poesievivante.canalblog.com

(Chris BERNARD)

 

Laurent BAYART a reçu à Paris le Prix Européen Dante du Cénacle Européen Francophone de Poésie. Son prix lui a été remis, lors d’une réception officielle, le 18 juin dernier à Paris.

Recensions de Patrick JOQUEL

Poésie aux éditions du jasmin :

·        L’arbre essoufflé de vent, Paul Bergèse ; illustrations de Clotilde BERNOS.

Voici un livre consacré aux arbres. A l’arbre. En effet seuls neuf arbres sont nommés : pin, cyprès, olivier, cerisier, érable, chêne, saule, marronnier et pommier ; dans la plupart des poèmes l’auteur reste dans le générique « arbre » comme pour lui donner plus d’ampleur. De force. Ce n’est pas la première fois que Paul Bergèse écrit ainsi avec et sur les arbres. C’est un de ses thèmes favoris. Le poète est présent au monde. Il observe. Scrute. Ecoute. Il contemple ce monde et tente en quelques mots de le dire. De le partager. Ce livre apparaît alors comme une sorte de guide pour rendre le lecteur à son tour plus terrien, plus présent à son monde. Paul Bergèse invite le lecteur à se mettre en contemplation à son tour. A observer les arbres de son quotidien. Ceux du jardin, de la rue comme ceux de ses promenades… A les observer. A les écouter. Lire de la poésie c’est aussi apprendre à être davantage. Comme un apprentissage d’un savoir être.

·        Chuchotements de fruits et de fleurs, Monique RIBIS ; illustrations de Clotilde Bernos.

Le poète est un être du quotidien. Quelqu’un qui se laisse interpeller par l’instant. L’objet. La vie. Tout ce qui l’entoure. Il est particulièrement attentif. C’est comme ça. Chacun ses qualités. Chacun ses nuages. Ici, nous avons une poète qui donne la parole aux fruits de sa table, aux fleurs de son jardin. Elle les contemple. Elle les écoute. Fleurs et fruits lui chuchotent leur vie, leurs pensées intimes. Elle nous les transmet. Avec des poèmes plutôt longs. Elle s’est plongée dans d’autres vies et nous les partage. Le poète est un explorateur. Ses voyages peuvent être lointains comme ils savent se contenter du tout près. Du minuscule. De l’habituel auquel on ne fait plus attention. Question de présence au monde. Après avoir lu ce livre on ne peut plus voir la banane ou le melon comme une simple gourmandise… Magie du poème. Cadeau du poète.

Dis, c’est grand comment la vie ?, Joël SADELER ; illustrations d’Anne BUGUET.

Un livre de poèmes d’amour. A hauteur d’enfance. Et quelle hauteur ! Joël Sadeler écrit à la pointe sentimentale sans rose et sans mièvrerie aucune. Des textes courts, simples mais tellement justes ! Pourtant ce n’est pas facile de traquer les sentiments sans tomber dans le joli ni dans le convenu habituel. Il y réussit parfaitement. Avec un grand sourire dans ses yeux de grande personne attentive aux petites. De la délicatesse. De l’humour. Du bonheur. Après avoir abordé dans L’enfant partagé aux éditions de l’Idée Bleue le thème du divorce, ce poète, décédé en 2 000,  se penche sur les amours enfantines et leur vert paradis… Un livre pour tous les âges. Tous les cœurs. A lire. A laisser résonner. Vibrer.  En total respect. Dans le cadre d’une lecture suivie de cet ouvrage, on laissera une grande part au silence. Difficile de parler d’amour…

Le danseur de lumière, Jean SICCARDI ; illustrations de Joly GUTH.

Le poète est amateur de temps. Le temps qui passe, le temps passé, les temps futurs aussi parfois, l’interpellent. Il aime évoquer, se souvenir… revient sur son enfance… sur les traces… La vie, la mort… Le poète est bien souvent écorché vif par le sentiment de la perte. C’est de tout cela ici dont il est question et ceux qui sont familiers de l’œuvre de Jean Siccardi, en poésie comme en romans, retrouveront dans ce recueil ses thèmes de prédilection et sa petite musique personnelle. Donner à ressentir à de jeunes lecteurs ce sentiment de la perte peut paraître ambitieux, mais si on y réfléchit bien, il apparaît que leur donner à comprendre l’humour des poèmes dits ludiques n’est pas plus simple. Lire des poèmes, quels qu’ils soient, quels que soient leurs registres d’écriture, c’est apprendre à lire entre les mots, entre les lignes, c’est apprendre à déchiffrer les blancs du texte. C’est apprendre à lire en engageant tout son être ! Lire des poèmes, c’est autre chose qu’un simple savoir faire.

Monde flottant, Sophie Lei THUMAN ; illustrations d’Eric Battut.

Un recueil autour d’un thème : l’eau. Une thématique souvent abordée en classe et donc un livre qui va rejoindre avec légèreté la valise de livres « aquatiques ». Des poèmes d’une promeneuse au fil de l’eau, qui à la suite de Bashô guette le plongeon d’une grenouille et autres petits miracles liés à la présence, à la lumière de l’élément liquide. D’une promeneuse des rivages, plages maritimes ou lacustres… Dans ce livre ça flotte. Oui. De la pluie à la contemplation des reflets changeants, façon Mondrian. Un recueil paisible et lumineux.

Petits pains poèmes, Daniel Schmitt ; illustrations de Gilles Bourgeade.

Le poète travaille. Tous les jours il écrit. Parfois comme Daniel Schmitt il date ses poèmes. On peut ainsi le suivre à la trace. Dans son évolution. Et l’on s’aperçoit souvent que si l’écriture évolue, le poète poursuit sa ou ses lignes de réflexion, d’expérimentation. Non qu’il écrive toujours la même chose, loin de là, mais il écrit bien souvent autour des mêmes thèmes. L’écriture lui permettant de creuser, d’éclairer, d’avancer. Après tout l’Art est pour l’Artiste son aventure singulière et personnelle avant tout.

http://joquel.monsite.orange.fr