Marc BLANCHET, Tristes encore, Le manteau & la lyre, OBSIDIANE – 80 pages, décembre 2021, 12€

Une chronique de Marc Wetzel

Marc BLANCHET, Tristes encore, Le manteau & la lyre, OBSIDIANE – 80 pages, décembre 2021, 12€


   L’être inconsolable a sûrement raison d’être triste, car il ne voit pas comment revenir de ce qui l’abat, ni se relever de ce qui l’afflige. Seul un fou aurait l’échouage, la ruine, le dévissage … joyeux. Dans la tristesse, la vitalité tombe plus bas que tout appui qui la rattraperait, que tout sol où rebondir. Un triste sire peut faire joyeuse mine, mais une triste mine a l’audience en berne. Le Tristis latin, mot sans étymologie connue, rabachant sa sombre ou amère double même syllabe, qui garde tête baissée même quand il pense haut, est le premier déçu et peiné de se laisser décevoir et peiner : rien n’a miroir plus fidèle que la maussaderie. L’auto-tolérance du triste est, par principe, toujours dans le dur : comment donc poètes seront-ils encore, sans complaisance, tristes ?

    Notre poète exprime ici trois raisons d’être triste : d’abord il arrive trop tard (la modernité et ses licences ont disparu, sans même laisser d’adresse) pour que son individualité puisse signifier à elle seule quelque chose. Il se sent dès lors voué au quelconque par l’échec expressif (définitif, public, et lui-même morose) de toutes les singularités :

« Ni malédiction de prince

Ni penseur envoyé au camp

Je viens après l’idéal.

Je suis la mesure triste d’un arpent. » (p.11) 

   Ensuite son acuité n’a plus d’usage. L’intelligence a ici vieilli, non par lenteur ni faiblesse, mais par un contexte changé, qui périme la lucidité même. La vérité change trop vite pour ne pas ridiculiser notre courage même de nous y tenir.  Et puis, écrire court après la vie, et la gourde de Jouvence n’offre, au mieux, que sa peu potable encre ! La Muse ne garantit que métamorphoses imaginaires :

« On en rirait si une vie nouvelle

Changeait du tout au tout

Ce visage inféodé au temps » (p.33)

Enfin, sa poursuite même de l’infini est le signe de son imperfection (car l’infini, lui, accède à soi, par nature, en tout point de lui), et l’infini « dévaste » tout ce qui vient le formuler du-dehors. Les mots s’attendent donc pour rien à révéler autre chose qu’eux-mêmes, et, à la mort, l’infini emporte avec lui tout ce qui nous en distinguait !

« Enfant on grave la cicatrice.

Ensuite on la comble de paroles.

Plus tard on l’exhibe pour se rappeler.

Puis ça s’efface en mourant » (p.16)

  Contre la tristesse, pourtant, mais avec et en elle, quelques remèdes sont ici indiqués. Bien sûr, d’abord, le deuil d’office, le détachement,  l’accueil franc et naturel du présent, qui soulage aussitôt du poids d’avoir été (on rejette logiquement l’effort passé d’être en son lieu normal : notre sillage !) :

« Laissez mon existence

Traîner derrière moi.

Elle survit quand je l’ignore » (p.46)

  Ensuite, l’élégance (comme on aiderait à desservir la table où l’on vient d’être empoisonné), le généreux plaisir de souhaiter, en partant, bonne journée à ceux pour qui la nuit ne tombe pas ! Et comment les jeunes, auxquels il n’a pas encore été donné de vivre, ne se montreraient-ils pas ingrats ? Ceux qui nous suivent, il nous faut les comprendre en pure perte ou rien !

« Qu’avez-vous vécu ? dit la sentinelle

Et son visage de pleurs connu.

J’ai embrassé des royaumes

Tant que j’ai appris à me méfier de moi.

J’ai pardonné.

Rien n’est venu » (p. 48) 

  Enfin, la résilience : profiter d’être terrassé pour tirer autrement profit du sol, avoir perdu utilement son altitude pour retrouver sa base expressive :

« Le mieux toujours est de tomber à terre

Tracer quelque chose.

Ce fut le commencement » (p.27)

 Mais la chose la plus consolante (et la seule  vraie ?) est la communauté humaine de mélancolie de tous, vivants et morts. Nous savons que les disparus, les pensants effacés, ont entendu,  depuis toujours aussi seuls au monde que nous le sommes, le glas confidentiel qu’est la poésie. Nous sommes donc tristes encore par devoir, par solidarité avec ceux qui n’ont plus d’intérêt à rien, et que nous deviendrons, savourant déjà d’avoir été un prochain jour, comme eux à présent, pour jamais, « une étoile à cinq sens » (p.51)

« Une éclaircie au soir.

Le trajet d’un rapace

Au-dessus de l’onde.

Tous ces signes que l’on ne voit pas

À l’image des vies qui passèrent.

Aucune n’est la nôtre.

Et pourtant dans ce qui s’efface

On jurerait que c’est soi. » (p.41) 

  Ce manuel de virtuose tristesse est comme le généreux et clairvoyant envoi d’un Marc Blanchet (né en 1968), digne et désabusé autodidacte de l’éternel, (« aucun nuage n’a de frère« , mais « j’ai de la civilité » dit-il sobrement) nous suggérant de venir mieux en réussir que lui l’exercice :

« Nulle bible à laquelle obéir le soir.

Tu as dû t’élever seul

Pour éloigner la détresse.

N’importe quoi fit l’affaire

Pourvu que l’éternité en soit » (p.55)

©Marc Wetzel

 François Folscheid, Gravir le silence, avec cinq illustrations de Thibauld Mazire, Éd. L’Atelier du Grand Tétras, coll. Glyphes, 88 p., ISBN 978-2-37531-079-3, nov. 2021

Une chronique de Claude Luezior

Gravir le silence, de François Folscheid

avec cinq illustrations de Thibauld Mazire, Éd. L’Atelier du Grand Tétras, coll. Glyphes, 88 p., ISBN 978-2-37531-079-3, nov. 2021


La première impression est un éblouissement devant cette prose éminemment poétique, dense, ciselée, polie tel un galet qu’irise le torrent. Éblouissement face à une langue à la fois sobre et parfaite, mais aussi complexe où luisent çà et là des mots rares, telles des gemmes dont l’éclat sombre se rajoute aux mystères du propos. Nul repos pour le lecteur pris dans la mécanique surréaliste, voire abstraite de l’image. Celle du poète, celle du peintre aussi : les illustrations sur laque de Thibauld Mazire résonnent parfaitement avec la musique du poème qui rebondit, jaillit, éclabousse le complice devenu orant. 

Que recèle ce précieux recueil ? C’était il y a longtemps maintenant, je me souviens. Nous redoutions le jour. En nous l’effroi de vivre dardait son œil torve (…) Des aubes de sang noir roulaient ce qui restait de nos espérances (…) : le temps infiniment lent bleuissait le suspens qui immobilisait notre barque d’errance.

Tout autant que l’immensité où l’alpiniste à bout d’oxygène ne reconnaît plus la montagne qu’il vient de gravir. Vertige des hauteurs.

Failles, horizons, retraits, une chose et son contraire en belle intelligence, puits, entonnoir de toute nuit, aller vers le moins : reviennent en boucle les supports du doute. Trouver la ligne médiane, là entre les vitres du sommeil et du guet, entre l’insouciance des rivières et l’exigence des rives – entre le silence et le cri. Folscheid convoque ombres et frémissements, traque le message clandestin, transgresse et apprivoise les géographies d’un au-delà. Il nous fait penser aux riches incertitudes de Philippe Jaccottet dans son ouvrage, La Clarté Notre-Dame (nrf Gallimard, 2021) : Si j’avais un tribunal à affronter, comme dans nos plus vieilles fables (mais il n’y aura pas de tribunal, et je serai trop réellement mort pour l’affronter), je serais sans frayeur, et ma voix, ma non-voix, ne serait ni tremblante ni bégayante, parce que, trop désarmé, je serais tout simplement muet (…)

Folscheid nous rapproche également, par sa mécanique quantique langagière, de Jean-Louis Bernard, en son dernier recueil (et tant d’autres), Sève noire pour voix blanches (Alcyone, coll. Surya, 2021) : dans l’oblation / à peine née / la perte / ouvre le psautier / des heures. Ou encore : (…) impermanence / au front des syllabes d’écorce / délaissées des boussoles.

Pétri dans la glaise, façonné d’ombres, Gravir le silence apprivoise les limites de la solitude. Gravé dans une nuit de cinquante nuances de gris, ce recueil n’est pourtant pas dénué de refus, de force, d’espérance : à pleines mains, le marteau, rouge de braises pour frapper l’enclume et fendre le temps dans le sens de l’éclair.

On y déniche, parmi les entraves, au creux de la parole, un tutoiement d’espoir jeté au travers de la page : Va, homme diurne, au bout de ton soleil pour percer le voile des transparences nocturnes. 

  En une superbe quatrième de couverture, François Folscheid évoque la quête de l’origine, de la source, c’est-à-dire de l’être (…) : telle est la fonction profonde de la Poésie dans laquelle Novalis voyait « la religion originelle de l’humanité ». 

Nous nous sommes sentis reliés. Avons-nous dit éblouissement ?

©Claude LUEZIOR 

ELIANE HURTADO, MICHEL BENARD, ENCRE et PIGMENTS, Editions Les Poètes Français

Une chronique de Jeanne CHAMPEL GRENIER

ELIANE HURTADO, MICHEL BENARD, ENCRE et PIGMENTSEditions Les Poètes Français

                                            


 »Caillou de lumière sur le sentier de la nuit » nous confie Hafid Gafaïti dans la belle préface de ce livre d’Art ; et je dirais très vite et de façon convaincue, que cette pépite encore brûlante vaut son pesant d’or, mesurée à l’aune de tout ce qui se publie sur cette planète.

           La personnalité d’Eliane Hurtado marque aussitôt d’un sceau indélébile l’imagination de celui qui  se trouve confronté à l’une de ses oeuvres ; on se situe à l’instant de création, mais à l’instant positif où la poésie élève la vision. Un chemin de lumière tel un serpent de feu ou de sang traverse parfois en diagonale le tableau, lui donnant une élégante pulsion ascendante. Il n’est jusqu’aux fleurs couleur rouge feu sur fond noir qui ne soient créations quasi volcaniques ; fleurs divines qui demeurent en la mémoire longtemps après le jaillissement initial.

            Les mots de Michel Bénard, (grand peintre voyageur, poète lauréat de l’Académie Française entre autres cent titres de reconnaissance) sont comme une sereine et fidèle voix qui accompagne ce  créatif chemin de beauté. Venus en écho d’émotion depuis les falaises et abimes lancés et colorés par la main inspirée du peintre Hurtado, ces mots nous accompagnent, ce sont les mots d’un habitué de ces lieux rares, un éclairé qui nous dit comment recevoir ce qui se présente à nous : un ami, poète et peintre de très grande qualité lui-même, qui nous guide sans effet de manches :

 »Au cœur de la douceur/ D’un cloître ocre-rose / Le regard en exil / J’ai découvert votre visage/ Rayonnant en toute tendresse/ Dans le cristal d’une perle de rosée… »( p.14 et tableau »Alternance » p.15)

 »Dans l’onirisme imprévu/ D’une parenthèse de vie…S’imaginer pouvoir un jour/De la partition  déchiffrer l’éternel »(p.28 et tableau :  »Errance fractionnée »)

             Un livre sublime, riche de 160 pages où toutes les œuvres sont en couleur, ce qui hélas n’est pas toujours le cas dans les livres traitant d’Art et Poésie. Un livre exceptionnel où la parole sereine de Michel Bénard nous accompagne d’oeuvre en œuvre, ces planètes secrètes bien connues en tout point de lui seul, afin de nous inviter à

 »Danser avec les galaxies / Sur les pouponnières d’étoiles / Jusqu’à la naissance sublime/ De la ronde des mondes/ Pour l’insolite de l’amour ( p.38)

Comment ne pas se laisser tenter par un tel voyage dont on ne peut revenir qu’augmenté ?

Plus de 70 textes poétiques de Michel Bénard face à autant d’oeuvres en couleur d’Eliane Hurtado, un ouvrage dont la couverture cartonnée format 32/32, présente une très belle et riche création sur fond noir, signée Michel Bénard !

© Jeanne CHAMPEL GRENIER

 ÉLÉMENTS, Yuka Matsui (dessins) et Pierre Vinclair (poèmes), Éditions Méridianes, Liber, novembre 2021, 15€

Une chronique de Marc Wetzel

ÉLÉMENTS, Yuka Matsui (dessins) et Pierre Vinclair (poèmes), Éditions Méridianes, Liber, novembre 2021, 15€


   L’absolu n’admet ni composition ni décomposition; c’est pourquoi il se fiche bien de la vie des éléments. Mais dans le monde relatif qui est le nôtre, tous les corps doivent, pour se construire, combiner des éléments (leurs constituants) et, pour subsister et durer, en choisir de simples, indécomposables et fondateurs (leurs unités indivisibles). Tout réel repose sur des éléments parce qu’il doit à la fois assurer sa complexité et se prémunir de sa dissolution. Il lui faut avoir l’assise souple et solide. Le latin elementum (dont les trois premières consonnes ne sont pas l,m et n pour rien, comme un abécédaire de juste milieu…) désignait l’alphabet (nécessaire et suffisant) du réel. Alphabet dans lequel ce réel sinon écrit lui-même sa substance, en tout cas nous la fait lire.

    Les éléments sont donc les parties simples (mais pas pour autant faciles), combinables (mais pas pour autant toujours maniables, ni même localisables) et fondatrices (mais pas pour autant pérennes, ou seules possibles) de la réalité, telle en tout cas que nous pouvons la saisir ou nous en saisir (comme disait  lucidement le chimiste Lémery dès le XVIIeme siècle, les éléments « ne sont peut-être principes qu’à notre égard ») et la remodeler.

   Si le géomètre, le chimiste et même le métaphysicien croient savoir l’identité de leur élément (respectivement : un point, un atome, une monade), que diront de lui l’artiste et le poète ? D’abord que les éléments ne sont pas nécessairement statiques (l’élément se meut, est donc aussi unité énergétique; il n’y a d’ailleurs pas raréfaction ni condensation sans mouvement) : le vent peut donc prétendre à être élément; pas seulement quantitatifs : un relief par exemple n’est pas seulement une masse, une altitude et un âge (un élement fait vivre la réalité, il ne se contente pas de l’agencer ou la calibrer) – et une montagne peut ainsi être élément; pas du tout neutres enfin : ce sont des agents de réaction – même s’ils n’ont pas, sauf pour un animiste, d’initiative – et il n’y a ni attraction ni répulsion sans tendances. C’est pourquoi l’herbe peut être un élément. Dans ce petit recueil, le vent, la montagne, l’herbe (mais aussi l’eau, la lune, le nuage et l’arc-en-ciel), voilà les éléments que se proposent de montrer les dessins de Yuka Matsui et de commenter cinq poèmes de Pierre Vinclair.

   Ce qu’illustre l’une, ce que formule l’autre, c’est le noyau actif et figuratif de l’élément, sa présence essentielle, ce qui forme sa condition (son moteur particulier) et conditionne sa forme (sa norme, son gabarit propre). Ainsi, le moteur-norme de l’herbe, c’est la « pousse » (qui fait l’unité structurale et dynamique de cette micro-forêt de plantules) ; nos auteurs y font saisir l’élan, la poussée et plongée de croissance, la sortie de la graine ou la traversée du milieu natif, leur danse de germination.

    

L’herbe (Yuka Matsui)
 L’herbe (Pierre Vinclair)

   De même, l’élément-coeur de la montagne, qu’est-il ? Un géologue dirait : tout mont est une strate convexe (une strate concave serait un val ou une combe; une falaise convexe un crêt ou une butte). Vinclair n’hésite pas à nommer « squelette (d’alouette !) » cette strate structurelle, et nuancer « au reflet des neiges » cette couverture complète et convexe. 

La montagne (Pierre Vinclair)
La montagne (Yuka Matsui)

Yuka Matsui n’hésite pas, de son côté, à en caractériser, voire caricaturer l‘élévation (sans laquelle aucun relief ne pourrait s’appuyer sur lui-même) et l’érosion (dans laquelle d’autres éléments, justement, viennent attendir et creuser le sien). Cette sorte de M sur support que propose ici la calligraphe (où l’entaillement bute sur de l’incompressible, où l’escarpement dévale le toboggan brisé du temps) dit merveilleusement l’intimité universelle de l’élément montagne. Et l’on découvrira les analogues et fortes approches présentées dans le livret.

   Pourquoi alors avoir fait se rencontrer la vie des éléments et le geste calligraphique? La calligraphie est une étrange esthétisation de l’écriture, le développement de l’arabesque naturelle d’un alphabet manuscrit. Comme une intrigue, disait Aristote, doit (difficilement, mais impérativement) concilier la vraisemblance et la nouveauté – elle doit être à la fois crédible et surprenante -, une calligraphie se veut à la fois lisible tracé et déroutante écriture. C’est comme nous faire suivre de près un égarement, prescrire une sortie de route, indiquer – vite et bien ! –  un itinéraire imprévu, c’est à dire finalement relever les empreintes d’un passage de l’Inconnu. On pense à Jean de la Croix (si tu veux aller vers l’inconnu, prends d’abord le chemin que tu ne connais pas) – mais, il faut, paradoxalement, pouvoir le reconnaître, dans un alphabet d’horizons à découvrir, ou un nuancier de fourvoiements. En tout cas, relever le passage de l’élément inconnu, traquer ce dont la créativité esthétique est à la fois la chance et la cible, voilà, peut-être, l’extrême ambition croisée de ce gracieux et vif petit livre.

© Marc Wetzel

                                                         


  Yuka Matsui, initiée à la calligraphie dès l’âge de six ans, enseigne son art à « l’Atelier Shodô » qu’elle fonde à Tokyo en 2010. Après des études à Annecy et Aix-en-Provence, elle développe une carrière artistique inspirée par la nature, l’art et la littérature. Son hommage récent à Pierre Soulages pour ses cent ans a été particulièrement remarqué. Elle a partagé la résidence A.T.E.N.A. à Sète, en 2020 et 2021.


   Pierre Vinclair, né en 1982, est poète et théoricien de la littérature. Ayant vécu longtemps en Asie (avant de s’installer à Londres puis à Genève), il a, lauréat de la Villa Kujoyama (Kyoto) en 2010, rencontré Yuka Matsui à Tokyo. Animateur de la revue Catastrophes, dirigeant la collection S!NG aux éditions Le Corridor Bleu, il est un des plus importants penseur (Vie du poème – Labor et fides) et écrivain (Sans adresse – Lurlure) de sa génération.


  •   On trouvera, dans la belle collection Liber de Méridianes (dirigée par ¨Pierre Manuel) d’analogues fortes rencontres entre plasticiens (Vincent Bioulès, Lise Chevalier, Claude Viallat …) et poètes (James Sacré, F.J.Temple, Antoine Émaz …)