Blancs-seings, Carte blanche à Guy Denis, Michel Francard, Michèle Garant, Pierre-Alain Gillet, Frédéric Gribaumont, René Lejeune (Willoos), Paul Mathieu, Benoît Piedboeuf, Kim Julie Vallon, Traversées éditions, 69 pages, décembre 2024, 25€ TTC


Hier, j’entendais à la radio David Lynch qui dans un interview disait qu’il lui était impossible de parler de son film car tout ce qu’il avait voulu exprimer était dans le film et l’expliquer c’était comme un peu se trahir car il lui semblait avoir trouvé l’unique et la plus adéquate manière pour lui, de dire ce qu’il avait à dire. J’ai songé alors à Rimbaud qui répondait interrogé sur le sens d’un poème: « ça dit ce que ça veut dire. » L’oeuvre se suffit à elle-même? serait-il impossible pour son auteur d’aller au-delà du moins pour un temps? 

Cela signifie-t-il que le chemin choisi par l’auteur, l’artiste, le poète est le fruit du choix le plus approprié parce qu’ont été explorées toutes les voies possibles du langage? Que l’auteur, l’artiste, le poète a forgé par l’expérience, à force de lucidité l’outil idéal ? Qui n’a pas essayé de reproduire en le transformant un chef-d’oeuvre, ne sait souvent pas à quoi il se heurte. Une petite voix me murmure qu’une oeuvre ne trouve sa pleine signification que si elle continue de se transformer dans l’esprit de ses lecteurs et spectateurs. 

Dans le très beau livre des éditions Traversées, carte blanche est donné à plusieurs poètes en leur proposant d’écrire à partir de six oeuvres peintes ou dessinées par le plasticien Pierre-Alain Gillet. Les regards se croisent, les analyses se complètent, les dialogues s’ouvrent. Une osmose se produit. Les écrits s’alternent et donnent à voir sur divers jours les oeuvres reproduites, figuratives ou abstraites.

On comprendra que le poème va au-delà du commentaire esthétique, de la simple description, de l’explication. L’expérimentation: provoquer un dialogue entre l’oeuvre peinte et l’oeuvre écrite qui multiplie les lectures à plusieurs niveaux, interpelle personnellement le poète et par conséquent le lecteur. 

On regarde à travers le regard d’un autre et non plus à travers un miroir, on savoure la richesse de ces partages. La liberté d’écriture est la condition première octroyée par les blancs-seings offert par l’artiste Pierre-Alain Gillet aux auteurs.

  • Guy Denis,
  • Michel Francard,
  • Michèle Garant,
  • Frédéric Gribaumont,
  • René Lejeune (Willoos),
  • Paul Mathieu,
  • Benoît Piedboeuf,
  • Kim Julie Vallon

Plus que jamais, une extrême attention a été portée à la mise en page, à la qualité des reproductions. On appréciera la couverture cartonnée, le choix d’un papier lisse et brillant, une mise en valeur des textes rendant la lecture optimale. En fin de volume, on retrouve la post-face de l’artiste et une présentation biographique des auteurs. 

Soleilleux

Soleilleux sur la neige de la page
le visage luit d’un invincible été

Éparpillant les graffitis de ses jambages
en sa broussaille d’astres échevelés
il annonce tous les outrages déclinées
par les convois de brumes et de nuages

À quelle histoire va-t-il s’attacher
lui qui jamais ne renonce malgré

Paul Mathieu


Pour commander le livre, envoyez un mail à Patrice Breno
Revue Traversées: traversees@hotmail.com

« PAPA A TROP MANGÉ ! » – Roman de Béatrice GAUDY

« PAPA A TROP MANGÉ ! » – Roman de Béatrice GAUDY


               Le jeune narrateur qui raconte sa vie de famille entre sa mère, son père, sa grand-mère et deux ou trois amies, se dit heureux jusqu’à ce que son père se mette à dévorer des monceaux de viande crue, qui le rendent féroce. On pense aussitôt aux histoires d’ogre des contes de Perrault. Mais Béatrice Gaudy, fidèle traductrice du poète Ferrucio Brugnaro (  »Non voglio tacere ») révolté contre les abus du patronat, ne nous montre-t-elle pas un danger ? En effet, par le choix du narrateur tout d’innocence, d’obéissance et d’affection, l’auteur nous décrit avec force détails du quotidien une situation remplie de surprises et d’enseignements : la façon de se nourrir n’aurait-elle pas un sérieux impact sur la manière de se conduire dans la vie ?

             Ce père qui se dit « médecin », est un étrange praticien, qui dévore 5 kilos de viande crue par jour et qui œuvre dans le secret de son cabinet où il reçoit des patients auxquels il mesure le tour de bras et de cuisse pour au final noter leur poids afin d’établir  »un régime grossissant ». Rien de très inquiétant, il y a tant de charlatans à notre époque, pourquoi ne pas décider de grossir plutôt que de maigrir ? Ne dit-on pas que les personnes corpulentes ont meilleur caractère que les maigres ? Le peuple américain n’a -t-il apparemment pas choisi cette voie grâce à la mode des hamburgers ?

              Toutefois, il n’est pas interdit ici, Béatrice Gaudy ayant une vision attentive de la société, de faire la relation avec les autres abus de pouvoir et autres lieux  »d’engraissement » tels les fermes-usines où l’on produit à la chaine des animaux sans se préoccuper de leur bien-être pourvu qu’ils présentent de bons gigots ou foies gras au final et d’énormes profits ! Terrifiantes usines à viande que maudirait un Brugnaro épris de respect des plus faibles, et fervent amoureux de la nature et de la liberté.

             Il n’est pas inutile de parler des abus de pouvoir que l’on rencontre chez les pères qui sont pédophiles et pratiquent l’inceste impunément, sans compter ceux qui obligent leurs enfants à avoir la même religion sectaire qui n’offre aucune échappatoire puisque là, le pater familia profite alors des prérogatives sans limites accordées à un  »dieu » : ici  »Papa a trop mangé » devient un ogre intouchable.

              Bien sûr, grâce aux qualités d’écriture de Béatrice Gaudy, tout est présenté sous l’aspect d’un conte humoristique relaté par l’enfant, et surtout lorsque le diagnostic autoritaire du  »papa médecin » s’établit ainsi :

 « Vous êtes trop maigre, il vous manque un kilo, trente trois grammes, neuf milligrammes ! »

S’ensuit alors un régime non moins ubuesque :  »un demi poireau trois fois par jour ! »

L’absurdité de la prescription fait verser la tension en direction de l’humour mais ne nous en interpelle pas moins : Deviendrait-on à la fois idiot et sûr de soi, voire violent lorsqu’on est addict à la viande de façon aussi monstrueuse ?

            Voilà que ce papa se met à vociférer pour rien, à exploser de colère suivie d’insultes et menaces : une attitude inattendue pire que s’il s’agissait d’un ivrogne, présentant  »un visage d’écrevisse cuite avec de grosses veines saillantes » et  »une corpulence entre buffle et taureau’‘. On est en présence d’un carnassier préhumain qui se nourrit d’énormes quantités de viande crue.

           Une histoire à dormir debout ? Non ! Une histoire à ne pas fermer l’oeil de la nuit tant on prévoit quelque violent mauvais tour à chaque instant du quotidien de ce fameux  »papa » qui s’enivre de sang cru et de puissance agressive. D’autre part, des gens de son entourage disparaissent…Ont-ils juste deviné qu’il valait mieux s’éloigner ?…

On sait qu’il n’y a pas si longtemps, à l’occasion de famines dues aux guerres, ou à des accidents d’avion dans la brousse, certains humains ont dévoré leurs semblables.

De l’état de  »bon vivant » passerait-on vite au sauvage cannibale agressif et dangereux ?

Tout abus est dangereux pour la santé, soit !

Qu’en conclure ?

             Par son personnage fortement apparenté à l’ogre des contes de Perrault, ce fameux  »papa »  ne serait-il pas ce monstre caché autoritaire, sans respect ni délicatesse, gros consommateur de viande qui s’ignore et qui justifierait les fermes-usines, ces enfers où les animaux ne voient ni la lumière du jour, ni la terre ?

             Nul doute que ce fameux roman ne fasse  »un tabac » dans les milieux végétariens bien renseignés sur les dangers, tant pour l’homme que pour la planète, des abus de nourriture carnée.

En devenant des viandards ne sommes-nous pas en train d’éliminer l’humanité, dans tous les sens du terme ?

             Il faut rendre grâce à Béatrice Gaudy d’avoir su parler d’un problème tout en ne donnant aucune leçon. Un vrai plaisir que son style imagé très personnel, son vocabulaire où s’insèrent des mots rares qui nous interpellent tels que ce passage où, à table, la mère et le fils  »bavardinent » tandis que le père  »dévore » .

             C’est un vrai  régal que de rencontrer ici ou là des mots sortis du langage courant, des mots ou phrases que l’enfant découvre , tels que :

 »mémé Léontine est  »émerillonnée » ; le petit narrateur en est resté  »épaplourdi », avec ici ou là quelques imparfaits du subjonctif que nous signale de façon amusante par avance le jeune narrateur qui vient probablement de les apprendre et qui nous confie par ailleurs ceci : »Ecrire, c’est comme rire ou crier. C’est la liberté !’‘Il faut aussi noter les prénoms des personnages: Ghiribeld, Jehin, Gésuald… qui nous catapultent habilement dans l’ambiance du conte !

           Voilà pourquoi cette histoire pleine d’humour et d’humeur, sur un fond de vérité criante concernant les travers de notre époque en matière de nourriture, en matière aussi de relations familiales, d’autorité par rapport au père ou au chef, est un vrai bonheur et pourrait se résumer ainsi : 

 »Dis-moi ce que tu manges,( oui, mais dis-moi aussi et surtout comment tu te comportes en privé, et de quelles idées tu t’abreuves), et je te dirai qui tu es ! »

Ara Alexandre Shishmanian, La Létale de la lune – Épopée lyrique, traduction du roumain par Dana Shishmanian et Ara Alexandre Shishmanian, Phos (ΦΩΣ), 2024, 172 p., 12 €.

Ara Alexandre Shishmanian, La Létale de la lune – Épopée lyrique, traduction du roumain par Dana Shishmanian et Ara Alexandre Shishmanian, Phos (ΦΩΣ), 2024, 172 p., 12 €. ISBN : 978-2.9525042-87.


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Description générée automatiquement

Ara Alexandre Shishmanian, né en 1951, exilé roumain en France, historien des religions et de la littérature, est aussi un poète prolifique, avec déjà six recueils traduits en français par Dana Shishmanian dont on connaît par ailleurs la propre production poétique. La Létale de la lune qui paraît aujourd’hui dans une traduction cette fois à quatre mains par Dana Shishmanian et l’auteur, s’inscrit dans la même note surréaliste sous l’égide de la lune que certains autres recueils comme Orphée lunaire (2021).

On peut aborder de plusieurs façons ce livre hors norme que je rapprocherai seulement des Chants de Maldoror. Soit dans l’ordre des 58 tableaux, après avoir pris connaissance de la copieuse préface de Dana Shishmanian, riche de précieuses indications tant sur les sources de cette épopée intime que sur le sens général qui se dérobe facilement sous le verbe foisonnant et souvent énigmatique. Ou bien entrer tout de suite dans le texte en suivant l’ordre des tableaux et ne venir qu’ensuite à la préface pour chercher un éclairage complémentaire. Ou bien, dernière possibilité, le prendre comme un recueil de poésie ordinaire où chaque poème peut se lire indépendamment des autres. C’est alors considérer ce livre étrange où la liberté de l’auteur éclate à chaque page, tant sur le plan du récit que celui du style, comme un appel à la liberté du lecteur, lequel s’autorisera à s’en saisir comme il l’entend, s’arrêtant sur tel passage où le lyrisme d’Ara Shishmanian s’accorde à sa propre sensibilité et, aussi bien, survolant tel autre passage, trop étranger. La poésie n’est pas un roman dont le sujet, s’il nous captive, oblige à une lecture continue, quitte à sauter certains passages. La poésie se rapproche davantage du tableau ou du morceau de musique. Elle fait appel à notre sens esthétique davantage qu’à notre entendement. Dans une exposition de peinture, certains tableaux nous touchent, tandis que d’autres du même peintre nous laissent indifférents et nous passons après un simple coup d’œil. De même pour les poèmes. C’est cette lecture butinante que nous avons pratiquée, aussi ne trouvera-t-on ici presque rien qui puisse éclairer le lecteur sur le message que l’auteur a voulu délivrer (la préface y pourvoit amplement) mais, espère-t-on, suffisamment d’arguments pour le convaincre de la beauté qui surgit si souvent au fil des pages de ce livre. 

Comme il se doit dans un texte qui affiche son caractère lyrique dès le sous-titre, l’auteur est omniprésent, un vieux narcisse aveugle, un homme âgé donc, conscient de ses insuffisances et – ajouterai-je, des incertitudes de son discours – comme de la présomption qu’il peut y avoir à se vouloir en être le héros, même malheureux. L’auteur dit aussi je suis le remord et la brume et encore je fais semblant de vivre pour découvrir où je pourrais me retrouver. Personnage spectral, donc, hanté par la létale de la lune du titre, qu’il nous présente ainsi : 

La létale de la lune apparaît toujours nue • disparaît presque invisible • toujours illisible • baignée de cette pudeur équivoque • dont le soupçon s’échappe…

Le texte apparaît comme une suite de paragraphes scandés par des « • », sans majuscules, avec de nombreux « – », construisant un long poème de vers libres (où l’on préférera peut-être voir plutôt de la prose poétique). Le registre mêle tendresse cachée et cruauté ouverte. 

Il y a bien de l’amour mais qui ose à peine s’avouer : qu’est-il, cet invraisemblable départ – tissé d’ajournements indéfinis • sinon un grand silence – une grande syllabe muette – un mot plus imprononçable que le nom de dieu • un mot ou nous nous cachons tous les deux • moi de toi – et toi, de mon amour •

… et qui semble de toute façon bien incertain et davantage lié au malheur qu’au bonheur, ce prétendu amour qui n’est que la souffrance d’un pacte blessé –

Pas d’éros, en tout cas, sans son thanatos : oh ! chaque jeune et belle créature génère autour d’elle une aurore létale •

Rien de moins défini, ceci dit, que le sexe : non il n’y a pas ici de nostalgie d’une quelconque origine perdue – mais seulement un inattendu absurde – vertigineux de miracle • un absurde – vertigineux vestige de l’orgie bleue que l’on contemple par un interminable – transsexuel crépuscule •

Qui est pourtant partout présent : pâle il caresse le vagin des vallées, le roi-lune – les traîneaux rêveurs des seins – le clitoris des horizons, enneigé sous le solitaire et sous l’ombre • 

Sexe et violence, enfin : un vélo au roues brutalement déflorées comme le pubis cru d’une fillette violée • et l’herbe aldine – aux fils soulignés par des éclaboussures étrangères comme un graisse de la lune – hantée par les fragiles sabliers •

On mesure sur ce dernier extrait la richesse de l’écriture du poète, « l’herbe aldine » venant juste après le « pubis violé », par exemple. Rappelons que le mot « aldine » renvoie aussi bien à un type d’écriture italique créé en 1499 par un certain Francesco Griffo à la demande de l’imprimeur vénitien Alde Manuce qu’au signe typographique, dit « feuille aldine » dû au célèbre Garamond (en 1549), une feuille avec la tige particulièrement ramifiée. On imagine ainsi « l’herbe aldine » aussi bien comme de l’herbe couchée sur un côté que de l’herbe enchevêtrée à l’image de la tige de la feuille aldine. La suite de ce bref extrait n’est pas moins intéressante avec le contraste entre « graisse de lune » qui laisse une impression d’épaisseur, de lourdeur et les « fragiles sabliers ».

Aucune incompatibilité entre le lyrisme et la crudité du langage, voire un certain humour : ce qui reste – un reliquat de vie comme un dernier rêve • ou peut-être juste une ironie éjaculée vers le sexe d’une fille – plus sec qu’un crâne de bouffon • la nostalgie de quelque poète qui joue au ping-pong avec la mort – ou l’orgasme d’un pendu qui refuse de devenir la gomme de son propre testament absent – à jamais non écrit • oui, entre un glome et une gomme – quelle autre trace pourrait subsister •

On aura noté, ici, l’énigme de ce pendu qui refuse de devenir la gomme d’un testament inexistant complétée par l’assonance, purement gratuite, glome (une partie du sabot des équidés) / gomme (même s’il existe une gomme spéciale pour nettoyer les chevaux). 

Les images surréalistes abondent, comme dans cette évocation de la peur comparée à une petite fille à la pâleur douce qui ne peut – de la coquille étrangère de l’escargot – jamais plus descendre • Tandis que l’on conçoit aisément la frayeur d’une petite fille perchée au sommet du rocher dont elle ne sait redescendre, imaginer cette enfant perchée sur une coquille d’escargot nous transporte dans un monde de fantasmagories.

Si la peur n’est pas bleue chez Shishmanian – un poncif à éviter, évidemment – il introduit cette couleur là où l’on ne l’attendrait pas, pour créer d’insolites effets. On a déjà rencontré « l’orgie bleue », voici trois autres exemples pris dans les dernières pages du livre :

  • combien est pleine de bleu cette coupe plus vacillante qu’une étincelle •

des vortex de bleu impondérable perdus en des lointains incolores •

une corde de bleu m’attire dans les sentiers – presque un raisin par un hiver ailé •

On note à nouveau le goût des contrastes : pleine / vacillante (pleine, la coupe est lourde donc a priori stable), bleu / incolores – et des comparaisons improbables : corde / raisin. Il serait intéressant d’éclaircir cette attirance du poète pour le bleu (d’autres exemples sont cités dans la préface), plutôt que le rouge, par exemple, qui apparaît bien plus rarement (quoique deux fois sur la même page :

une eau de mer calme et étrange – plus rouge que le vin • (expression reprise à Homère) ; 

la femme enduite de nuit et d’abject crépuscule – avec la poitrine cramoisie et les seins rouges de désespoir et de solitude blessée •

Sans torturer la syntaxe, Shishmanian sait néanmoins créer la surprise autant par l’agencement des mots que par l’insolite de l’image. Ainsi dans le vers une louve à la forêt électrique que bleu j’embrasse • où l’on note, à nouveau, le mot « bleu » curieusement antéposé, même si la formulation demeure correcte.

Au-delà des questions de forme – bien sûr essentielle en toute poésie et qui est ici particulièrement travaillée – la surabondance des images le plus souvent insolites, parfois indéchiffrables crée chez le lecteur une sorte de vertige. Rarement la langue aura-t-elle eu un tel effet sur « lalangue ». Même si l’intellect peut se raccrocher à de belles et profondes pensées, comme l’insatiable extase athée de l’homme qui se vide du divin, ou cette définition de l’âme : une solitude de passage – voici l’âme de l’homme • une solitude servie par d’humbles oublis •

Prix International Arthur Rimbaud – Concours de poésie 2025

Chers amis, chères amies Poètes,

Nous avons le plaisir de vous adresser en PJ, le règlement du prochain Concours Prix International Arthur Rimbaud 2025.

Vous le recevrez également par courrier postal.

Merci à tous et toutes pour votre participation.

En attendant de se retrouver, toute l’équipe de Poésie du Point du Jour vous adresse ses meilleures salutations.

Poésie du Point du Jour

17 allée des Néfliers

91600 Gif-sur-Yvette

Tél 06 12 68 73 89

Retrouvez-nous sur le site Concours de poèsie Arthur Rimbaud

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Prix International Arthur Rimbaud – Concours de poésie 2025 doté de 7450 euros de Prix

Gif sur Yvette le 30 Novembre 2024

Cher(e)s ami(e)s poètes,

Poésie du Point du Jour organise en partenariat avec  l’AMOPA, la SPF, le Lions Club International, Rencontres Européennes-Europoésie,  les Poètes de l’Amitié- Poètes sans Frontières, la SPAF, ACALA, les Sens Retournés, les Académies Renée Vivien, de Macon et de Villefranche sur Saône, Luna Rossa, J O M, Arts et Poésie de Touraine, Grain de Sable en Poésie, les Arts Septimaniens, la SAPF, Traversées, la Ronde Poétique, le CNM, les Rencontres Vaugelas, le Salon des Poètes de Lyon, Mille Poètes,  un concours international de poésie, avec un double objectif :

  • Donner encore plus de sens à la création poétique en mettant en valeur le talent de poètes reconnus par tous à travers le Prix International Arthur Rimbaud.
  • Recueillir des fonds en faveur d’œuvres caritatives, dont l’autisme en 2023, 2024, 2025.

Nous vous invitons à y participer.

Il est doté de 500, 300, 200, 100 ,50 euros en chèque, dans les catégories A B C D E 

et 300, 200, 100 euros dans la catégorie J. 

Le concours comprend 6 catégories (voir règlement au verso).

Les trois premiers des catégories A B C D E seront sélectionnés pour participer au prix International Arthur Rimbaud, dont le lauréat recevra 500 euros.

Les trois premiers du prix International Arthur Rimbaud jeune poète recevront respectivement 300, 200, 100 euros et seront sélectionnés parmi les lauréats des concours jeunes de l’AMOPA, de la SPF et la catégorie J de notre concours, afin de promouvoir la poésie auprès des jeunes.

La dotation totale est de 7450 euros. La clôture des inscriptions est fixée au 31 Mai 2025.

Une Anthologie des meilleurs poèmes sera éditée et la remise des prix aura lieu en Novembre 2025, lors d’un déjeuner de Gala au Sénat ou dans un autre lieu prestigieux de la capitale.

 Poètes à vos plumes …

Retrouvez-nous, sur le site : ConcoursdepoésieArthurRimbaud

Contact Claude Jenouvrier 0612687389 mail : jenouvrier@protonmail.com

Claude Jenouvrier

Règlement du Concours

Art 1 :  Poésie du Point du Jour organise avec ses 24 partenaires, le Prix International Arthur Rimbaud, ouvert à tous les Poètes d’expression francophone. Clôture des inscriptions, le 31 Mai 2025, le cachet de la poste faisant foi.

Art 2 : Le concours comprend six catégories :

  • A Thème libre-forme libre
  • B Thème libre-Sonnet
  • C Thème libre-forme classique ou néoclassique
  • D Thème imposé, le rêve ou le voyage, forme libre
  • E Chanson poétique, ballade, rondeau ou pantoum, thème libre (chanson poétique, clé USB recommandée)
  • J Catégorie jeune (moins de 18 ans), Thème libre-forme libre

Chaque participant peut envoyer autant de poèmes qu’il le souhaite dans les différentes catégories, moyennant le règlement des frais d’inscription, soit 10 euros par poème. (gratuit pour trois poèmes dans la catégorie jeune.)

Art 3 : Chaque poème ne dépassera pas 32 vers. Les textes exemptés de fautes d’orthographe seront dactylographiés sur papier blanc standard au format A4, à l’exclusion de tout autre support. Les poèmes seront anonymes, mais devront comporter impérativement la catégorie dans laquelle ils concourent. (un numéro d’ordre est attribué à chaque poète, reporté sur chaque poème, permettant de les identifier et de garantir l’anonymat). 

Art 4 : L’envoi de chaque concurrent, adressé non recommandé, mais suffisamment affranchi, comprendra :

Les poèmes en quatre exemplaires, un exemplaire du présent document daté et signé, un chèque de règlement des frais d’inscription à l’ordre de ‘Poésie du Point du Jour, deux enveloppes timbrées aux nom et adresse du concurrent

à : Prix International Arthur Rimbaud, 17 Allée des Néfliers 91190 Gif sur Yvette

Art 5 : Une Anthologie des meilleurs poèmes sera éditée sans que les auteurs ne puissent s’y opposer ni réclamer des droits d’auteur.

Art 6 : 7450 euros de prix seront répartis entre les différentes catégories, le prix International Arthur Rimbaud et le prix International jeune poète. (voir au recto).

Art 7 : Deux jurys de présélection et de sélection finale seront constitués. Leurs décisions seront sans appel.

Art 8 : La remise des prix aura lieu en Novembre 2025, lors d’un déjeuner de Gala au Sénat ou dans un autre lieu prestigieux de la capitale. Tous les participants au concours 2025 seront conviés à cette manifestation (le coût de la participation sera précisé ultérieurement).

Art 9 : Si le concours était annulé avant son terme, les frais d’inscription seraient remboursés.

Le candidat déclare avoir pris connaissance du présent règlement.

 Date et signature (lu et approuvé)

Nom prénom …………………………………………………………………………………………………………………………….

Adresse ……………………………………………………………………………………..………………………………………………

Tél et mail…………………………………………………………….……………………………………………………………………

Les lectures de Patrick Joquel

www.patrick-joquel.com

poésie

Titre : Sur la pointe des pieds
Auteur : Christophe Jubien
Illustrations : Laurent Pinabel
Éditeur : MØtus
Année de parution : 2024

Des poèmes courts. Chuchotés. Des toutes petites merveilles du quotidien. Christophe Jubien les voit, ces invisibles. Ces muettes. Il nous les partage, sur la pointe des pieds. Sans vouloir déranger. Juste comme ça. Un sourire. Un sourire d’enfant : « tu vois, c’est ça ». C’est presque rien mais c’est bien mieux que rien. Un ancrage au monde. Un encrage de la vie simple. Pas besoin de Lamborghini ou d’Aston Martin pour découvrir le monde, même si ce n’est pas interdit, quelques pas lentement posés sur le trottoir du jour, le carrelage de l’appartement et tout devient réel. Vivant. La poésie, c’est aussi cela : cette attention au trois fois rien qui rendent le monde neuf.

Les illustrations de Laurent Pinabel joue de cette simplicité, comme un enfant lui aussi et avec humour et couleurs.

Un livre murmuré qui donne envie d’être heureux. 

Offrir du bonheur à tout âge.

*

Titre : Mais pourquoi donc est-ce que je parle à ce rocher ?
Auteur : Daniel Birnbaum
illustrations : Paolo Leone
Éditeur : Association Francophone de Haïku
Année de parution : 2023

Lire et relire Daniel Birnbaum qui est parti en 2024 est à la fois nécessaire et plaisant. Des haïkus tout simplement. Une vision du monde proche. Un humour. C’est salutaire. Et ça se partage volontiers !

Il tape trois fois au carreau

mais comment répondre

au bourdon

une feuille tombe

sur une autre feuille

encore plus de silence

premier novembre

le vent s’obstine

à remuer les feuilles

et dans un autre recueil de haïku chez le même éditeur on trouve ceci que j’aime beaucoup :

matin d’hiver

la neige tombe

jusqu’au silence

Tout va de trois vers/ Daniel Birnbaum

*

Titre : signe-moi que tu m’aimes
Auteur : Levent Beskardès 
traduction en français : divers traducteurs dont Brigitte Baumié 
Éditeur : éditions Bruno Doucey
Année de parution : 2 024

Un livre étonnant. Des poèmes écrits en langue des signes. Dans l’espace. Des poèmes gestes si je peux le dire ainsi. Les poèmes sont également dessinés par l’auteur, ainsi on peut les lire en langue des signes. Ils sont ensuite traduits en français. Je peux alors les lire et entrer dans l’univers de Levant Beskardès. Découvrir son regard sur le monde. Sa perception. Forcément décalée, différente : questions de sens. Ces différences nous enrichissent. Le monde n’est pas tout à fait le même pour chacun.

*

Titre : des fourmis qui gigotent
Auteur : Ludivine Joinnot
Images : Valérie Linder
Éditeur : L’ail des ours, collection Graines d’ours
Année de parution : 2024

Un livre avec trois longs poèmes. 

Le premier : Dans cette maison-là évoque la chaleur familiale. Le home sweet home. Le bonheur de vivre. De vivre ensemble. De s’écouler avec les jours.

On se dit que la vie est belle

on voudrait qu’elle dure longtemps

longtemps, longtemps, longtemps

Le second Ma tête est dans les trains évoque le voyage. Un trajet en train. Le paysage à la fenêtre. Le ciel. Le temps qui passe. Le silence et le rêve du voyage.

Ma tête est dans les trains

le ciel change de couleurs

une voix annonce le prochain arrêt

Le troisième Des fourmis qui gigotent évoque un autre voyage en train. Celui d’une petite fille qui emmène sa Nonna en voyage en train. Comme deux petites filles. L’impromptu. La surprise. Et la joie.

Nonna s’est mise à rigoler

sans plus pouvoir s’arrêter

et moi, j’ai ri avec elle,

même si je ne savais pas trop pourquoi

nous avions soudain le même âge

et des souvenirs plein nos bagages

Les images et leurs couleurs ajoutent encore un peu plus de chaleur à ces pages. On se sent bien dans ce livre. Comme un cocon.

À lire et sans se lasser dès cinq ans par exemple, et donc à déposer dans toutes les bcd des écoles et bien sûr au-delà car la poésie échappe aux étagères.

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Titre : Et le vent sur la terre des hommes
Auteur : Bernard Grasset
Éditeur : éditions Henry
Année de parution : 2024

Certains prennent des photos. D’autres esquissent des aquarelles. Écrivent des cartes postales. Ou des poèmes. Bernard Grasset, quand il voyage, écrit des poèmes. Librement. Quand on lit ces poèmes, on voyage à son tour. Bien assis. Des images passent dans nos yeux. Des paysages. Des émotions. Un partage. Les mots du poème donnent à voir. On feuillette ce recueil comme un livre d’images et de sensations. Le vent. La mer. L’espace. La solitude et la rencontre. 

Un livre à offrir à tous ceux qui aiment partir à l’aventure, à la découverte. Un livre à mettre dans les cdi de collèges et lycées pour inciter à tenter un carnet de voyage à chaque déplacement pédagogique ou personnel.

*

Patrick JOQUEL : Sur les sentiers de l’invisible, photos de Laurent DEL FABBRO, éditions de la Pointe Sarène.

Merveilleux petit ouvrage pour découvrir l’arrière pays niçois.

Ces quelques photos de laurent Del Fabbro se passent de commentaires et les textes de Patrick Joquel incitent à partir sur place immédiatement.

Michel Lautru

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album

Titre : Balla le faux lion
Texte et dessins de Kemo
Éditeur : ineffable éditions
Année de parution : 2024

Une légende sénégalaise. Celle de l’homme victime d’un sort qui le transforme en lion. Que choisir ? Vivre avec les lions ou demeurer fidèle aux humains ? Quels sont les regards des autres du village face à la transformation ? À la différence ? Des questions bien contemporaines et cependant venues du fin fond de l’Afrique sahélienne. Comme quoi l’humain est bien le même qu’il vive ici ou là, aujourd’hui, hier ou demain. 

Ce magnifique album aux couleurs sablées ou bien nocturnes selon les chapitres s’adresse à tous ceux qui aiment s’asseoir et écouter. Écouter la voix des ancêtres mais aussi celles du vent, de la lumière et de son cœur (ou de sa conscience). 

Un conte à donner à entendre et à voir dès cinq ans et jusqu’à plus soif. Le conte, comme la poésie, s’adresse à tous ceux qui en sont curieux.

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Patrick Joquel
www.patrick-joquel.com