Auteur : lievenn

Le chant de la mer à l’ombre du héron cendré, de Sonia Elvireanu, préface de Marie Faivre, Ed. L’Harmattan, Paris, 2020, ISBN : 978-2-343-20561-9

Une chronique de Claude Luezior Le chant de la mer à l’ombre du héron cendré, de Sonia Elvireanu, préface de Marie Faivre, Ed. L’Harmattan, Paris, 2020, ISBN : 978-2-343-20561-9 L’élégante couverture nous invite à suivre un oiseau butinant le soleil qui se lève sur un horizon énigmatique. S’agit-il du héron cendré (principe mâle) qui habite le titre, le début et la fin de ce recueil, ou d’un héron-cendre qui fend l’aube et parsème son ombre, alors que chante la mer (ô combien féminine!), encore tiède de ses embrasements amoureux ? Sonia Elvireanu, professeure d’université qui a déjà à son actif maints ouvrages, traductions (de roumain en français et inversement), essais et critiques littéraires, nous propose ici un cheminement à la fois intimiste et artistique.  Poésie libre, épurée où le « je » rejoint le « tu » pour aboutir au « nous », où la souffrance devient peu à peu cicatrice, au gré d’une pulsation des mots et d’une spiritualité sous-jacente. L’italique de bon aloi, les minuscules, l’absence de titres et de sous-titres donnent une fluidité graphique à une ode en …

Thierry Radière, Entre midi et minuit, poésie, La Table Ronde, 2021, 333pages, 17€

Une chronique de Lieven Callant Thierry Radière, Entre midi et minuit, poésie, La Table Ronde, 2021, 333pages, 17€ Écrire c’est « Inventer un monde où les autres viennentdes battements de coeurà partager sans compter. »   La première partie illustre ces propos, le poème est un lieu de partages. Ce que l’on reçoit en lisant se transforme et transforme immanquablement notre vie. Modifie les battements de notre coeur. Chaque poème est dédié à un autre écrivain, poète, ami. Ce qui nourrit véritablement l’écriture, l’imaginaire, c’est l’autre. L’autre que l’on aime, que l’on contredit, qui au contraire appuie mieux que nous sur ce qu’on voudrait exprimer, cache autrement, fait vivre le mystère.   À n’en pas douter, Thierry Radière est un grand lecteur, c-à-d qu’il consacre beaucoup de temps aux mots, pour qu’ils apaisent « les rides de la journée », diluent les peurs, ameutent une certaine insouciante naïveté.« Vivre sera d’aller de totem en totemde les faire tenir debout du mieux possible » être « un maçon éternel ». « Ce que je retiensde ma lecturec’est cette lumière dont le poète ne parle jamais dans son …

Entre Femmes – Poètes au jardin spirituel

Chronique de Paule Duquesnoy Entre Femmes – Poètes au jardin spirituel (Lectures de confinement) Deux livres. Cécile Sauvage, Écrits d’amour, édition établie, présentée et annotée par Béatrice Marchal, Le Cerf, (2009) Claire Malroux, Chambre avec vue sur l’éternité Emily Dickinson, Gallimard (2005) Quatre femmes poètes. Cécile Sauvage, épouse de Pierre Messiaen, qu’elle a conquis par sa poésie – ô l’irrésistible magie des mots –, mère de deux fils Alain, poète, et Olivier, compositeur, organiste et pianiste célèbre, pousse au jardin des mots, délicate fleur champêtre, plante bucolique du vallon, au suave parfum, églantine blessée par ses épines, rose enclose en sa douceur, en sa douleur. Emily Dickinson se présente discrète violette, Daisy, marguerite ou pâquerette, comme elle s’est souvent désignée elle-même, la tout-de-blanc-vêtue, mais aussi jasmin à la flagrance sensuelle. – Emilie Dickinson que Pierre Messiaen a été un des premiers à traduire.  Deux femmes menues, pas vraiment belles, mais dégageant un charme qui vient de plus loin que la beauté charnelle, celui de leur richesse intérieure, qui passe par leurs yeux, leur voix, un …

La fleur des pois d’Éric Dargenton, Éditions Traversées, Virton (Belgique), 67 p., 2021

Une chronique de Claude Luezior La  fleur des pois d’Éric Dargenton, Éditions Traversées, Virton (Belgique), 67 p., 2021, ISBN 9782931077016 Lecteur, voici la fleur des pois. Avant-propos original, tout en vers ! Lequel d’entre-nous sait que les pois ont des fleurs (ce qui, il est vrai, tombe sous le sens), si ce n’est le poète ? Et que ces pois permettent au cœur pur de s’alléger d’un poids : celui de l’existence, de l’hiver, d’un instituteur au front plissé, d’un labeur austère, d’ailes blessées, d’une femme-fée, d’un grésil fatal… En quelque sorte Petit-Poucet sur les sentes du merveilleux, Éric Dargenton s’adresse d’emblée au lecteur comme pour l’amadouer, pour requérir de sa part une manière de bienveillance, de simplicité. Nous voici dans un jardin des simples, au sens noble du terme, comme si toute herbe avait valeur thérapeutique. Confession pudique, un brin désuète, mais avec une sensibilité rare et beaucoup de talent. Vers rimés où les métaphores créent la surprise, où se bousculent les changements de tons, où la dérive des saisons cisèle les états d’âme. …