QUELQUES MOTS SUR TRACTION-BRABANT par son créateur

couverture du n°94

« Traction-brabant », alias T-B, est le nom du fanzine poétique que j’ai créé à la fin 2003 et dont le premier numéro est sorti en janvier 2004.

Le titre vient de la contraction entre une traction-brabant, l’automobile Citroën de 1934, et un brabant double, la charrue à double soc, encore présente à titre décoratif dans les campagnes. Ce mariage bizarre est issu de mes souvenirs d’enfance passée dans le Morvan, lorsque j’étais attiré par ces mécaniques à la fois anciennes et astucieuses.

Rien à voir avec les poèmes, si ce n’est que je trouve cela poétique.

Pour le reste, j’ai créé T-B avec, dans la tête, quelques intentions précises : 

1) Aller le plus vite possible pour concevoir en solitaire chaque numéro et au moindre coût possible ; ce qui signifie, utilisation des seules bureautique et photocopies, au moins durant les premières années, donc absence d’intervention d’un imprimeur, absence également de comité de lecture, qui me permet de répondre plus vite et de manière circonstanciée (si possible, pas de réponse bateau qui n’explique rien, qu’elle soit positive ou négative) aux envois de textes, tout en préservant la diversité des styles à publier ;

2) Volonté, au départ, de publier des écritures d’inspiration anarchiste, comme celles de Gérard Lemaire et de Pascal Ulrich, en réaction à celles, moins sombres ou dérangeantes, publiées par des éditeurs ayant plus pignon sur rue.

Le premier numéro a existé à… 50 exemplaires.

De nombreuses petites avaries se sont produites depuis : je me souviens notamment de celle ayant touché le numéro 5, dont les poèmes ont été coupés par les pliures des pages, à cause d’un mauvais calcul de marge.

À côté de ça, le numéro 18 de T-B a été conçu le… 11/07/2007, et le numéro 19, le 12/07/2007, suite à un trop-plein de poèmes !

À partir du numéro 15 de T-B de décembre 2006, et afin de mettre un peu de beurre dans les épinards, apparition de la participation aux frais de copie et postaux, qui s’est substituée aux timbres, pas toujours envoyés par les lecteurs !

À compter du numéro 29 de T-B de mars 2009, qui comporte un hommage à Pascal Ulrich en 4e de couverture, fin des copies et début de l’impression du fanzine en format PDF chez mon reprographe habituel, mais toujours après confection artisanale de la maquette à partir du logiciel Word.

En janvier 2014, avec le numéro 55 et les numéros suivants, pour les 10 ans de T-B, le papier calque de couverture a été remplacé par une « vraie » couverture de 160 grammes, aux couleurs variables selon les opus. Le grand luxe !

Enfin, agrafage par le reprographe des numéros à compter seulement du 90è numéro de septembre 2020, en raison d’une grande fatigue de mes agrafeuses et du taulier qui commence à avoir mal aux… épaules et aux mains. Cela s’appelle la crampe du poézineur. Vous êtes autorisés à compatir !…

À part ces évolutions et anecdotes, T-B n’a guère changé de philosophie depuis sa naissance, ce qui a permis la publication de quelques 600 poètes et d’une cinquantaines d’illustrateurs, la plupart des 5 à 6 numéros annuels existant à un tirage de 150 exemplaires, le tout sans perception d’aucune subvention. Comme quoi les poètes peuvent être parfois sincèrement intéressés par la poésie !

Je laisse venir les participant(e)s, et ne cherche toujours pas à publier celles et ceux qui sont déjà beaucoup publiés par ailleurs, préférant pour ma part être un découvreur de nouveaux talents que celui qui arrive après la bataille, pour la légion d’honneur, en quelque sorte.

À ce propos, à l’enseigne du Citron Gare, ont été édités, depuis 2012, les poètes suivants, que j’ai découverts à travers « Traction-brabant », soit, par ordre d’apparition : Fabrice Marzuolo, Régis Belloeil, Thibault Marthouret, Marlène Tissot, Fabrice Farre, Pierre Bastide, Murielle Compère-Demarcy, Laurent Bouisset, Samaël Steiner, Xavier Frandon, Chloé Landriot, Marc Tison, Marine Gross, Murièle Camac, Julien Boutreux, Michel Talon et Marie Alcance.

Pas de changements prévus à l’horizon, sinon l’envie de tenir encore plusieurs années à l’aide de la même liberté !

P.M.


Le site de Traction-Brabant et sa Page FB

Éditions Le Citron-Gare et sa page FB

Poésiechroniquetamalle

C’est vous parce que c’est bien


Patrick DEVAUX, LE TEMPS APPRIS, Illustrations et préface de Catherine Berael, poésie, Editions LE COUDRIER, 2021, 67 pages.

Chronique de Jeanne Champel-Grenier

Patrick DEVAUX, LE TEMPS APPRIS, Illustrations et préface de Catherine Berael, poésie, Editions LE COUDRIER, 2021, 67 pages.


                      Préfacé et illustré de trois belles aquarelles de Catherine Bérael, ce recueil de poèmes intitulé : LE TEMPS APPRIS, même écrit par un poète discret, profond et solitaire, me rappelle la conjugaison des verbes ; la vie n’est-elle pas conjugaison entre soi et soi, entre soi et les autres ? S’agit-il ici des temps passés que l’on nomme simple, composé, imparfait, plus que parfait, voire passé antérieur ? Il y a de la pureté des apprentissages d’enfance dans ce recueil puisqu’il s’agit de se situer par rapport aux êtres aimés disparus, dont la place demeure réservée, jonglant entre présent et passé. Il y a la conjugaison de la parole et du silence. Il faut aussitôt noter l’écriture verticale aérée, une écriture ascensionnelle… Volonté de ne pas s’appitoyer ? Ouvrir un lien direct, rapide, un envol de la pensée entre terre et cieux ? Le choix est bienvenu, tout en justesse et pudeur des mots.

                      Ccomment interpréter l’absence dans la durée? Le poète n’a pour salut que le questionnement perpétuel dans l’écriture.

: « il est tard mais je la sais vivante entre les mots du sommeil » p.8

Présence rassérénante, ou bien douloureuse ? Ici, il ne s’agit pas  »d’un au-delà facile » car  »depuis si longtemps elle passe sans se retourner »p.11

Le seul pouvoir qui reste au poète c’est :’‘défier l’infini dans l’acte d’écrire’‘ p.21, chercher la légèreté de l’oiseau, d’une aile, d’un geste providentiel ( en ciel ) et l’aube lui est un soutien : »l’aube porte conseil aux phrases, elles sont mon perchoir » p.27

                     L’essentiel désormais prend naissance sous la plume comme autant de mystères qui  »tremblent à l’idée d’effleurer l’éternité » p.43. Passé et présent vont de concert, concert de silence où les chutes se font sur un mot qui vous projette vers une autre lumière : »le poète est cet accident qui bute sur un mot et rebondit sur les aurores » p.44

                     Ainsi LE TEMPS APPRIS demeure apprentissage. Il est cette attente, cette quête perpétuelle de bonheur, en souvenir de cet instant  »où avec un seul regard tout peut basculer » p.56

Aérien et solide à la fois, LE TEMPS APPRIS remet nos pendules de certitude affective à l’heure, à l’heure universelle. L’amour survit au-delà de la mort mais qu’en est-il de l’être aimé ? C’est la question en perpétuel suspens et c’est tout ce qui poursuit le poète, être sensible talonné par le mystère, alors que fait-il ?  »il continue son œuvre jusqu’à ce que cendres éparpillées aux lèvres la parole soit transmise » p.54 

                      Et je dirais que par ce très beau recueil illustré d’aquarelles sensibles de paysages profonds, légers et lumineux, de Catherine Bérael, l’auteur nous donne une vision personnelle, élevée et attachante du questionnement sur l’absence ressentie sur la durée.

                                                                                             ©  Jeanne CHAMPEL GRENIER


Le temps partagé -16euros -Editions Le coudrier

Patrick DEVAUX – 33 rue du monastère -1330 – Rixensart-Belgique

Oeuvres récentes de l’auteur :

Ed. Le coudrier :

  • Tant de bonheur à rendre aux fleurs ( poésie) 2016- Réédité en 2019
  • Partage de la nuit (poésie) -2017 
  • De porcelaine ( récit)- 2018
  • Ed.Carnet du dessert de lune :
  • Les mouettes d’Ostende ( roman)-2011
  • Dorures légères sur l’estran ( roman)-2015