Barbarie 2.0, Andrea H. Japp Flammarion, 24 septembre 2014. 21 €

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Barbarie 2.0, Andrea H. Japp, Flammarion, 24 septembre 2014. 21 €

Quand Yann Lemadec, analyste de données, spécialisé en psychologie à la Brigade d’intervention secondaire, est discrètement recruté par Henri de Salvindon, grand patron de la DCRI, pour enquêter sur le meurtre sordide de Thomas Delebarre, un avocat général, Yann se doutait bien que les choses n’étaient pas très claires, pas plus que le rôle qu’on allait lui faire jouer. Il était trop fin limier sur le fonctionnement humain pour ne pas avoir senti l’opacité de l’affaire, mais il était loin d’imaginer qu’il venait de mettre le pied au cœur d’un affrontement d’une envergure telle, que le sort de l’humanité pouvait en dépendre. Il était loin d’imaginer à quel point cela allait le dépasser.

L’enjeu est de taille et les deux groupes qui s’affrontent en secret sont tout aussi impitoyables l’un que l’autre. Ce qui les différencie c’est que l’un lutte et complote pour défendre sa caste au mépris de tout le reste, avec cynisme et avidité, seul compte le profit, toujours plus de profit et l’autre, lutte pour préserver l’espèce, quitte à en modifier un peu les gênes pour être de taille à lutter. Yann quand à lui, breton, beau mec, intelligent, gentil, cultivé, fait partie d’un groupe en voie de disparition, celui des électrons-libres, philosophes, humanistes et un peu rêveurs, qui ne peuvent concevoir d’aussi extrêmes radicalisations.

Il sera ce fétu de paille baladé par les uns et les autres, accroché vaille que vaille à une quête obstinée de la vérité, avant d’être balayé en un claquement de doigt.

On est ici de part et d’autre dans l’application de l’adage « la fin justifie les moyens ».

« Nous avons raison, nous et le camp opposé. Le chaos se prépare. La seule inconnue demeure quand ? Quand aurons-nous raison ? »

Sur fond de déferlement de violence, Barbarie 2.0 aborde des aspects sombres mais tout à fait tangibles du monde d’aujourd’hui. L’auteur s’appuie sur d’innombrables faits divers réellement arrivés ces dernières années et des notes en bas de pages (trop ?) renvoient à un bon nombre de liens, qui donnent par moment au roman une allure de documentaire.

« Or comme disent les stars de l’économie numérique : si c’est gratuit, c’est que le produit, c’est toi ! La masse, le peuple quoi, a été de la chair à canon, puis à mines. C’est maintenant de la chair à écrans (…) »

L’intrigue tient d’abord la route, son découpage garde le lecteur en haleine, peut-être trop même, car à mi-chemin, on peut commencer à rester sur sa faim, comme s’il manquait quelque chose, comme si ce thriller ne tenait pas ses promesses, restait trop en surface.

Un détail par exemple, mais qui peut devenir gênant à la longue, l’auteur a un goût prononcé pour les descriptions, notamment d’intérieurs, qui semblent parfois un peu incongrues, et on sent que l’auteur se fait plaisir mais le lecteur lui, peut avoir l’impression soudain de feuilleter un magazine d’art et décoration.

Peut-être Andrea H. Japp s’est-elle ici attelée à un sujet trop lourd, où la fiction s’emmêle trop de références réelles et implique donc une dimension plus profonde, plus fouillée ? La fin d’ailleurs est bien trop simpliste, au vu de toutes les questions justement qui ont été soulevées et il manque bien des paramètres pour pouvoir tenter d’y répondre. L’auteur, passionnée de neurobiochimie, propose cependant une lecture possible.

 « La barbarie 2.0, la déferlante du sadisme à l’humaine. Toutes les conditions sont réunies. Notre trop grand nombre sur cette planète, nos haines des autres savamment orchestrées, les dysfonctionnements du cerveau engendrés par des carences, des pollutions, aggravés par les drogues, sans oublier une anesthésie générale des populations  à qui l’on refourgue du pain et des jeux pour qu’elles ne voient rien venir, tant qu’elles peuvent payer. Les agneaux seront égorgés, seuls les fauves survivront. Les pires des fauves. L’automne est là et l’hiver arrive. Il durera. »

©Cathy Garcia

indexrNée en 1957, toxicologue de formation, Andrea H. Japp, pseudonyme de Lionelle Nugon-Baudon, se lance dans l’écriture de romans policiers en 1990 avec La Bostonienne, qui remporte le prix du festival de Cognac en 1991. Aujourd’hui auteur d’une vingtaine de romans, elle est considérée comme l’une des « reines du crime » françaises. Elle est également auteur de romans policiers historiques, de nombreux recueils de nouvelles, dont Un jour, je vous ai croisés, de scénarios pour la télévision et de bandes dessinées.

Les lectures de janvier de Patrick Joquel

 
Lectures janvier 2015

www.patrick-joquel.com

poésie

 
Titre :
Un grand militaire sur une pomme de terre
Auteur Jacqueline Held
Illustrations  Matt Mahlen
Editeur : Gros Textes
Année de parution : 2014

Un petit livre coloré, joyeux, lumineux et grave. Ça se lit dès la Maternelle mais comme toute souris verte, ce n’est pas aussi simple, ni gratuit que cela. Ce qui est en jeu ici est multiple. La langue et ses pirouettes cacahuètes, l’engagement humain, le rire moqueur ; bref la liberté !


Les illustrations palpitent à la hauteur des mots, leurs donnent et la main et le regard ; un bel accord.

Ce livre est une mine d’idées, de réflexions et de rires pour tous ceux qui ont à partager l’enfance au quotidien, dans les écoles et ailleurs. Un livre pour tous ceux qui ne sont pas sérieux…

Un livre à ranger sur la même étagère que les Chantefables et chantefleurs de Desnos. Tiens on y retrouve déjà des livres de Jacqueline : Poiravechiche (Grasset) avec Claude, Chantebêtes (Jasmin)…

http://grostextes.over-blog.com/Patrick Joquel

"Quotidiennes pour interroger", de Georges Cathalo
Titre : Quotidiennes pour interroger
Auteur Georges Cathalo
Editeur : La Porte
Année de parution : 2014

Une nouvelle plaquette de la Porte. Petit tirage à 200 ex. La poésie c’est aussi cela, du minuscule, du confidentiel, du rare, du fort. La densité ici est présente. Cathalo interroge ce monde des bourses et de la puissance technique. Il questionne ce progrès qui oublie tant d’humains au bord de sa route, détruit des pans entiers de la planète.

Un questionnement qui résonne bien avec le prochain thème du printemps des poètes : l’insurrection poétique.

comment accepter

que les radars les plus puissants

détectent le moindre son

repèrent la moindre image

et qu’ils soient sourds et aveugles

puisqu’ils ne voient pas et n’entendent pas

ceux qui souffrent ?

romans

 
Du sable entre tes doigts par Favaro

Titre : Du sable entre les doigts

Auteur Patrice Favaro
Editeur : le muscadier
Année de parution : 2013
Prix : €7.90

Amérique du Nord. La crise des subprimes. Au lieu d’être vue via le prisme de la presse et des reportages documentaires, c’est sous la plume d’un humaniste. Un récit serré. Comme une longue lettre. Un récit de voyage. Au sens asphalté du terme, entre deux villes. Aux différents sens de l’humain aussi : l’amour entre deux personnes ; le rêve d’une maison, vampirisé par la banque ; le quotidien d’un ado qui n’a rien demandé à personne et qui se retrouve confronté à l’impensable : l’abandon, le sans domicile fixe, une famille en lambeaux…

Une manière de sortir les mots de la télé pour leur donner chair et songe. Une manière de comprendre que les requins existent autour de nous. Une manière de grandir en homme responsable.

Cycle trois du primaire et collège (et au-delà bien sûr tant l’écriture de Favaro prend son lecteur et ne le lâche plus).
www.muscadier.fr
des larmes sous la pluie
Titre : Des larmes sous la pluie

Auteur Rosa Montero
Editeur : Métailie
Année de parution : 2013
Prix : €21

Superbe roman de sf. On y croise des humains, des réplicants, des extra-terrestres… sur Terre. Une enquête policière pour trame. Une quête : vivre mieux, vivre plus ou simplement aimer. Une peur : mourir.

Un décor futuriste oui, mais des questions essentielles et intemporelles pour notre humanité. Qu’est-ce qui fait de nous des humains ?

 
http://editions-metailie.com/?s=rosa+montero

Couverture du livre Les orphelins d'Amérique - Michel Piquemal 
Titre :
Les orphelins d’Amérique
Auteur Michel Piquemal
Editeur : Le Muscadier
Année de parution : 2013
Prix : €6.90

Trois courts récits mettent en scène trois vies. Trois garçons. Trois enfants des rues. Trois pays d’Amérique du Sud. Les mots qu’on lit dans la presse. Les statistiques… Voici un peu de chair pour leur donner une âme. C’est écrit en direct. C’est fort. Intense. Grave. Reflet de réalité. Histoire de ne rien oublier…

Un livre à dimension humaine, un livre sur les droits de l’enfant et de l’homme. Un livre à mettre dans tous les cdi de collèges, bien sûr.


© Patrick Joquel

www.patrick-joquel.com

Patrick Joquel

Penser à une soirée Poésie en appartement : veillée avec un poète…

 

  • 30e Printemps de Durcet en avril, mais en amont les 26 et 27 février 2015 à Caligny (61) je rencontrerai cinq classes.

  • 10 mars je suis à l’école de Coaraze  (06)pour rencontrer trois classes

  • 13 mars : Grimaud (83)pour une escapade littéraire à 18h30 ! Lecture au dé !

  • 18 avril : Printemps des poètes à Breil sur Roya (06), signatures, lecture et atelier d’écriture.

  • 30 mai: St Maximin la Sainte Baume (83) 3e festival Il est livre Max. Signatures avec le Bateau blanc.

  • 3 juin : Signes médiathèque (83) Atelier d’écriture.

  • 19 et 20 juin : Grimaud (83) 3e festival les remp’arts ; signatures et rencontres classes.

  • 1 au 4 octobre : Mouans-Sartoux. Festival du livre. signatures avec Papiers Collés, l’Eau Vive et Soupe de l’espace. Rencontres classes.
    > Patrick Joquel www.patrick-joquel.com

 .

http://www.facebook.com/patrick.joquel

 

dans l’émission de Christophe Jubien  » La route inconnue « ,
Diffusion mardi 14H30
Rediffusion dimanche 20H et sur le site bien sur

émission du mardi 20 janvier : je parle des haïkus d’eau de Paul Bergèse et de quotidiennes pour interroger de Georges Cathalo
site : radiograndciel.fr