Alain Mabanckou – Lumières de Pointe-Noire – Seuil –(19,50€- 282 pages)

Alain Mabanckou

 

  • Alain Mabanckou – Lumières de Pointe-Noire – Seuil –(19,50€- 282 pages)

Alain Mabanckou aura attendu vingt-trois ans pour effectuer son « retour au bercail », sorte de pèlerinage, à l’instar de Dany Laferrière dans l’Enigme du retour.

Invité par l’Institut français de Brazzaville, en 2012, l’auteur en profitera pour retrouver des ponténégrins et renouer avec ses proches tout en alimentant le terreau pour le livre qui retracera ce séjour. Le récit alterne passé et présent, conjugue la veine autobiographique et une fresque qui capte la vie dans les rues, les bars et la foule anonyme, sorte d’état des lieux du Congo.

L’auteur nous ouvre des pans plus intimes en insérant des photos de son album familial en fin de chapitre.

Le roman débute par une confession d’autant plus touchante qu’il s’agit de révéler pourquoi l’auteur avait choisi d’occulter (en 1995) la disparition de sa mère: « atermoyer le deuil ».

Tout en brossant un sincère portrait de Pauline Kengué, figure féminine déjà évoquée dans de précédents romans, il met en exergue les qualités de business woman « chevronnée ». Sa maturité précoce lui permit de percevoir ce que sa mère lui taisait. Avec émotion et gravité il se remémore son enfance, leur relation filiale et leur ultime tête à tête. Les dernières paroles de cette mère, pétrie d’abnégation, sont à jamais gravées : « Mon petit, ne me déçois pas », « Deviens celui que tu voudras devenir… » et scellent une douloureuse et poignante séparation. Les références culturelles s’infiltrent dans la description de la « bicoque » digne d’un roman de Sepulveda ou Hemingway. Alain Mabanckou témoigne de son attachement viscéral au « patrimoine familial ».

Son enfance a été baignée de légendes rattachées à la lune, (« l’oeil céleste », fête du Sacrifice) et de prophéties, de croyances (présence d’un corbeau) qui lui ont laissé de profondes empreintes, tant il fut rempli d’effroi à la vue de Massengo, cet épouvantail ou d’un corbillard.

Autour de Pauline, gravite une famille exponentielle. Parmi cette fratrie, un bataillon de cousins, on croisera les figures les plus marquantes. Son géniteur ayant déserté, Papa Roger sera son père de substitution, autodidacte qui lui inculqua le goût des mots, la curiosité, l’ouverture d’esprit. Il l’initia à la lecture de la presse, « lectures du monde » et à l’usage du dictionnaire pour enrichir son vocabulaire (apocryphe). Il développa son appétence pour « la fragrance de la pomme verte ». Pathétique sa rencontre avec « mère Teresa », qui veilla sur sa croissance et qui n’est plus qu’« une loque humaine », en état de déliquescence. Avec Grand Poupy, « tombeur de ces dames », il revisite ses frasques amoureuses. Yaya Gaston sème le trouble, grisé d’être un personnage de roman.

Il est impressionné par « ces petits anges »qui lui collent aux basques et veulent une photo avec lui.

Alain Mabanckou convoque aussi les disparus « personnages ensevelis dans les ténèbres » et les ressuscite en évoquant des tranches de vie (chasse nocturne). Il découvre le sens des chaises vides.

Le narrateur est perçu différemment selon les personnes croisées. Quand on a renié sa famille depuis des décennies, on doit s’attendre à prendre des claques et recevoir un tombereau de reproches. Pour certains il est le « grand frère », pour d’autres « petit frère », ou encore « l’Américain ». Pour les plus jeunes de sa fratrie, il est « une apparition, une ombre… »

Il incarne l’écrivain que beaucoup rêvent de devenir, celui qui vit chez les Blancs, qui passe à la télé. Pour Grand Poupy il était devenu « un affabulateur public ». On devine un fossé entre lui-même et les autochtones, devenu un étranger, dans leurs échanges. N’est-il pas « déconnecté de la réalité »?

Le cinéma Rex marqua l’enfance de l’auteur au point de donner aux chapitres de la seconde partie des titres de films, traduisant les références cinématographiques de l’auteur.

En parallèle s’esquisse la façon dont le narrateur a engrangé ses connaissances au fil de sa scolarité, fréquentant très tôt la bibliothèque. Il prit plaisir à mystifier ses camarades en leur contant ses fictions. Il reste imprégné par ses cours de philosophie qui lui forgèrent l’indépendance d’esprit.

L’auteur sait alterner gravité et scènes plus légères, matinées d’humour comme les leçons de drague, l’incident du kundia. Avec auto dérision, il revient sur sa naïveté quant à sa lecture dans l’ordre alphabétique. Avec tendresse il évoque sa confusion quand il découvrit que sa mère lisait le journal à l’envers, elle qui se sentait exclue de la complicité de son fils et Papa Roger.

Alain Mabanckou radiographie la vie congolaise: port de l’uniforme dans les écoles, levée des couleurs et hymne national, pénurie de médecins qualifiés, rejet de l’anglais, méfiance des Blancs. Il aborde la religion (catholicisme supplanté par l’église pentecôtiste), la prostitution.

Il ne partage pas la vision d’« un paradis de misère », au contraire il nous conduit vers « les points de lumière » que savent débusquer les enfants. Pour eux le bonheur se niche dans un pneu, des tongs, l’imaginaire prend la relève. L’auteur souligne l’esprit solidaire, l’euphorie collective.

En filigrane défilent le passé colonial une nation marquée par les stigmates de « la traite négrière », les conflits nordistes/sudistes, la guerre civile, jusqu’à son indépendance en 1960.

Avant de s’envoler pour Paris, l’auteur, « oiseau migrateur » confie ce qu’il n’a pas fait, aurait dû faire. Une pointe de nostalgie accompagne ses adieux à sa « concubine », car il subodore comme C.M. Cluny qu’« il y a des lieux que l’on pressent ne jamais revoir, des êtres ne jamais revoir ».

Alain Mabanckou signe un roman touchant dans lequel il tente de s’amender après avoir été taraudé par tant de culpabilité et d’ingratitude. Voilà « l’oubli, l’indifférence réparés », mais peut-être achetés par ses enveloppes laissées discrètement à ses proches. Récit ponctué d’anecdotes, de souvenirs immarcescibles servi par une écriture épurée, une plume « corrodée par le sel des regrets ». Un livre-mémoire, empreint de tendresse, d’amour, de déférence.

Un bel hommage d’un fils à sa mère. Inutile d’attendre d’être à la lettre M pour découvrir cet auteur couronné en 2012 par le prix de l’Académie française.

©Nadine DOYEN

Lily et Po de Lauren Oliver, traduit de l‘anglais (États-Unis) par Alice Delarbre.

  • Lily et Po de Lauren Oliver, traduit de l‘anglais (États-Unis) par Alice Delarbre. Hachette Romans, novembre 2012. Tome 1, 2 et 3. Chacun fait 160 pages, les deux premiers reprennent les deux premiers chapitres du tome suivant. 9,90 € par tome.

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Trois livres jolis comme tout pour une seule histoire. Une belle histoire, celle de Lily et Po, tissée autour d’un sujet grave : la perte d’un proche, et pire encore, l’assassinat d’un proche pour le plus vil des motifs : la cupidité. Ici c’est le papa de Lily qui est empoisonné par Augusta, sa deuxième femme. La « parfaite » incarnation de la marâtre affublée de sa propre fille idiote, et la pauvre petite Lily, a la mort de son père, se retrouvera recluse au grenier. C’est là que Po et Baluchon vont faire leur apparition. Po n’est pas un garçon, il n’est pas une fille non plus et Baluchon n’est pas un chat, ni un chien, mais il pourrait être l’un ou l’autre. Po et Baluchon viennent de l’Autre Côté. Ce sont des fantômes et tous deux et Lily vont devenir comme les meilleurs amis du monde, ou plutôt, des deux mondes. Ils aideront Lily à s’échapper du grenier pour réaliser son vœu le plus cher : apporter le coffret contenant les cendres de son père au pied du saule pleureur à la Maison Rouge, là où est enterrée sa mère. Il lui faudra prendre le train, c’est une grande aventure, mais Po et Baluchon seront ses compagnons de route. Seulement, c’est sans compter d’innombrables obstacles qui ne vont pas manquer de se mettre en travers de leur route, en grande partie dus à quelques adultes dotés de très vilains défauts. Ainsi, suite à une malencontreuse confusion entre deux coffrets, l’un contenant les cendres du papa de Lily, l’autre une poudre magique, la plus puissante qui soit, la petite Lily va connaître bien des mésaventures. Elle y rencontrera Will, un petit garçon apprenti alchimiste qui l’aimait sans qu’elle ne le sache, et dont le destin est lié au sien, et puis l’alchimiste, qui connait toutes les magies possibles, sauf la plus essentielle : celle du cœur. Une vieille dame rigide et bornée, un policier trop zélé, une pseudo comtesse ambitieuse et cruelle, un malfaiteur qui n’est autre que le frère de cette pseudo comtesse, Mel, le garde de la comtesse, un grand maladroit au cœur énorme, sa chatte Gauchère le sait bien, et d’autres personnages encore. Toute l’histoire se déroule dans un décor sombre – le soleil a disparu depuis des années et la végétation aussi, et baigne dans une ambiance victorienne. La plus grande partie des personnages adultes semble courir après la gloire, la richesse, la reconnaissance sociale, d’autres après leur vision obtuse de l’ordre et de la morale, et tous sont prêts à tout pour obtenir satisfaction. Les deux enfants traverseront bien des dangers, mais la solidarité, l’entraide et l’amour auront raison de tous les mensonges et de toute vilénie. La morale, s’il en faut une, pourrait être que chacun en aidant l’autre, s’aide lui-même et comme dans les contes de fée, l’histoire finira bien.

©Cathy Garcia

 

Lauren Oliver

Lauren Oliver

 

Titulaire d’un diplôme de philosophie et de littérature à l’université de Chicago, Lauren Oliver a ensuite suivi une formation en arts à l’université de New York. Elle a brièvement travaillé comme assistante d’édition chez un éditeur new-yorkais, avant de se consacrer entièrement à l’écriture. Elle vient d’une famille d’écrivains. Elle a publié son premier livre en 2010 : Le dernier jour de ma vie (Before I fall), puis une trilogie Délirium dont le dernier tome doit paraître en 2013.

Traversées a reçu les recueils suivants

 

Traversées a reçu :

Les recueils suivants :

  • Au rythme d’un équilibre ou Ma force onirique, Monique THOMASSETTIE, poèmes et reproductions de tableaux, éditions M.E.O., 1050 Bruxelles, 2013, 102 p. dont 12 en couleurs, 17€.

  • « Le dénominateur commun

de sa réalité et de son rêve,

c’est sa vérité

évolutive »

Recueil de poèmes en quatre chapitres : Quelle obscure vision requiert ma voix claire ? ; Plus d’un tour dans son cube ; Quelle question vaudrait son pesant de réponse ? et La résurrection sera rythme.

Quatorze œuvres plastiques de l’auteur le jalonnent.

Symbolistes, l’écrit et le peint ou dessiné expriment la même quête.

Écrivain et peintre, Monique Thomassettie est l’auteur de plus de quarante ouvrages (poésie, contes et nouvelles, roman, théâtre), dans lesquels elle « vivifie mythes et symboles en les varian, en les mouvementant ». Certaines de ses œuvres ont été traduites en bosniaque, croate et anglais.

« Her poetry is unusual in several ways: in its imaginary, its pictorial qualities, as well as in its deep sense od the sacred. Humorous touches are present as well… » Renée Linkhorn and Judy Cochran, Belgian Woman Poets, An Anthology, Peter Lang, New York, 2000.

« Monique Thomassettie élabore une des œuvres les plus singulières de notre époque, aux confluents de la poésie, du conte, du récit intérieur et du théâtre, marqué par une spiritualité proche de la mystique, indépendante des dogmes, confrontant avec les sources religieuses une symbolique personnelle profondément vécue » Gilpro, CritiquesLibres.com

  • Conjurations de la mélancolie, Joseph BODSON, Parole, Le Non-Dit asbl, 2012.

  • Inutile, Mandin, poèmes, éditions Lanore, Françoic-Xavier Sorlot éditeur, 6, rue de Vaugirard, 75006 Paris, 2012.

  • Ce quatrième recueil de Mandin offre une perspective différente, bien qu’on reconnaisse cette écriture toujours aussi plastique – rare dans la poésie contemporaine. Si l’influence japonaise est présente, c’est sans doute parce que cette civilisation dans son essence porte beaucoup moins ce dessin de l’utile que la société occidentale, c’est surtout parce que le poète de « l’inutile » s’inscrit dans la recherche continue d’un sens qui s’élabore avec la rencontre anodine, l’importance de verbes récurrents – « savoir », « exister », « devenir » ou « dire » – , une ligne centrale où l’on retrouve l’humour, la dérision, la phrase lapidaire, l’interrogation de tout l’être et de ce qui l’environne, comme cette nature beaucoup plus présente que dans les recueils précédents. « Laisse l’inutile guider tes choix », écrit le poète ; ce qui pourrait s’apparenter à un paradoxe devient cependant une sorte de viatique, souvent soutenu par l’injonction, une façon de retrouver l’essentiel, la langue du visuel, du silence, du non-dit, non pas contre l’utile, mais parce que ce dernier risque de nous priver de cette incertitude qui fonde une approche singulière. Ainsi la parole et la forme visent à retrouver, sans hermétisme, « cette émotion appelée poésie si chère à Reverdy.

Claude Tuyeras, Professeur de lettres

  • Ne tue pas la mésange bleue, Nicole PIQUET-LEGALL, prix de poésie 2012 Yolaine & Stephen Blanchard, Les presses littéraires, collection Florilège, 2012.

  • Sculptant ses mots au scalpel de l’introversion, l’auteure a continué d’explorer « les strates de détresse dans les dédales du deuil et son déluge de maux… », sans craindre « l’immodération ».

Pour mieux exprimer « l’inacceptable disparition, l’accablante épreuve », elle décrit les lancinantes blessures du corps crucifié dans la désespérance, jusqu’à « l’aliénance ».

Cependant, le constat s’impose, irréversible : « la mort ne se partage pas ». « Toute crainte apaisée dans l’échappée des regrets, il faut guetter les prochains réveils, la sagesse d’une nouvelle ère… » qui libérera enfin l’envol créateur.

Alors, soyons à l’écoute de ce cri frémissant telle une supplique : « Ne tue pas la mésange bleue et chante encore la vie » !

Yolaine et Stephen Blanchard

  • Nœud noué par personne, Serge NUNEZ TOLIN, Rougerie, 60p. ; 2012 ; 11€.

  • La pierre s’ouvre, libère le replié, Monique THOMASSETTIE, mélange poésie/prose et reproduction de tableaux, éditions M.E.O., 7 janvier 2013, 162p. ; 18€.

  • « Si tu rates un véhicule,

tu en prendras un autre

Tu ne rates pas :

tu échoues

Tu échoues en un autre temps

Dans l’heure

où se poursuivra

ton chemin »

Les textes (poèmes et proses) et les œuvres plastiques (9) composant ce « mélange » témoignent d’une incessante méditation sur le dépassement de l’être.

Écrivain et peintre, Monique Thomassettie est l’auteur de plus de quarante ouvrages (poésie, contes et nouvelles, roman, théâtre), dans lesquels elle « vivifie mythes et symboles en les variant, en les mouvementant ». Certaines de ses œuvres ont été traduites en bosniaque, croate et anglais.

  • Sublimisme balkanique – Tome 1 – Poètes de Croatie, anthologie poétique traduite du croate par Tomislav DRETAR et Gérard ADAM ; choix de Tomislav DRETAR, éditions M.E.O., 7 janvier 2013, 200p. ; 16€.

  • « Dès que j’ai commencé à écrire de la poésie, je me suis interrogé sur sa nature. Les conceptions traditionnelles me laissant insatisfait, j’ai peu à peu développé ce que j’ai appelé « sublimisme ». Le sublimisme n’est pas un programme poétique. Il n’est pas une école d’écriture. Je le considère comme une philosophie de la poésie. Il est pour moi une rencontre, une action commune d’interprétation et de production des œuvres. Il me porte vers une conception de la création poétique où, pour le poème, le mot était au début, comme Dieu pour le monde… Ainsi les poètes créent-ils une nouvelle homériade où, contrairement à l’antique, le mot est au même moment porteur du rôle principal et du dieu qui l’actionne. L’être humain devient homme par l’action du mot qui va le promouvoir en être créatif. Et les poètes élus deviennent de nouveaux rhapsodes, qui propagent une nouvelle histoire de ce monde.

Marqué par mes propres expériences de guerre et de paix, je me suis senti particulièrement concerné par le fait de montrer comment les poètes slaves du Sud ont réagi sur la récente période de guerre. Les poètes qui répondent à ma définition du sublimisme balkanique, s’ils ont subi la guerre et son choc post-traumatique, ne sont pas tombés dans un état de haine ou de vengeance. Au contraire, ils sont parvenus à sublimer dans la poésie et par la poésie ce qui a traumatisé leur chair ou leur imaginaire, créant un être esthétique, le Beau, complètement ouvert au monde.

Dans ce premier opus, je présente une sélection de dix poètes de Croatie, bien conscient des limites et de la subjectivité de ce choix. Il sera suivi de deux autres, consacrés à des poètes de Bosnie-Herzégovine et de Serbie. En cette année où la Croatie rejoint l’Union européenne, ouvrant la voie aux autres nations slaves du Sud, j’ai la faiblesse d’espérer que ce modeste ouvrage contribuera à jeter des ponts entre ces nations et la francophonie. »

Tomislav Dretar

Dans ce choix dont l’anthologiste assume ainsi la subjectivité figurent de grands noms de la poésie croate contemporaine, mais aussi des poètes moins connus qu’il apprécie tout autant.

  • La traversée du silence, Eric CHASSEFIERE, éditions de l’Atlantique, collection Phoïbos, 2012, 69p. ; 18€.

  • Eric CHASSEFIERE, né en 1956, habite Paris et exerce le métier de chercheur en physique au CNRS. Il a publié ses premiers textes dans la revue liégeoise M25 au milieu des années 80.

« J’écoute le pinceau racler la toile

creuser de veines nouvelles le sang noirci

la pluie tapisse le gravier de la terrasse

le squelette de la plante entre dans le mur

un corbeau passe

boit au verger des sons

le ciel tremble comme la vitre

d’une fenêtre qu’on ferme

**

Écouté la ville battre des pas martelant la chaussée

dans le silence vaporeux du début d’après-midi

tendu jusqu’à craquer la lumière sur ma peau

tissé des lointains fils de voix mon silence

que je déroulerai sur la table des mots »

Eric Chassefière,

extraits de La traversée du silence

Les revues suivantes :

  • Le Bibliothécaire, 4ème trimestre 2012, 116 pages A5

Bulletin trimestriel qui recense et commente les dernières

parutions

Association des Bibliothèques Belges d’Expression Française

rue de Bruxelles, 87 à B-1470 GENAPPE

dagneau.michel@skynet.be

(Michel DAGNEAU)

  • Bleu d’encren° 28, 54p. A5, hiver 2012

Revue littéraire en Haute-Meuse

43, rue d’Anseremme a B-5500 Dinant

(Claude DONNAY)

  • La braise et l’étincellen° 103, 15 janvier 2013,

24 p.A4

Journal bimestriel indépendant au service de la francophonie (arts – lettres – poésie – échos) –

7/2 rés. Marceau-Normandie, 43, avenue Marceau à F-92400 COURBEVOIE –

yvesfred.boisset@papus.info; http://yves-fred.over-blog.com

(Annie et Yves-Fred BOISSET)

  • Le coin de tablen°52, novembre 2012, 144 pages A5

L’oreille heureuse ; Poèmes : Jacques Bertin – Michel Calonne – Bertrand Degott – Guy Goffette – Pascal Kaeser – Pierre Lexert – Jacques Réda ; Jean Hautepierre : La prosodie de Maurice Rollinat ; Mathilde Martineau : Autour de Schéhérazade…

16, rue Monsieur le Prince à F-75006 Paris

http://www.lamaisondepoesie.fr

lamaisondepoesie@gmail.com

(Jacques CHARPENTREAU)

  • Comme en poésien° 52, décembre 2012, 76 pages A5

Revue trimestrielle de poésie

Carte blanche à Bonetto

2149, avenue du Tour du lac à F-40150 HOSSEGOR

j.lesieur@orange.fr

(Jean-Pierre LESIEUR)

  • Eclats de rêves n°52, 2ème semestre 2012, 20p.A4

Revue littéraire trimestrielle

Le temps de rêver, 14, rue de la Glacière à F-81600 Gaillac

(Martine OULES)

  • L’écritoire de Bousserezn°79,

décembre 2012, format A4

L’écritoire de Bousserez rassemble des personnes aimant

écrire, échanger des idées, jouer avec les mots…

91, rue de Bousserez à B-6769 SOMMETHONNE

A table !

(Irène JACQUES)

  • Expression / Les Adexn°50, janvier 2013, 12 pages A4

30, rue René Delorme à F-60800 ROUVILLE

(Jean-Pierre HANNIET)

info@lesadex.com

  • Le Glettonn°441, décembre 2012, 20 p. 16X24

Mensuel de la Gaume et d’autres collines

28, rue Saint-Martin à B-Villers-sur-Semois

secretariat.gletton@gmail.com

(Michel DEMOULIN)

  • Les hommes sans épaulesn° 34, 2ème semestre 2012

Cahiers littéraires – 282p.

Les porteurs de feu

Vera Feyder, par Paul Farellier ; Francis Glauque, par Christophe Dauphin

Les WAH

Michel Merlen, Catherine Mafaraud-Leray, Marthe Emon-Peyrat, Nicole Hardouin

Dossier

Divers états du lointain, par Paul Farellier…

Incises poétiques

  1. Embirikos, Y. Ritsos, O. Elytis, N. Valaoritis…

Librairie-Galerie Racine, 23, rue Racine à F-75006 PARIS

lgr@wanadoo.fr

(Christophe DAUPHIN)

  • Inédit nouveaun° 260, janvier-février 2013, 32p.A4

Mensuel littéraire des Editions du Groupe de réflexion et d’information littéraire (GRIL) ne publiant que de l’inédit

Nous sommes au siècle XXI… des marionnettes

avenue du Chant d’Oiseaux, 11 à B-1310 LA HULPE

0032 (0) 2 652 11 90

(Paul VAN MELLE)

  • Lecture et tradition(nouvelle série) n°19 et 20,

Novembre et décembre 2012, 32p. ; A5.

BP 1 à F-86190 CHIRE-EN-MONTREUIL

www.lecture-et-tradition.info ; sadpf.chire@gmail.com

(Jean AUGUY)

  • Lectures françaisesn° 667 et 668, novembre et décembre 2012, 64 p.A5 – Revue mensuelle de la politique française

BP 1 à F-CHIRE-EN-MONTREUIL

sadpf.chire@gmail.com

(Jean AUGUY)

  • Libellen°240, décembre 2012,

8 p.A5/n° – Mensuel de poésie

116, rue Pelleport à F-75020 PARIS

pradesmi@wanadoo.fr

(Michel PRADES)

  • Microbe n°74 et 75, novembre-décembre 2012 et janvier-février 2013, 24 pages A6

La revue bonzaï qui n’aime pas trop les haïkus

+ A la lettre, Murièle MODELY, mi(ni)crobe 38, 28 p. A6

Launoy, 4 à B-6230 PONT-A-CELLES

ericdejaeger@yahoo.fr

(Eric DEJAEGER)

  • Moebius n°134, septembre 2012, 150 p.

Ecritures / Littérature

2200, rue Marie-Anne Est, Monréal (Québec), H2H1N1, Canada

triptyque@editiontriptyque.com

www.revuemoebius.qc.ca

  • Nunc n°27, juin 2012, 160 p.

Revue singulière

Editions de Corlevour, rue Alphonse Hottat, 26 à B-1050 Bruxelles

Coordination : Franck Damour et Réginald Gaillard

reginaldgaillard@aol.com

Liminaire : Nunc :10 ans ; L’invention des adjectifs

Oikouménè : Franco Marcoaldi ; Sylvain Guéna ; Gwen Garnier-Duguy ; Nicolas Idier ; Christophe Langlois ; Joël-Claude Meffre

Axis Mundi : dossier G.M. Hopkins ; René Gallet ; Adrian Grafe ; Ron Hansen ; Michael Edwards ; Michèle Draper ; Jean-Baptiste Sèbe ; Emily T. Merriman ; Claude Tuduri ; Jean-Marie Lecomte ; Jérôme de Griamont ; avec des poèmes traduits par René Gallet, Jean Mambrino, Jacques Darras

Cahier critique

Dessins et sculptures de Paul de Pignol

  • Pages insulairesn°28, décembre 2012, 24p. A4

Bimestriel perméable aux idées

3, impasse du Poirier à F-39700 ROCHEFORT-SUR-NENON

pagesinsulaires@orange.fr

(Jean-Michel BONGIRAUD)

  • Plumes et pinceaux – Arts et poésien° 120,

décembre 2012,

44 p. A5

Rue du Temple 39 à B-7331 BAUDOUR

franz.nelly@skynet.be

(Nelly HOSTELAERT)

  • Poésie sur Seine n°80, novembre 2012, 132p. A5

Revue trimestrielle d’actualité poétique

Florilège pour les vingt ans.

13, Place Charles de Gaulle à F-92210 SAINT-CLOUD

http://www.poesie-sur-seine.com

(Pascal DUPUY)

  • Portiquen° 89, janvier à mars 2013, 56 p.A5

Revue de création poétique, littéraire et artistique

Mairie à F-84110 Puyméras

http://portique.jimdo.com

http://poesievivante.canalblog.com

(Chris BERNARD)

  • Reflets Wallonie-Bruxellesn° 34, 4ème trimestre 2012, 75p.18X25

Organe officiel de l’Association Royale des Écrivains et Artistes de Wallonie

Espace Wallonie, 25, rue Marché-aux-Herbes à B-1000 BRUXELLES

joseph.bodson@skynet.be

(Joseph BODSON)

  • Revue indépendanten° 336, janvier à mars 2013,

54p. 15X24

Résidence B, 24, rue Saint-Fargeau à F-75020 PARIS

sje_ri@yahoo.fr

(Jeannine-Julienne BRAQUIER)

  • Rose des tempsn°11, revue de l’association Parole & Poésie, Automne 2012, 32 pages, 5€.

7, villa Frédéric-Mistral à F-75015 PARIS

parole.et.poesie@gmail.com – (Patrick PICORNOT)

Henri Thomas ; Robert Sabatier ; Yvette Llères-Bonnaric ; Claude Prouvost ; Thierry Sajat ; Jean Dif ; Jean-François Blavin ; Nicolas Saeys ; Aumane Placide ; Patrick Picornot ; Yvan Jade ; Louis Savary ; Jean-Michel Klopp ; Roland Lagoutte ; Korinna ; Olivier Millot ; Ginette Lindenberg ; Francine Bonnemain

Jan Fabre, Gisants (Hommage à E.C Crosby et K.Z Lorenz), texte de Marie Darrieussecq, Editions Templon, 2013.

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  • Jan Fabre, Gisants (Hommage à E.C Crosby et K.Z Lorenz), texte de Marie Darrieussecq, Editions Templon, 2013.

Avec sa dernière exposition, Fabre crée des corps anatomiques voire scéniques en une vision mélancolique mais tout autant ironique. Ses « gisants » symbolisent l’expérience que l’artiste fait des choses et de la vie et de la mort dans un travail qui engage à la réinterprétation de l’héritage culturel tout en cherchant à contrarier son propos.

Fabre lave, débarbouillette les vanités en offrant plasticité vivante qui procure un plaisir d’émotions inédites et puissantes. Des courts circuits créés par l’artiste surgit un “ pluriel monstrueux ” (Novarina) à la fois violent, lucide et joyeux par effet d’altérations. Une telle approche refuse l’assujettissement aux images de communauté pour offrir une expérience inédite. Si on fait l’effort de les accepter on comprend combien elles appartiennent à l’ordre du savoir iconoclaste et du plaisir. Le cycle de la vie et de la mort est proposé sous forme de résurrection et de métamorphoses. Des énergies invisibles animent la fixité de la tombe.

Identique aux autres projets de l’artiste celui-ci peut être défini par ce que Beckett écrivait dans un de ses rares poèmes :

« Déchets de vie

déchets de vue

C’est ici qu’on te

Recycle ».

Dans un  travail qui fait jouer le crépuscule et l’aurore surgissent des moutonnements sourds, violents et drôles. Frôlant toujours le bord d’une débâcle, l’œuvre crée une reconstruction afin que se perforent les poches d’ombres et de silence. Emerge de ce travail aussi somptueux que farceur la plus haute des « musiques » : celle où il y a de la vie à proximité du silence sans fond.

Sous sa blancheur immaculée la vanité ne renie pas la présence vitale. Feuillages et oiseaux burinent et perturbent. Si bien que le corps ou ses organes sortent de sa blancheur nocturne par ce brouillage stratégique. Une euphorie change l’ordre de sidération de la fabulation admise. Si bien que chaque pièce devient un énigmatique objet de jouissance. On en tire un plaisir et un vertige par cette réinterprétation qui contrarie les réductions formalistes du genre.

©Jean-Paul GAVARD-PERRET