Traversées a reçu…

Les ouvrages suivants :

 

  • Aragon, Césaire, Guillevic et 21 invités du mercredi du poète, Jean-Paul GIRAUX, études et entretiens ; L’Arbre à Paroles, coll. Anthologies, 2011.
    • La plupart des études et des entretiens de cette anthologie ont déjà fait l’objet d’une publication dans des revues, Poésie/première notamment, mais aussi Concerto, Les cahiers de la rue Ventura, Le Jardin d’Essai, Littéréalité (Canada), Poésie sur Seine, Souffles, dont plusieurs auteurs ont malheureusement disparu. Ce sont le plus souvent des reprises de communications organisées en présence des poètes eux-mêmes et avec leur participation active (lectures – commentaires). Presque tous les auteurs ont pu témoigner de la pertinence des analyses proposées et certains, tels Jean Joubert et Lionel Ray, ont souhaité les intégrer dans leurs références biobibliographiques. C’est dire que les textes critiques rassemblés constituent une importante contribution à la connaissance de la poésie contemporaine à travers quelques-uns de ses meilleurs représentants. Au total vingt-quatre poètes qui apparaissent suivant l’ordre alphabétique pour une consultation aisée de l’ouvrage.

 

  • Ballades à contre tons avec oiseaux, Thierry GAUDIN, poèmes ; linogravures de Pascal Juhel et Thierry Gaudin ; éd. Jacques Renou, 25, Groutel à F-72610 CHAMPFLEUR.

 

  • 100 commentaires, Françoise TOUSSAINT, roman ; Petits tirages, 2010.
    • T’es pas à la rue t’inquiète.

… Prévois quand même de tout déposer chez « Richard-ton-frère » avant d’officialiser chez ta connasse ; le temps qu’elle débranche et rebranche son téléphone, vérifie sa messagerie, accepte de te revoir, ravale toutes tes conneries d’excuses et fonde en larmes sous tes coups de reins fiévreux le soir de vos retrouvailles, on peut miser une semaine ou deux… mais pas plus.

C’est qu’une maîtresse ; elle se contentera toujours du peu que tu lui donneras.

 

  • Contumace, Philippe MILBERGUE, nouvelle ; Tol’ed, 96, avenue du Mantois à F-78711 MANTES-LA-VILLE, 2011.
    • Il n’est plus lui. Il n’est plus cet homme aux sommeils harassés, ce goût de cendre, cette peau bistre, ce silence. Ce silence. Pourtant ce visage raviné, ce visage qu’il ne reconnaît plus lorsqu’il le croise, cet autre n’est rien d’autre que lui. Un autre raisonné, entendu dans son rêve aux carrefours d’une lézarde et d’un repli de plâtre. Un autre décidé d’en finir avec son amour, ce tourment des heures lentes, ces cigarettes allumées, les unes après les autres enfilées, aspirées alors qu s’égrènent les klaxons monotones de la rue en contrebas, une rue sans piéton, une rue qu’il ne voit pas, juste des bruits de klaxons et, parfois, des éclats de voix, des injures de gens pressés.

Il a le vertige d’être double : être lui, lui seul dans cette chambre, seul dans cette ville, depuis si loin, et être l’autre, autre à distance, autre qui lui parle, autre qui lui dit « finis cet amour ! ».

 

  • Craquelures, Mwanza MUJILA, poèmes ; L’Arbre à paroles, 2011.
    • A l’évidence, l’écriture de Mwanza Mujila ressemble à une boule d’énergie pure, à un souffle qui entend tout balayer et lancer un cri qui soit à la fois de révolte et de passion. Sauvage et universel, son texte entasse les références et les perspectives dans une sorte de halètement constructeur et désarmant. Il semble d’ailleurs que, par son trajet personnel, le poète soit actif sur tous les fronts à la fois, tant sur le plan de la littérature que sur celui de la présence au monde. Affichant quelque chose de rimbaldien, la course échevelée de ses mots ne laisse jamais de répit à l’image du monde explosif dont elle se fait l’écho. Sans s’encombrer de regards sur la fosse commune du passé, voilà une poésie qui pousse résolument de l’avant, dans le sillage de tous les En avant, route !

Paul MATHIEU

  • Les danseurs Za-Pa, Akima Son LI, nouvelle ; Tol’ed, 2011.
    • Elle choisit une paire de chaussures à talons hauts. Embellir le galbe de sa cuisse, accentuer la cambrure de ses reins, dessiner un autre corps qui serait sien pourtant. Juste à elle. Elle voulait qu’on la regarde de jour. Elle voulait qu’on la regarde comme avant. Avant qu’elle ne soit qu’une ombre allant d’un commerçant à l’autre, achetant la viande – et le regard du tripier qui la devinait ailleurs et son regard à elle qui baissait à disparaître – ou quoi ou qu’est-ce, parce que c’était à elle de le faire. Elle n’avait rien à faire. Oui ! Elle voulait qu’on la regarde de jour, qu’elle soit visible. Comme avant quand les garçons tournaient autour d’elle. Comme avant avec son grand-père à Manille. Lui savait la regarder.

 

  • Démantèlement du jour, Louis RAOUL, poèmes ; Eclats d’encre, 14, rue Gambetta à F-78600 LE MESNIL-LE-ROI ; 2011.
    • On en finit pas

De regarder tomber la pluie

On délègue pour un temps

Le chagrin aux  fenêtres

On voit bien

Qu’un ciel trop bas

Se déleste de sa clarté

Et on assiste

Impuissant

Au démantèlement du jour

 

  • Gérard Brand, une vie en mosaïque ; Voyage vers la transparence, Albert STRICKLER, livre cartonné 22.5X28 abondamment et magnifiquement illustré, Les Petites Vagues éditions, 51, rue du général de Gaulle à F-67130 LA BROQUE ; 2011.

Figure incontournable de la mosaïque contemporaine, Gérard Brand est peut-être l’artiste au monde qui a le plus œuvré pour convaincre les critiques et le public que la mosaïque est un art à part entière.

Plus d’un demi-siècle de travail en perpétuelle évolution en témoigne à l’envi ! Gérard Brand n’a en effet cessé de révolutionner son art en exploitant tous les matériaux possibles et toutes les techniques imaginables.

C’est à ce formidable créateur, pionnier à de nombreux égards, mais aussi à l’homme attachant, qui ne se réclame que de son travail et de sa foi, que le poète Albert Strickler a voulu rendre hommage dans un livre écrit « de l’intérieur ».

En une douzaine de chapitres rehaussés par de multiples photos, le poète nous invite à découvrir Gérard Brand côté scène et côté coulisses.

Au gré d’une série de textes inédits et d’articles parus dans différents catalogues, mais aussi à travers un choix de poèmes inspirés par le mosaïste et d’extraits de son Journal, il fait découvrir au lecteur les œuvres majeures d’un artiste de premier plan tout en lui permettant d’assister à la genèse de son livre.

Et c’est de l’approche de l’atelier et de ses rituels jusqu’aux prémisses de la mosaïque en mouvement, en passant par l’Afrique, la fascination du Bestiaire, l’hommage permanent à la Femme, la Prière, le Travail, Paroles d’objets… que le lecteur accomplit avec le mosaïste son Voyage vers la Transparence.

 

  • Les histoires curieuses et étranges de Guy de Maupassant, Guy de MAUPASSANT ; Petits tirages, 2011.
    • Le Horla en deux nouvelles ? Non, il s’agit de deux versions différentes. Bien sûr, tout s’y retrouve. Une version est une narration, l’autre version se bâtit comme un journal intime. Assez effrayantes que les deux versions… le héros devient-il fou ? Est-il en proie à cette nouvelle espèce qui veut décimer l’homme ? Quid de la science dans tout cela ? Egalement, La chevelure, La main d’écorché, Magnétisme et d’autres nouvelles…

 

  • Inutile, la saga, Jean Niepce, vampire et fonctionnaire d’un autre âge, Paul DIDI, roman ; Petits tirages, 16, rue Louis Loucheur à F-75017 PARIS, 2010.
    • Un monde glauque. Une terre de glaise. Un futur abîmé. Une société autocrate, des fonctionnaires asservis, un peuple qui meurt de faim. Point de révolte possible. Les halos noirs des vaisseaux déchirent la chair des rebelles. La révolte gronde cependant.

L’homme veut être lui-même sans plus rien de cet esclavage qui le lamine. La révolte gronde… Un des fonctionnaires signe son attachement au peuple. Jean Niepce, un vampire trop humain dont les crocs et les longues ailes noires joueront pour beaucoup dans ce monde dévasté… à reconstruire.

 

  • N’y demeure qu’écriture, Jean LOUBRY, poèmes ; L’Arbre à Paroles, 2011.
    • Dans ce recueil, Jean Loubry n’envisage le monde qu’à travers son ambiguïté et sa mouvance perpétuelle ; cherche à débusquer une vie qui serait plus la vie ; pose des questions là où il n’y a que des réponses ; déborde l’individu dans ses identifications et nous lègue une parole convoquant les puissances du corps pour « s’accoupler à la sève intérieure, au sillage infini » de l’instant. Ici, le lecteur est invité à ne plus compter ses pas sur les bords d’une sensation susceptible de le maintenir à hauteur du… « plus vif désir d’exister ».

Pierre SCHROVEN

  • Pousse-toi de là !, Jean-Michel MINGASSON, théâtre ; Petits tirages, 2011.
    • Qui n’a pas la nostalgie d’ « Au théâtre ce soir » ? Tout petit, je disais : un jour, Jacqueline sera ma copine ! Et quelques années plus tard, j’ai rencontré Jacqueline Maillan, devenue une amie. Elle m’a incité à écrire et m’inspire encore.

Pousse-toi de là ! est une comédie en 3 actes, 6 personnages (5 comédiens).

Un avocat vivrait paisiblement avec sa femme si sa belle-mère n’était pas omniprésente et ne dépensait pas l’argent du couple. Un médecin de SOS Médecin, ancienne connaissance du mari, un concierge très proche de la femme, une situation équivoque entre le mari et la bonne plongeront ce couple, grâce à la belle-mère dans un malentendu total… Une pièce où les portes claquent. On passe par la fenêtre, on revient par la porte. Une comédie menée avec rythme.

 

  • Sans titre, Eric MERIAU, poèmes ; Elzévir, 11, rue Martel à F-75010 PARIS, 2009.
    • Le premier recueil La Passagère, histoire inachevée mais prenant le large à côté d’un parent éloigné Sous la dentelle noire, telle une mère généreuse et attentive, porte dans ses bras ce troisième ouvrage Sans titre, dans ce climat si singulier d’une longue lignée poétique.

Ce nouveau-né, fille du premier, continue sa route de soie sur le lin et les vers, chemin qui a tant enthousiasmé sa si douce mère. Ainsi, les poèmes de ce recueil s’inscrivent pleinement dans le cantique familial, toujours en constante harmonie avec l’émotion de la toile, toile transportant le cœur et l’âme d’autrui dans un voyage joyeux ou triste.

 

  • Suivez mon regard ! – Coups d’œil littéraires sur la Wallonie et son patrimoine, sous la direction d’Armel JOB et de Christian LIBENS ; Institut du Patrimoine wallon, 2011.
    • Monuments, traditions, culture, sites ruraux et urbains : la maison Wallonie possède un considérable patrimoine, qu’il soit soigneusement rangé, entretenu, briqué dans la « belle place » ou qu’il meuble de son mieux notre quotidien. Cette bonne demeure s’honore tout autant du nombre remarquable d’écrivains et d’artistes qu’elle abrite et accueille.

Parmi eux, quarante auteurs et quarante illustrateurs se sont plu, l’espace d’un recueil, à exercer leurs talents sur les biens de famille. Chaque écrivain, épaulé d’un complice plasticien, a fait son choix dans le vaste fonds domestique et a laissé courir son imagination. Pas de traité d’archéologie, pas de guide touristique et surtout pas de plaidoyer nationaliste ! Quarante poèmes, fictions, évocations, en ricochet sur un fragment de Wallonie. Pour le plaisir !

« Suivez mon regard ! », nous disent les auteurs. Suivons-le à travers les cinq provinces, nous découvrirons que le patrimoine n’est pas un bloc de granit figé dans le silence des siècles. Le patrimoine parle. Il ne radote pas, il dialogue avec nous et suscite sans cesse des rêves insolites, des idées nouvelles, de l’espoir pour les hommes d’aujourd’hui.

 

  • Le tombeau du tigre, Moha TERZI, nouvelle ; Tol’ed, 2011.
    • Et la nuit vint. Adder-le-désigné se sait des conteurs. Tout le long de l’enceinte, chaque fois qu’une pierre quémandai de l’ombre, il emmura un homme, la tête sertie d’étoiles violettes, la bouche emplie de glaise, les yeux exorbités et le visage peint de chaux-vive. Le plus doué s’appelait Salim El’Behrim et n’avait pas vingt ans. Il avait raconté la légende d’Adder Mar’hat et sa mort sous les voix du Tigre. Le maître d’Azzräti décida de tenir sa promesse. Il lui fit boire l’eau de l’or qui brûle la vie de ses richesses. Lorsque ce fut fini, il fit dresser cette statue inverse sur un piédestal afin que chacun sut le prix de l’ironie.

 

Les revues suivantes :

 

  • La braise et l’étincelle n° 94, 15 juillet 2011, 24 p.A4

Journal bimestriel indépendant au service de la francophonie (arts – lettres – poésie – échos) –

Deux créatrices belges de talent : Nelly Hostelaert qui jettre un regard nouveau et critique sur l’affaire de Rennes-le-Château et Eny Huylebroeck, peintre-portraitiste…

7/2 rés. Marceau-Normandie, 43, avenue Marceau à F-92400 COURBEVOIE – yvesfred.boisset@papus.info

(Annie et Yves-Fred BOISSET)

 

  • Cahiers de l’Académie luxembourgeoise n° 24/2011, 317p. 17X24

Dossier sur la vie musicale en province de Luxembourg

Une publication originale de l’Académie luxembourgeoise, avec de nombreuses illustrations, qui met en exergue la vitalité de la musique dans la province de Luxembourg (Belgique).

Un ensemble d’articles sur tous les styles de musique : classique, jazz, rock, folk, traditionnelle, sacrée… instrumentale et chantée.

Un ouvrage collectif, auquel ont contribué une trentaine de spécialistes, orchestré par Louis Goffin, sociologue et Benoît Mernier, organiste et compositeur.

Un panorama des grands événements musicaux dans la province.

Un aperçu des lieux et des moyens de formation musicale disponibles en Luxembourg.

Un portrait de personnalités éminentes et charismatiques luxembourgeoises du monde musical.

Une mise en évidence de la pratique musicale en professionnel et en amateur.

Un rappel des modalités du soutien des Pouvoirs publics à la promotion de la vie musicale.

 

  • Coup de soleil n° 81/82, juin 2011, 76p. A5

Poésie et art

Michel Butor : dossier proposé par Gérard Paris

12, avenue de Trésum à F-74000 ANNECY

(Michel DUNAND)

 

  • DiptYque Versant 1 : La part de l’ombre, septembre 2010 ;

142p. 21X21.

11, rue Bois des Fosses à B-1350 ENINES

(Florence NOEL)

  • « Ne fais pas d’ombre avec les mots, ils en contiennent assez ».

Ainsi, d’une lapidaire lucidité, Mimy Kinet, poète belge regrettée, donnait le ton de la justesse dans son recueil « Le discours du muet » paru à l’Arbre à Paroles en 1994.

Difficile, difficile de ne pas faire d’ombre. Mais si heureux de se rappeler que chaque mot est plus qu’une sonorité à faire chanter dans une salle vide, devant des cœurs vides, mais que chaque mot est un tambour, une arme, un arbre en croissance, un écho des tréfonds du puits.

Les mots déjà contiennent leur part de l’ombre et poètes, écrivains, nous ne pouvons fendre leur bogue sans quelques risques. User des mots pour les lancer l’un vers l’autre, c’est nécessairement se mettre en danger. Danger de se perdre, de se rencontrer, de s’avouer, de se dépouiller. Ce danger-là, nous l’avons accueilli avec la part de fulgurance qui est née sous la main des auteurs collaborant à DiptYque…

Florence NOEL

 

  • DiptYque Versant 2 : Lumières intérieures, mai 2011 ;

148p. 21X21

(Florence NOEL)

  • … Certes DiptYque fait la part belle à la poésie, mais ce sont bien dix nouvelles et récits qui s’égrènent de pages en pages, sans ordre autre que de subtiles correspondances avec des œuvres posées comme des lampes basses. Effleurant le fantastique ou l’étrange, traçant des itinéraires de pierres sacrées ou de jours finissants, nous donnant à voir les éclats des révoltes ou les lueurs de rémission. Tout comme dans notre premier numéro, notre anthologie de poésie consacrée cette fois aux lumières intérieures se propose comme un livre au sein du livre. Y figurent des auteurs de tous les horizons de la francophonie, jeunes ou plus établis, mais chacun inspiré de ce souffle presque charnu des lumières qu’ils côtoient au quotidien dans leur rapport à l’écrit…

Florence NOEL

 

  • Français 2000 n°229, avril 2011, 96p. 13.5X20.5

Bulletin de l’Association belge des professeurs de français

La lecture est une gourmandise : littérature de jeunesse

ABPF, rue Gobiet, 79 à B-7134 RESSAIX

fuks.suzanne@skynet.bewww.abpf.be

(Jacques LEFEBVRE)

 

  • Le Gletton n°423, juin 2011, 20 p. 16X24

Mensuel de la Gaume et d’autres collines

Dire le pays pour qu’il vive

28, rue Saint-Martin à B-Villers-sur-Semois

jp.soblet@gmail.com

(Michel DEMOULIN)

 

  • Pages insulaires n°19, avril 2011, 28 p. A4

Bimestriel perméable aux idées

En invité, Yves-Jacques Bouin

3, impasse du Poirier à F-39700 ROCHEFORT-SUR-NENON

(Jean-Michel BONGIRAUD)

 

  • Plumes et pinceaux – Arts et poésie n° 114, juin 2011, 40p. A5 ; B-7330 SAINT-GHISLAIN

(Nelly HOSTELAERT)

franz.nelly@skynet.be

 

  • Portique n° 83, juillet 2011, 52 p.A5

Revue de création poétique, littéraire et artistique

Mairie à F-84110 Puyméras

http://portique.jimdo.com

http://poesievivante.canalblog.com

(Chris BERNARD)

 

Laurent BAYART a reçu à Paris le Prix Européen Dante du Cénacle Européen Francophone de Poésie. Son prix lui a été remis, lors d’une réception officielle, le 18 juin dernier à Paris.

Recensions de Patrick JOQUEL

Poésie aux éditions du jasmin :

·        L’arbre essoufflé de vent, Paul Bergèse ; illustrations de Clotilde BERNOS.

Voici un livre consacré aux arbres. A l’arbre. En effet seuls neuf arbres sont nommés : pin, cyprès, olivier, cerisier, érable, chêne, saule, marronnier et pommier ; dans la plupart des poèmes l’auteur reste dans le générique « arbre » comme pour lui donner plus d’ampleur. De force. Ce n’est pas la première fois que Paul Bergèse écrit ainsi avec et sur les arbres. C’est un de ses thèmes favoris. Le poète est présent au monde. Il observe. Scrute. Ecoute. Il contemple ce monde et tente en quelques mots de le dire. De le partager. Ce livre apparaît alors comme une sorte de guide pour rendre le lecteur à son tour plus terrien, plus présent à son monde. Paul Bergèse invite le lecteur à se mettre en contemplation à son tour. A observer les arbres de son quotidien. Ceux du jardin, de la rue comme ceux de ses promenades… A les observer. A les écouter. Lire de la poésie c’est aussi apprendre à être davantage. Comme un apprentissage d’un savoir être.

·        Chuchotements de fruits et de fleurs, Monique RIBIS ; illustrations de Clotilde Bernos.

Le poète est un être du quotidien. Quelqu’un qui se laisse interpeller par l’instant. L’objet. La vie. Tout ce qui l’entoure. Il est particulièrement attentif. C’est comme ça. Chacun ses qualités. Chacun ses nuages. Ici, nous avons une poète qui donne la parole aux fruits de sa table, aux fleurs de son jardin. Elle les contemple. Elle les écoute. Fleurs et fruits lui chuchotent leur vie, leurs pensées intimes. Elle nous les transmet. Avec des poèmes plutôt longs. Elle s’est plongée dans d’autres vies et nous les partage. Le poète est un explorateur. Ses voyages peuvent être lointains comme ils savent se contenter du tout près. Du minuscule. De l’habituel auquel on ne fait plus attention. Question de présence au monde. Après avoir lu ce livre on ne peut plus voir la banane ou le melon comme une simple gourmandise… Magie du poème. Cadeau du poète.

Dis, c’est grand comment la vie ?, Joël SADELER ; illustrations d’Anne BUGUET.

Un livre de poèmes d’amour. A hauteur d’enfance. Et quelle hauteur ! Joël Sadeler écrit à la pointe sentimentale sans rose et sans mièvrerie aucune. Des textes courts, simples mais tellement justes ! Pourtant ce n’est pas facile de traquer les sentiments sans tomber dans le joli ni dans le convenu habituel. Il y réussit parfaitement. Avec un grand sourire dans ses yeux de grande personne attentive aux petites. De la délicatesse. De l’humour. Du bonheur. Après avoir abordé dans L’enfant partagé aux éditions de l’Idée Bleue le thème du divorce, ce poète, décédé en 2 000,  se penche sur les amours enfantines et leur vert paradis… Un livre pour tous les âges. Tous les cœurs. A lire. A laisser résonner. Vibrer.  En total respect. Dans le cadre d’une lecture suivie de cet ouvrage, on laissera une grande part au silence. Difficile de parler d’amour…

Le danseur de lumière, Jean SICCARDI ; illustrations de Joly GUTH.

Le poète est amateur de temps. Le temps qui passe, le temps passé, les temps futurs aussi parfois, l’interpellent. Il aime évoquer, se souvenir… revient sur son enfance… sur les traces… La vie, la mort… Le poète est bien souvent écorché vif par le sentiment de la perte. C’est de tout cela ici dont il est question et ceux qui sont familiers de l’œuvre de Jean Siccardi, en poésie comme en romans, retrouveront dans ce recueil ses thèmes de prédilection et sa petite musique personnelle. Donner à ressentir à de jeunes lecteurs ce sentiment de la perte peut paraître ambitieux, mais si on y réfléchit bien, il apparaît que leur donner à comprendre l’humour des poèmes dits ludiques n’est pas plus simple. Lire des poèmes, quels qu’ils soient, quels que soient leurs registres d’écriture, c’est apprendre à lire entre les mots, entre les lignes, c’est apprendre à déchiffrer les blancs du texte. C’est apprendre à lire en engageant tout son être ! Lire des poèmes, c’est autre chose qu’un simple savoir faire.

Monde flottant, Sophie Lei THUMAN ; illustrations d’Eric Battut.

Un recueil autour d’un thème : l’eau. Une thématique souvent abordée en classe et donc un livre qui va rejoindre avec légèreté la valise de livres « aquatiques ». Des poèmes d’une promeneuse au fil de l’eau, qui à la suite de Bashô guette le plongeon d’une grenouille et autres petits miracles liés à la présence, à la lumière de l’élément liquide. D’une promeneuse des rivages, plages maritimes ou lacustres… Dans ce livre ça flotte. Oui. De la pluie à la contemplation des reflets changeants, façon Mondrian. Un recueil paisible et lumineux.

Petits pains poèmes, Daniel Schmitt ; illustrations de Gilles Bourgeade.

Le poète travaille. Tous les jours il écrit. Parfois comme Daniel Schmitt il date ses poèmes. On peut ainsi le suivre à la trace. Dans son évolution. Et l’on s’aperçoit souvent que si l’écriture évolue, le poète poursuit sa ou ses lignes de réflexion, d’expérimentation. Non qu’il écrive toujours la même chose, loin de là, mais il écrit bien souvent autour des mêmes thèmes. L’écriture lui permettant de creuser, d’éclairer, d’avancer. Après tout l’Art est pour l’Artiste son aventure singulière et personnelle avant tout.

http://joquel.monsite.orange.fr