Traversées est une revue trimestrielle littéraire (études, poésie, nouvelles,chroniques) fondée en 1993.
Nous pouvons vous en envoyer un exemplaire gratuit sur simple demande ici.
Nous pouvons vous en envoyer un exemplaire gratuit sur simple demande ici.
Naissance d’une nouvelle maison d’éditions aux pratiques qu’on aimerait rencontrer plus souvent dans le milieu. Voir l’état des lieux de ce monde selon CIE que nous propose le site.
Si la petite bande du comité de lecture ne dévoile pas tout à fait son identité (dommage !) en revanche elle mentionne explicitement ses goûts et sa ligne éditoriale.
La secrète mélancolie des marionnettes – Denis Grozdanovitch – Éditions de l’ Olivier
Denis Grozdanovitch nous offre son premier roman dédié à Éric Rohmer, après avoir jugulé ses doutes, ses craintes. Ne va-t-il pas en « ajouter un de plus à la somme incommensurable »d’ouvrages publiés? Encouragé par son amie libraire Elvire avec qui, chaque semaine, il décortique l’actualité littéraire, il revisite la définition du roman. L’auteur, conscient que l’engouement du public est pour «du sensationnel, du cafardeux, du sexe pervers, de la violence et beaucoup de commisération» va puiser la trame dans ses carnets, dans ses lectures et se nourrir de ses rencontres lors de son séjour en résidence d’écrivains, près de Florence, tenue par la contessa Silvina «ancienne beauté réputée».
Fréquentant des aristocrates, des gens huppés, ayant sympathisé avec les voisins, côtoyant des touristes zombies, le narrateur poursuit son étude des travers de ses semblables et nous livre une belle galerie de portraits dont le sien. On assiste à sa reconversion de «robots lance-balles» à rat de bibliothèque, puis écrivain. Ce qui n’est pas sans intriguer Amalia (la mère du prince Ernesto) pour qui «le tennis est un art suprême et la littérature de l’énergie dépensée en pure perte».
Partageant avec Emilio la passion des échecs , il trouva un partenaire confirmé, développant la thèse que «les jeux subliment l’essence des relations humaines».Il sera présenté à Roberto «le montreur de marionnettes, bateleur, conteur, à la merci de ces fantoches de tissu et de papier mâché» dont la philosophie est de vivre en marge de la société, en toute quiétude, «dans le ciel de l’imagination». Grâce à ses pupazzi «éternellement jeunes, enthousiastes», il se trouve plongé «dans la féerie intemporelle, la folie rocambolesque» Le lecteur privilégié assistera au spectacle concocté par Roberto , point d’orgue du roman, sans craindre chauves-souris, araignées. Ce serait volontiers qu’il se joindrait à la troupe euphorique pour trinquer «à la comédie du monde, à la secrète mélancolie des marionnettes ,à la santé des fantoches, à la merveille mécanique des pantins, à leur intemporalité à notre grandeur dérisoire, enfin à l’amour », ravi de ce divertissement.
Le narrateur aura-t-il appris à «ne plus considérer les choses trop sérieusement ,à plaisanter dans l’adversité et l’art de rire de ses propres déconvenues»?
L’auteur laisse ici entrevoir son talent de dramaturge qui vient s’ ajouter à son glorieux passé sportif.
En filigrane il ne se prive pas d’étriller la politique du moment et brosse un portrait de l’Italie peu complaisant: «une nation de lourds secrets de familles, de sociétés mafieuses, du crime organisé, de luttes de pouvoirs».Il fustige ces nantis qui participent à la défiguration des campagnes, du littoral.
Avec le père Antonin, il commente ces instants de communion , cet envoûtement ressenti dans cette église. Ces deux êtres intermittents pour qui «la conversation devait demeurer un jeu de raquettes et de bondissantes paroles souples» prennent plaisir à deviser sur la religion, la foi, leur scepticisme, la mort. Avec Stella ils tentent d’échapper «à la peste consumériste et cultivent la graine spirituelle» déplorant que les gens ne sachent plus regarder ce qui les entoure et apprécier la beauté des lieux et édifices .Le pittoresque de Florence, la lumière, les collines de la verdoyante toscane, le paysage paradisiaque de «cette île errant dans l’abîme bleu du ciel, les reflets aquatiques de l’Arno» l’auteur sait les mettre en valeur et capter des détails en les photographiant, instantanés mnémographiques «La beauté, avait murmuré son professeur c’est peut-être/la faculté qu’ont les choses d’être là!», nous confie Denis Grozdanovitch dans son recueil poétique.
La littérature fut l’occasion d’un jeu où chaque pensionnaire exposa sa relation à la lecture et l’écriture. Le narrateur confie écrire dans le but de «s’insérer dans la chaîne des générations, de recueillir ce qui mérite d’être sauvé et de transmettre»,ressuscitant Anne de Noailles, tombée dans l’oubli: « j’ai soulevé entre mes mains/une amphore de poésie/et je l’ai portée à vos lèvres».
L’entreprise romanesque débutée par le narrateur sur le plan littéraire dévia avec les retrouvailles inespérées d’Anna-Livia, cette belle cinéphile rencontrée vingt ans auparavant dans un cinéma parisien. Il emprunte à Ritsos sa poésie pour sublimer cette parenthèse «dans les courants de la volupté » et s’interroge sur les arcanes de la création poétique. Anna orchestrera leurs adieux de façon théâtrale. N’est-ce pas une façon de rappeler que pour Shakespeare «Le monde était une scène où chacun était un acteur»? , métaphore que file l’auteur en allégeant que «nous sommes sans doute une hallucination de la grande manipulatrice universelle, la déesse Kali».
Les amoureux des chats et des chiens seront comblés puisqu’ils traversent le récit. Pour Denis, le chien fut «un Mercure envoyé par les dieux farceurs du destin» qui le conduisit dans les bras d’Anna. Pour le libraire florentin «Les chats sont nos maîtres discrets dans l’art d’apprivoiser le temps et nous devrions apprendre d’eux comment économiser notre énergie».
Les amoureux de l’Italie succomberont aux charmes des villes de Florence, Sienne , Venise.
Les aficionados de Denis Grozdanovitch retrouveront l’auteur «inclassable mais indispensable» du Petit traité de désinvolture, des Merveilles oubliées du Littré, le roger-bontemps; la veine poétique de La Faculté des choses et sa propension aux citations:Pessoa «dormons comme une barque abandonnée», Montale «son apparition solaire faisait fondre le gel du cœur»,Tchekhov,
Tennessee Williams, Saba «Ce qu’il n’a pas connu du temps ni de l’espace/L’art le peignit pour lui de plus belles couleurs/Et le chant lui donna plus de douceur encore.»
Ils retrouveront L’ art de prendre la balle au bond quand le narrateur, double de l’auteur se montre «déterminé à saisir» celle que lui lance Anna ou dans le réflexe de s’ emparer d’ un livre «à la manière dont d’anticiper un passing sur un court de tennis»
Ce roman se lit comme une succession de scènes ( départ épique, Vesoul, réceptions, partie de tennis, d’échecs, flâneries dans les librairies, excusions sur une île).L’ auteur marie dans un bel équilibre: dialogues, conversation inspirée ou amoureuse et descriptions détaillées; mouvements et pauses méditatives lénifiantes; conjuguant mélancolie et humour. Le style érudit, digressif peut dérouter par la longueur des phrases, le vocabulaire châtié, mais il ne doit pas faire obstacle. Mieux vaut faire son miel de ce récit dense, enrichissant, truffé de références littéraires ( Ortese, Buzzatti) et partager cette joie contemplative . La vraie littérature n’est-elle pas «celle qui permet de contempler le monde à distance, comme un spectacle, de se sentir partie prenante, en empathie et dégagé»?ou «une façon de vivre intensément, de rehausser le niveau banal de la vie, de l’enrichir de commentaires qui l’enluminent dans les marges comme un vieux livres d’heures»?
Ce livre peut être considéré comme un plaidoyer pour la survie de la lecture et de la littérature.
Nadine Doyen
NON
AU LITTÉRAIREMENT CORRECT !
Irréflexions (2005-2010) entrecoupées de listes potachères et d’un jeu.
Avant-propos d’André Stas.
Collages d’Émilie Alenda et photo de Sofia Bourdon.
Extrait de l’avant-propos :
« Allons au but : ce glorieux Fomenteur se nomme Éric Dejaeger et ce n’est pas son coup d’essai dans la Provoc’. Il a, pour l’heure, fermement décidé d’opposer un NIET catégorique au « littérairement correct » et il a l’intention de publier ces putains de listes au sein de son nouveau recueil d’aphorismes déjantés. Conseil d’ami : – Tu ferais bien de faire figurer sur ta couverture, comme sur les paquets de clopes, un avis dissuasif. Du genre « Attention ! Lire peut nuire gravement à la santé mentale », sinon je te prédirais encore bien de sérieux ennuis… »
André Stas, R.
Éditions Gros Textes
http://grostextes.over-blog.com/
62 pages
8 € + 2 € de port
Les recueils de poésie suivants :
Vital Heurtebize
Avec la Passe magique, c’est une étape de plus dans la double quête amoureuse et poétique qu’il mène depuis lors, où l’on parle d’espoir amoureux plutôt que d’amour, s’agissant d’une improbable rencontre avec un homme lointain, et de tous les doutes, toutes les rêveries que cela suppose.
Long poème de méditation, de songeries, d’éblouissements, d’écritures métisses, la Passe magique propose un voyage à travers l’Europe et le Maroc, où le désir et l’espoir le disputent pied à pied à la solitude et au repli sur soi.
Les recueils suivants :
Il faut écouter les textes de Claude Haza pour entendre la petite voix de l’intérieur à laquelle ils nous conduisent sans détour. Chuchotements de l’indicible. Nuit, murmures, mémoires, résonances…
Silvaine Arabo
Notes éparpillées, poésies, correspondances, le chemin ne s’arrête jamais. La fin du livre n’est pas une fin, peut-être même le commencement. Roman ? Poème ? Ni l’un ni l’autre, ou un peu des deux. Carnet de bord, oui, en toutes formes, bouts de prose et de vers. Sébastien Kérel est bien un Arpenteur, un de ceux qu’on a envie de suivre, non pas pour découvrir les étapes du voyage, mais pour les fondre dans une sorte de confort crépusculaire, la douce lueur de l’Ouest, si peu près de tout.
François-Pierre Nizery
Le grand malentendu entre la tradition juive et le logos grec c’est le christianisme.
Le matérialisme est peut-être sans âme mais a beaucoup d’esprit.L’amitié est sans doute née du troc, du commerce entre les hommes. L’amitié d’abord, puis la guerre ensuite.
Dans sa troisième méditation Descartes conclut avoir très évidemment démontré l’existence de Dieu. Et c’est lui qui dans sa préface taxe les athées d’arrogants.
Avec Marx, Nietzsche et Feud la modernité aussi a eu ses tyrans de l’esprit
La Renaissance, du christianisme contaminé par l’art. Le Romantisme, de l’art contaminé par le christianisme.
L’aphorisme a au moins deux atouts. Le premier, et pas le moindre, est de ne pas lasser par de trop longs développements, et le second, d’obliger le lecteur, frustré par la concision, à penser par lui-même.
Tous les poèmes de Gisèle Sans sont précieux qui rappellent à l’homme le besoin d’être, en tous lieux et à tout instant cependant que, comme elle l’écrit dans un poème de ce recueil, « le passé s’engouffre dans le présent illuminé ».
Yves Broussard
Stéphane Rey
Ma peinture et mon écriture sont des formes différentes d’une même aspiration, d’une même tension, d’un même désir de découvrir, de recréer ou de créer un sens, une harmonie…
Les revues suivantes :
Bulletin de liaison de l’association
Centre culturel JB Calvignac, 24, av. Bouloc Torcatis à F-81400 Carmaux
(Jean-Lucien AGUIE)
Revue littéraire et trimestrielle indépendante
Avenue Edouard-Rod, 15 à CH-1007 LAUSANNE
(Jean GRIN)
Journal bimestriel indépendant au service de la francophonie (arts – lettres – poésie – échos) –
En invité : Marius SCALESI, poète italien…
7/2 rés. Marceau-Normandie, 43, avenue Marceau à F-92400 COURBEVOIE – yvesfred.boisset@papus.info
(Annie et Yves-Fred BOISSET)
Mensuel de la Gaume et d’autres collines
Bleu… des énergies vertes
28, rue Saint-Martin à B-Villers-sur-Semois
(Michel DEMOULIN)
Cahiers littéraires – Numéro spécial, 306 p.
Henri Rode, l’émotivisme à la bouche d’orties
Librairie-Galerie Racine, 23, rue Racine à F-75006 PARIS
(Christophe DAUPHIN)
Mensuel littéraire des Editions du Groupe de réflexion et d’information littéraire (GRIL) ne publiant que de l’inédit
avenue du Chant d’Oiseaux, 11 à B-1310 LA HULPE
0032 (0) 2 652 11 90
L’infini.
M.J.C. de la Vallée – Maison pour Tous
47, rue de Stalingrad à F-92370 CHAVILLE
(Gérard FAUCHEUX)
Mensuel de poésie
116, rue Pelleport à F-75020 PARIS
(Michel PRADES)
& Easy writer de Roger LAHU, 24 p. A6
Launoy, 4 à B-6230 PONT-A-CELLES
(Eric DEJAEGER)
(Nelly HOSTELAERT)
Bd des Mians, 99 à F-84260 SARRIANS
(Henri TRAMOY)