Tous les articles classés dans : Chronique de Sonia Elvireanu

MICHEL HERLAND – Tropiques suivi de Miserere -sonnets. Ed. Ars Longa, 2020, 133 p. – Prix Naji Naaman 2020.

Chronique de Sonia Elvireanu MICHEL HERLAND – Tropiques suivi de Miserere –sonnets. (Bilingue : Tropice urmat de Miserere.) Traduit en roumain et postfacé par Sonia Elvireanu, préface de Jean-Noël Chrisment. (Ed. Ars Longa, 2020, 133 p. – Prix Naji Naaman 2020, Liban) Un souffle de mélancolie s’exhale des poèmes de Michel Herland du recueil bilingue Tropiques suivi de Miserere/ Tropice urmat de Miserere, inspirés par le paysage tropical, en même temps que la nostalgie d’une époque surannée à laquelle il emprunte fréquemment la forme du sonnet, comme une musique d’un temps révolu.  L’exotique et l’érotique se conjuguent en une sorte de duo provocateur, comme nous aiguillonne la beauté sauvage de visions rappelant certains poèmes de Baudelaire. Le paysage tropical, ses couleurs fascinantes et ses senteurs enivrantes excitent la sensualité du poète qui s’abandonne à une passion troublante pour sa noire déesse. La douceur de l’air, quand ce n’est pas la torpeur torride ou la moiteur humide des forêts, fait s’épanouir en la mystérieuse femme d’ébène un archétype qui hante les mythes et les littératures du …

Marilyne Bertoncini, La noyée d’Onagawa, Jacques André éditeur, 2020. Coll. Poésie XXI.

Une chronique de Sonia Elvireanu Marilyne Bertoncini, La noyée d’Onagawa, Jacques André éditeur, 2020. Coll. Poésie XXI, 51 p. La noyée d’Onagawa nous renvoie par son titre vers le drame. Et c’est bien un livre troublant inspiré par le réel le plus dramatique, une catastrophe naturelle : le tsunami qui a ébranlé les côtes japonaises du Pacifique en mars 2011. Onagawa, petit port de pêche, à 400 kilomètres de Tokyo, a été d’un coup englouti par les eaux déchaînées de l’océan.  Pour évoquer en poésie ce cauchemar, la poète doit mettre en oeuvre son talent poétique, une profonde sensibilité et un imaginaire de l’eau à même de nous faire ressentir la force terrible de la nature indomptable. Cette tragédie collective, relatée à l’époque par la presse partout au monde, aura suffisamment impressionné l’auteure pour qu’elle jaillisse après des années dans  son long poème épique La noyée d’Onagawa.  Ainsi le recueil est-il fait d’une suite de poèmes enchaînés à la manière des séquences de cinéma où la poète reprend les événements dramatiques racontés dans une dépêche. Elle …

Gérard le Goff, Argam, Éditions Chloé des Lys, 2019, 237 p., 24, 90 euros

Chronique de Sonia Elvireanu Un roman dans le roman : Gérard le Goff, Argam, Éditions Chloé des Lys, 2019, 237 p., 24, 90 euros Roman complexe, Argam, de Gérard le Goff fait plonger le lecteur dans un univers étrange, à la limite du réel, puis glisse carrément dans l’irréel : il y a plusieurs romans dans ce roman dense et excitant, qui comporte des intrigues multiples, des descriptions détaillées à la manière de Balzac. Le livre rappelle le roman gothique par son côté fantastique, ses procédés narratifs, les décors et certains personnages. La trame principale est difficile à démêler, l’intérêt de l’auteur semble focalisé sur un cas de psychiatrie, territoire incertain s’il en est. Entrer dans l’esprit d’un aliéné risque en effet d’avoir des conséquences fatales pour ceux qui s’y hasardent, à l’instar des personnages du livre. Ce qui n’empêche pas que ce dernier soit aussi un roman d’aventures, un polar et un récit fantastique.  L’auteur construit d’abord un récit à la première personne qui gravite autour de quelques personnages bien insérés dans la vie sociale, un …

Claude LUEZIOR, Monastères, Éd. Buchet/Chastel, Paris

Une chronique de Sonia Elvireanu « L’originalité n’est ni vice, ni maladie, l’âge n’est pas une tare » : Monastères de Claude LUEZIOR, Éd. Buchet/Chastel, Paris Le roman Monastères de Claude Luezior, réédité plusieurs fois depuis sa parution en 1995 est plus actuel que jamais grâce à son sujet universel : le temps, le destin de l’être humain.   De vision réaliste, il dévoile avec une fine ironie les mécanismes qui rendent l’homme prisonnier. Il met en garde  le lecteur contre les pièges de tout système qui voudrait régler la vie intime de l’homme selon des stéréotypes qui annulent toute individualité: administratif, médical, familial, monacal etc. Face au système qui décide de tout, analyse tout à travers des schémas rigides et abstraits, tout comportement humain hors de l’ordinaire peut être qualifié de maladie et permettre aux autres de s’emparer d’une vie contre sa propre volonté.   Le romancier parle de l’intérieur du système médical qu’il connaît bien, de par sa profession de médecin neurologue. Il ne le défend pas, car son fonctionnement qui se veut sans faille n’est pas sans erreurs. Il …

Un roman métatextuel : Carino Bucciarelli, Mon hôte s’appelait Mal Waldron

Chronique de Sonia Elvireanu Un roman métatextuel : Carino Bucciarelli, Mon hôte s’appelait Mal Waldron Editions M.E.O.132 pagesISBN : 978-2-8070-0182-4Prix : 15,00 EUR Écrivain belge contemporain, Carino Bucciarelli est poète, nouvelliste et romancier consacré, dont les livres ont reçu plusieurs prix littéraires. Il publie aujourd’hui  coup sur coup un roman et un recueil de poèmes.  Mon hôte s’appelait Mal Waldron (Éditions MEO, 2019), le titre de ce roman éveille l’attention du lecteur sur un personnage réel, contemporain de l’auteur : le pianiste et compositeur américain de jazz Malcolm Waldron, établi à Bruxelles les dernières anneés de sa vie où il décédera en 2002. Dès les premières pages on comprend que le musicien n’est que prétexte du roman, l’intention du romancier  n’étant pas de reconstituer sa vie, mais de parler d’une aventure d’écriture où Mal Waldron serait un personnage de fiction. Il apparaît et disparaît de ses pensées au fil des chapitres, en différents décors, sans se fixer comme personnage unique du roman, mais comme le pivot des réflexions sur l’aventure romanesque de l’écrivain, le palier métatextuel du …