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Maurice Nadeau. Le journalisme littéraire, plus qu’une passion, une vie.

Maurice Nadeau. Le journalisme littéraire, plus qu’une passion, une vie.  Après le premier tome rassemblant les chroniques des années 1945-1951 passées à « Combat », voici celles des quatorze années suivantes publiées dans sa revue les Lettres Nouvelles (lancées en mars 1953) et dans L’Observateur, Les Temps modernes, L’Express. Plus de 1500 pages de recensions littéraires mais pas seulement car Maurice Nadeau ne pouvait se couper des débats sur le rôle des intellectuels et de la littérature, ni échapper au contexte de guerre froide et de colonisations finissantes, avec par exemple des appels contre la guerre d’Algérie, contre la torture et pour le droit à l’insoumission. Celui des 121 qu’il cosigne, la lettre ouverte à André Malraux témoignent de ces engagements. De purement littéraires, les Lettres Nouvelles prendront donc leur part aux préoccupations idéologiques, sociales, voire politiques du moment (cf. « Adresse aux abonnés », mars 1958).   Impossible bien entendu de lire un tel ouvrage au fil de l’eau. Car s’il s’ouvre sur Albert Camus, Julien Gracq, Samuel Beckett, Edgar Morin, un vrai festin pour le lecteur, l’ensemble est …

Takiji Kobayashi, Le 15 mars 1928, traduit du japonais par Mathieu Capel, Éditions Amsterdam, juillet 2020,121pages, 12€.

Chronique de Lieven Callant Takiji Kobayashi, Le 15 mars 1928, traduit du japonais par Mathieu Capel, Éditions Amsterdam, juillet 2020,121pages, 12€. Le 15 mars 1928, les militants communistes et socialistes de la petite ville d’Otaru, sont par la police japonaise, arrêtés et emprisonnés de façon arbitraire. La presse de l’époque préfère se taire. Takiji Kobayashi « figure majeur de la littérature prolétarienne japonaise » décide alors d’écrire un roman afin de documenter les évènements du 15 mars 1928. Takiji Kobayashi commence son roman en adoptant le point de vue de l’épouse (O-Kei) d’un des militants arrêtés ce fameux 15 mars 1928. La description de l’intrusion en pleine nuit, de la police au domicile ne nous apparait que plus arbitraire et violente. Toute la maison est fouillée jusqu’à la chambre de leur enfant qui terrifiée par les bruits de saccage préfère faire semblant de dormir. Á la violence quotidienne de la pauvreté s’ajoute celle de la répression policière. Car la situation sociale et économique des militants est plus que déplorable. Les conditions de travail ruinent la santé des …

Martin Melkonian

Arménienne, Martin MELKONIAN, Maurice Nadeau (120 pages ; 19,50 €). Martin Melkonian a déjà évoqué Victoria, maintes fois, dans ses journaux précédents. Il n’avait pas caché que l’hébétude dans laquelle il avait été plongé, à sa disparition, avait entravé son écriture. Ce roman pour aller vers elle ne fut pas facile à débuter. Mais qui est Victoria, pour les non-initiés ? Qui se cache sous ce prénom vénéré dans le clan de la famille Handjian ? Faute d’archives, Martin Melkonian ravaude le passé, imagine, romance. Avec délicatesse, Martin Melkonian brosse le portrait d’une femme, sur la photo, « bien en chair », aux cheveux bouclés, couleur de jais, « aux yeux noir de mûre ». L’album qu’il parcourt permet de suivre ses métamorphoses et son exil. Il retrace, en dix-sept chapitres, l’itinéraire de sa mère « Mi mornar », « une femme parlant une autre langue », « un sabir » et ses combats, ses épreuves. Il restitue le milieu social (un père fonctionnaire), faisant une incursion dans l’histoire et le génocide de 1915. N’a-t-elle pas entendu hurler « Arméniens, c’est rien ! Arméniens, peaux d’chiens! » Il décrit la fuite …