Revue – La Braise et l’Etincelle, n°100.

Avec une couverture superbe grâce au talent artistique de Nicolas de Haller, La Braise et l’Etincelle fête son centième numéro ! En un poème, Yves-Fred Boisset rappelle le sens du nom et de la devise de son journal – « Posons sur notre temps des yeux d’éternité », qu’il explique aussi de façon plus concise : « La Braise, c’est le passé qui couve sous la cendre et nous est mémoire et leçon. L’Etincelle, c’est l’avenir qui jaillit comme l’étincelle et nous est espérance. »

Comme à l’accoutumée, les articles abordent les sujets les plus divers : Emma Michel rappelle le centenaire de l’invention du cinématographe qui eut lieu à l’époque où le premier numéro de La Braise et l’Etincelle parut, début 1996 et, en ses Détours en France, arrive en Limousin, une région pleine de charme et de caractère dont elle détaille plus particulièrement la Creuse, se réservant de s’intéresser aux autres départements dans deux prochains numéros ; Jacky Ferjault, qui fort longtemps a présenté tous les grands récits et romans africains de langue française, poursuit ses Chroniques africaines en relatant son propre séjour au Bénin ; un film de lionnes attaquant un éléphant reçu sur Internet par le talentueux poète Louis Delorme lui inspire des réflexions sur la solidarité humaine, ou plus souvent son absence ; Marie-Claire Calmus présente l’ouvrage La rue des précaires de Jean-Pierre Martin en en exposant les convictions et analyses directrices.

Les textes de création ne sont pas moins appréciables ! Parmi ceux-ci, mentionnons la prose humoristique de François Fournet, par ailleurs poète au lyrisme profond et président de L’ouvre-boîte qui publie la revue du même nom et fait entendre de la poésie dans son émission de radio mensuelle L’onde poétique qu’il tient avec Yves-Fred Boisset ; de Giovanni Teresi dont Yves-Fred Boisset a naguère préfacé un recueil, de Dominique Simonet qui rend hommage à Jacques Brel, poète-compositeur-interprète dont La Braise et l’Etincelle a souvent salué la mémoire, en lui consacrant même deux numéros ; et une nouvelle très inattendue de Gérard Chatron dont le léger fantastique n’est pas sans receler quelque vérité – sans doute plus d’une femme a fait disparaître de son présent un homme accaparé par la télé ou par les jeux, notamment de ballon, et qui, de ce fait, avait cessé d’être avec elle, même si, heureusement, toutes ne se défont pas de leur compagnon d’une façon aussi terrible que la Pauvre Hélène de Gérard Chatron !.

De numéro en numéro, La Braise et l’Etincelle est toujours de ces nourritures intellectuelles qui stimulent la réflexion. Nous lui souhaitons la plus grande longévité !

La Braise et l’Etincelle, bimestriel, 24 pages de format A4 ; 4€ le n° ; 17€ l’abonnement annuel pour 6 n° ; Annie et Yves-Fred Boisset, 7/2 résidence Marceau-Normandie, 43, avenue Marceau à F-92400 Courbevoie.

◊Béatrice GAUDY