Extrait 4 n° 58 Printemps 2010

Nadine Doyen

A la rencontre d’Albert Strickler

Nadine DOYEN : Les mots poésie, poète ont déjà fait l’objet de multiples définitions. Pourriez-vous nous livrer les vôtres ?

Albert STRICKLER : A vrai dire, je n’ai pas de définition précise ! Si j’accepte de temps à autre d’en livrer une, il m’arrive de la nuancer très vite, voire de la contredire. De toute façon, je préfère parler de l’Etat de Poésie tel que l’évoque Georges Haldas et m’abstiens toujours de réduire la poésie à la seule écriture du poème et à l’écriture tout court ! Autrement dit, je privilégie une certaine manière d’être au monde que je traduis en écrivant, étant entendu que je me sens autant poète dans le Journal que dans le poème. La distinction poésie / prose me paraît peu importante. Seule compte à mes yeux celle qui sépare le poétique, quelle que soit donc la forme d’expression, du prosaïque ! […]